Capture écran de clubvillepin, le site de Dominique de Villepin (25 septembre 2009) © DRDans une vidéo d'une dizaine de minutes mise en ligne sur son site internet, Dominique de Villepin a répondu vendredi aux propos de Nicolas Sarkozy évoquant les "coupables" du procès Clearstream. Le "lapsus" du chef de l'Etat a été prononcé mercredi soir lors de son interview sur TF1 et France 2 depuis New York où il assistait à l'assemblée générale des Nations Unies.
"Je pense que cette déclaration du président de la République était inacceptable", estime Dominique de Villepin, qui dit répondre à des questions d'internautes sur clubvillepin.fr. Avant de justifier : "La justice, c'est un bien commun, un bien essentiel, c'est un fondement de notre vie démocratique (...) mais la justice est aussi un bien fragile, qui exige l'engagement de tous". D'où la nécessité d'une "vigilance de chacun".
"Le président de la République est le premier garant de cette indépendance de la justice, de la magistrature et, selon la constitution, il a de plus une obligation de réserve". Or, selon l'ancien Premier ministre, Nicolas Sarkozy, qui préside le Conseil supérieur de la magistrature, "n'observe pas la réserve qui fait partie intégrante du devoir de sa charge (...) C'est un excès qui n'est pas acceptable dans une démocratie", ajoute-t-il avant de reprendre mot pour mot sa déclaration à son arrivée au tribunal lundi : "Je suis là par la volonté d'un homme, par l'acharnement d'un homme". Selon lui, "il y a des témoins qui n'osent pas dire ce qu'ils savent, des témoins qui en disent un peu plus que ce qu'ils savent et il y a même des témoins qui n'osent pas se présenter au tribunal".
Message de Villepin à ses proches
Dans une déclaration aux accents lyriques, il remercie son épouse et ses enfants de l'avoir accompagné lundi, ce qu'il dit ne pas avoir souhaité au départ. "C'est important dans la vie d'un homme, dans un rendez-vous comme celui-là, de pouvoir lire auprès de ceux qui vous sont les plus chers (...) qu'il y a la confiance, qu'il y a l'estime, qu'il y a l'amour", conclut l'ancien chef du gouvernement.
Le procès des faux listings de la société luxembourgeoise Clearstream reprendra lundi. Dominique de Villepin doit être entendu mercredi. Il est soupçonné d'avoir demandé qu'on ajoute le nom de l'actuel chef de l'Etat sur ces listings où figuraient d'autres hommes politiques comme Alain Madelin, Dominique Strauss-Kahn ou Jean-Pierre Chevènement, des industriels de l'armement, des policiers, des magistrats, ou des artistes et intellectuels.
D'après agence
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