Villepin nie, dénonce, attaque

Par A.Gu. (avec agences), le 30 septembre 2009 à 15h45 , mis à jour le 30 septembre 2009 à 22h34

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Entendu pour la première fois dans le procès Clearstream, l'ex-Premier ministre a nié mercredi avoir comploté en 2004 contre l'actuel chef de l'Etat. Il s'est présenté en victime d'une manipulation qui aurait dû s'arrêter dès 2004.

Villepin veut contribuer à la vérité face aux "mensonges"Villepin veut contribuer à la vérité face aux "mensonges" © eTF1

A la sixième audience du procès des faux listings de la société Clearstream, l'ancien Premier ministre a mis en scène son entrée dans le prétoire et usé de son éloquence. Comme au premier jour du procès, le 21 septembre, il a fait une déclaration devant la presse sur un ton solennel. "Je suis heureux de pouvoir aujourd'hui apporter ma contribution à l'émergence de la vérité dans cette affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci cette vérité", a-t-il dit.
 



C'était en suite à son tour d'être entendu pour la première fois par le tribunal. "Je suis toujours là dans les moments difficiles et j'ai les épaules larges", a-t-il dit aux juges. Ministre des Affaires étrangères (mai 2002-mars 2004), de l'Intérieur (mars 2004-mai 2005) puis Premier ministre (mai 2005-mai 2007) à l'époque des faits, Dominique de Villepin est jugé pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité de faux, recel de vol et d'abus de confiance". Les faux listings de comptes bancaires remis à la justice entre avril et octobre 2004 comportaient, outre les patronymes hongrois de Nicolas Sarkozy, Nagy et Bocsa, des centaines de noms.
 
L'implication de Sarkozy jamais évoqué
 
Dominique de Villepin a expliqué aux juges qu'il avait été informé de cette affaire une seule fois, lors d'une réunion le 9 janvier 2004 au ministère des Affaires étrangères, qu'il dirigeait à ce moment. Il n'en aurait ensuite plus entendu parler jusqu'en juillet 2004. Il a affirmé qu'une éventuelle implication de Nicolas Sarkozy n'avait été évoquée "à aucun moment" à l'occasion de cette réunion avec le général Rondot et Jean-Louis Gergorin, même si son nom avait pu être cité. Le général Rondot, chargé d'une mission par la ministre de la Défense sur des listings de Clearstream, "a présenté toute l'importance que présentait ce système et à quel point ce système était inquiétant. J'ai encouragé le généra  Rondot à poursuivre, je n'ai pas ajouté d'exigence", a expliqué posément Dominique de Villepin.
 
Dans ses notes prises après cette réunion, note le président, le général a pourtant noté : "fixation : Nicolas Sarkozy". "Ces notes ne me paraissent pas conformes à ce qui s'est dit ce jour-là. Ces notes ne sont pas un compte rendu de la rencontre que nous avons eue ce jour-là. Ce sont des notes de travail, évolutives", rétorque l'ancien Premier ministre. Si le nom de Nicolas Sarkozy a été prononcé au cours de cette enquête, c'est  "dans sa qualité de ministre de l'Intérieur", sur le fait de savoir s'il fallait ou non l'informer de la menace potentielle que faisait peser ce système occulte, selon Dominique de Villepin.
 
"Aucune instruction présidentielle"
 
Interrogé sur la question de savoir si Jacques Chirac, alors chef de l'Etat, était au courant de l'existence des ces listings, Dominique de Villepin a affirmé qu'il n'avait "jamais" reçu ni donné d'"instruction présidentielle" de la part de Jacques Chirac, tout en assurant ne pas "chercher à couvrir" l'ancien président. Jean-Louis Gergorin affirme, lui, que Dominique de Villepin s'était recommandé d'instructions de Jacques Chirac pour lui demander de transmettre à la justice  les faux listings Clearstream.

Disant tout ignorer de la manipulation des listings, l'ancien ministre des Affaires étrangères avait estimé quelques minutes plus tôt que "tout aurait dû s'arrêter le 25 mars 2004" avec l'arrestation dans un autre dossier d'Imad Lahoud, source principale des listings Clearstream, ce qui mettait à mal sa crédibilité. "Tout aurait pu s'arrêter, or tout  s'accélère", a-t-il regretté. Alors que le mathématicien Lahoud était en garde à vue dans le cadre d'une affaire d'escroquerie, un policier avait découvert dans ses vêtements un faux sauf-conduit, faisant état d'une mission au sein du ministère de la Défense. "Le 25 mars, une source a explosé", a dit de Villepin. "C'est la quatrième fois que cette source posait problème". Dans une telle situation, "la règle est absolue, il faut couper court avec la source", or "personne ne s'est interrogé sur ce qu'il fallait faire avec Imad Lahoud". L'audition de Dominique de Villepin se poursuivait toujours en milieu d'après-midi. 

Passe d'armes entre Villepin et l'avocat de Sarkozy
  
Dominique de Villepin et l'avocat de Nicolas Sarkozy au procès Clearstream, Me Thierry Herzog, se sont ensuite livrés à une passe d'armes, l'ancien Premier ministre dénonçant les tentatives de l'avocat de l'impliquer dans la manipulation. Alors que l'avocat du président de la République, partie civile dans le dossier, l'interrogeait à la suite du procureur Jean-Claude Marin et du président Dominique Pauthe, Dominique de Villepin s'est énervé. "Cela montre bien ce que votre tentative a de désespéré (...) Mais il y a un moment où le sens de l'Etat doit l'emporter. On peut poursuivre la calomnie et la rumeur, elles continuent, elles cheminent et ça je ne peux pas l'admettre", a lancé l'ancien Premier ministre, jugé pour complicité de dénonciation calomnieuse.
 
"Vous n'arriverez pas à démontrer une implication du ministre que j'ai été pour des actions que je n'ai pas commises", a-t-il ajouté. L'ancien Premier ministre lance ensuite avoir connu Me Herzog "moins agressif" alors qu'il travaillait "dans d'autres fonctions" à ses côtés au secrétariat général de l'Elysée. Visiblement mû par une froide colère, l'avocat lui a rétorqué que les "liens confidentiels" entre un avocat et son client lui interdisaient de répondre. "Ce que je voudrais vous dire, je ne pourrai pas vous le dire", a-t-il lancé.
Par A.Gu. (avec agences) le 30 septembre 2009 à 15:45
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26 Commentaires

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  • Baro, le 01/10/2009 à 20h51

    Ce sont des comptes à régler entre eux ,la vérité est dans le panier de crabe....

  • Goleador, le 01/10/2009 à 17h24

    A André : quelle preuve de modernité en effet ! Villepin va être content d'avoir des soutiens comme vous !!!!

  • Havane, le 01/10/2009 à 16h50

    De toute façon, il a réponse à tout. Le diable se débat-il dans l'eau bénite ?

  • Andre, le 01/10/2009 à 15h01

    Goleador voyons reflechissez un peu , si je ne suis pas moderne, pourquoi suis-je sur ce site allons ne vous voilez pas la face soyer realiste;savez vous faire du traitement de photos, creez des videos? avec votre mac , si vous en avez un , alors repondez si vous etes si malin (e)

  • Mireye, le 01/10/2009 à 14h27

    Hé bien dites-donc.......le "PRESUME" villepin se débat....dénonce.....attaque.....dos au mur il essaie de convaincre mais, il ne me paraît pas du tout convaincant, et semble avoir perdu de sa "superbe" à moins que.......le deuxième laron (plus blanc que blanc) puisqu'ilo vient dêtre "BLANCHI" vienne à son secours !!!!!!!!

  • Goleador, le 01/10/2009 à 14h14

    A Andre : ça fait combien de temps que de gaulle est mort ??? Voyons, regardez devant et avancez au lieu de toujours comparer au passé !! soyez moderne un peu !!

  • Gilles, le 01/10/2009 à 14h12

    @ André ou avez vous lu que je mettais en cause le général ? Si ddv n'avait pas été en symbiose avec Chirac il aurait démissionné. Mdr. Vous prêtez à ddv des qualités qu'il n'a pas et n'a jamais eu. Pourquoi n'a t'il pas démissionné après le désaveu sur le CPE ?

  • Andre, le 01/10/2009 à 13h13

    Gilles je crois ayant la modeste pretention d'avoir vecu sous les septennats du General De Gaulle je me permet de vous dire que l'O N U etait "le machin" et qu'il ne s'y ai jamais rendu, j'espere donc que vous avez suivi l'intervention de Monsieur De Villepin a l'ONU il y a quelques annees celui çi ne s'y se serai jamais rendu s'il n'avait pas ete en symbiose parfaite avec Monsieur Chirac sinon il aurai demissionner, vous oublier que la constitution de la 5 eme republique a ete interpretee differment depuis 1969 par les locataires de l'Elysee, et aucun quelque soient ses qualites n'a eu le caractere et l'envergure du general, il faut vous rappeler que la situation international e etait bien differente

  • Andre, le 01/10/2009 à 11h42

    Je voudrais rectifier une petite erreur, que la redaction veuillle m'en excuser; il ne s'agit pas de monsieur Villepin, mais de Monsieur De Villepin; un peu hors du sujet, mais je voudrais ajouter pour ceux et celles qu'il l'aurait oublier, entre autre ds les instances dirigeantes de l'etat, que le General De Gaulle dont j'avais fait reference, avait refuse sa retraite de president de la republique seule selon lui sa retraite de general lui suffisait de façon a ne pas greve davantage les finances publiques ne serai - ce pas un bel exemple a mediter en haut lieu......

  • Caroline, le 01/10/2009 à 11h39

    Je vais simplement dire, en fait ce que chaque personne normale doit penser de ce procès. Nicolas Sarkozy a porté plainte, ce qui est normal lorsqu´il a appris que son nom figurait sur des listes. Il n´était pas président à ce moment là. Depuis le début du procès, il ne dit rien pour la simple raison qu´il a d´autres problèmes à régler pour la France et que je ne vois pas ce qu´il a à se reprocher, vraiment. N´importe qui, vous ou moi réagirait de la même facon si notre nom était sali de cette manière. Ce que Nicolas Sarkozy veut, c´est seulement savoir qui a mis son nom sur ces listes. En regardant la photo de de Villepin, c´est lui qui a l´air mauvais, et plein de hargne.,pas sur de lui. Alors arrêtez les internautes avec vos méchanceté et un peu de respect pour notre président. Quelle misère que ces francais plein de complexes. Claudine

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