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Clearstream - Villepin : "Je suis ici par la volonté d'un homme"

Par D.H. (avec agence), le 21 septembre 2009 à 13h48, mis à jour le le 22 septembre 2009 à 10:02

Applaudi à son arrivée, l'ex Premier ministre a dénoncé lundi "l'acharnement" de Nicolas Sarkozy. Des propos "injurieux", selon l'avocat du président.

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[Expiré] Dominique de Villepin clearstream procès

Dossier Clearstream

Il est arrivé dans la salle des Pas perdus du Palais de Justice de Paris, en compagnie de sa femme, de ses deux filles et de son fils, et sous le applaudissements appuyés de plusieurs personnes. Et avant de faire son entrée dans le prétoire, a pris la parole devant la presse. Pour dénoncer une nouvelle fois le rôle du président de la République, partie civile dans cette affaire, en le nommant directement. "Je suis ici par la volonté d'un homme, par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française", a déclaré Dominique de Villepin. "La justice est un bien précieux et est aussi un bien fragile, je sais que la vérité triomphera", a encore lancé celui qui est accusé avec quatre autres suspects d'avoir comploté contre Nicolas Sarkozy avant la présidentielle de 2007. "J'espère que l'exigence de justice sera au rendez-vous (...) J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français." Un quart d'heure plus tard, le procès Clearstream commençait.

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Dominique de Villepin au palais : les images

La réponse est venue dans la soirée de l'avocat du président. "C'est injurieux pour la justice", a déclaré Me Thierry Herzog à la presse à l'occasion d'une interruption d'audience. "C'est sur pièce et sur ces pièces (du dossier, ndlr) que les uns et les autres seront jugés et sûrement pas sur des déclarations faites, aussi talentueuses soient-elles, à l'extérieur de la salle d'audience, fussent-elles faites en compagnie de femme, enfants, ce qui me semble-t-il n'est pas l'objet du débat", a affirmé l'avocat. "On ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy est responsable de la comparution de M. de Villepin (...) Ce sont des juges d'instruction indépendants qui ont le dernier mot et ceux sont eux qui ordonnent ou qui n'ordonnent pas le renvoi devant le tribunal correctionnel", a-t-il rappelé. "Je pense qu'à la lumière des débats, des auditions, de l'interrogatoire des témoins et des prévenus, on verra si Nicolas Sarkozy a ou non confisqué cette affaire", a lancé Thierry Herzog.
 
"On m'a juste fait entrer dans la photo"
 
Les autres protagonistes de l'affaire étaient arrivés peu avant l'ex Premier ministre. "On attend la justice, c'est la moindre des choses. Même si c'est un procès qui peut paraître hors normes, on peut attendre que les règles de la justice de droit commun soient appliquées", a pour sa part déclaré Me Olivier Pardo, qui accompagnait le mathématicien Imad Lahoud, arrivé une demi-heure avant Dominique de Villepin. Cinq minutes plus tard, c'est l'ex-vice président d'EADS Jean-Louis Gergorin qui est arrivé au palais de justice avec ses avocats. Face à une meute de dizaines de journalistes, photographes et caméramen, Jean-Louis Gergorin a dû un moment se réfugier dans les couloirs de la Cour de cassation.

Pénétrant à son tour dans le palais de justice, le journaliste Denis Robert s'est dit "détendu": "La seule chose qui m'ennuie c'est de passer un mois dans un tribunal. Mais je suis poursuivi pour journalisme, il y a pire comme accusation. Une des premières choses à défendre c'est le journalisme. Je suis fier de mon enquête qui n'a rien à voir avec cette affaire. On m'a juste fait entrer dans la photo", a-t-il dit, réaffirmant qu'il demanderait l'annulation d'une partie de la procédure. Devant la presse, le procureur de la République Jean-Claude Marin a souhaité que ce dossier puisse être examiné avec sérénité : "c'est un dossier technique, un dossier difficile qui va se dérouler je crois dans une ambiance habituelle des cercles de justice".

Sarkozy, une "partie civile comme les autres" ?
 
Quelques instants plus tard, devant le tribunal, les avocats de Dominique de Villepin, qui nie toute implication dans la manipulation, ont demandé aux juges de déclarer irrecevable la constitution de partie civile du chef de l'Etat, irrégulière selon eux. Me Henri Leclerc a rappelé que le président était notamment, selon la Constitution, "garant de l'indépendance de la magistrature" et avait autorité indirecte sur le parquet et certains magistrats, un rôle jugé incompatible avec celui où il sollicite des juges réparation et condamnation. L'avocat a aussi rappelé les propos prêtés au chef de l'Etat, et jamais démentis, dans lesquels il aurait promis que les auteurs de la manipulation finiraient sur "un croc de boucher". "C'est d'une violence inouïe", a-t-il dit.

Le tribunal devait statuer dans la soirée, mais les usages veulent que de telles demandes soient renvoyées au jugement de fond de l'affaire, si bien que l'avocat du président, Me Thierry Herzog, pourra sans doute rester présent durant tout le procès. "M. Nicolas Sarkozy est une partie civile comme les autres", a plaidé ce dernier. Le chef de l'Etat n'a jamais fait de demande d'acte et n'est jamais intervenu dans l'enquête, il veut simplement que la lumière soit faite, a-t-il expliqué.

Dominique de Villepin se présente en concurrent possible de Nicolas Sarkozy dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012. S'il est reconnu coupable, il encourt jusqu'à cinq ans de prison et 45.000 euros d'amende pour "complicité de dénonciation calomnieuse et d'usage de faux, recel d'abus de confiance et recel de vol".

Un premier jour exceptionnel pour un procès exceptionnel :

le 21 septembre 2009 à 13:48
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