Ces témoignages qui pourraient relancer l'enquête

le 27 octobre 2009 à 09h09 , mis à jour le 27 octobre 2009 à 10h50

Après de nouvelles révélations évoquant un possible assassinat, la famille de l'ex-ministre du Travail de Giscard d'Estaing, mort en 1979, va demander la réouverture de l'enquête.

Robert Boulin (archives)Robert Boulin (archives) © TF1/LCI

Le 30 octobre 1979, le corps de Robert Boulin était retrouvé dans 50 cm d'eau dans l'étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines. Officiellement, celui qui avait été ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing se serait suicidé après avoir absorbé des barbituriques, peu de temps après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière. Mais la famille a toujours eu de sérieux doutes et aujourd'hui, Fabienne Boulin-Burgeat, fille de Robert Boulin, va demander la réouverture de l'enquête. Une décision prise après les révélations de nouveaux témoignages, dont celui d'un ancien ministre évoquant un assassinat, a déclaré mardi son avocat. "Incontestablement, ce sont des éléments extrêmement importants qui doivent conduire à une réouverture de l'enquête", a affirmé Me Olivier Morice.

Pour la justice, le dossier Boulin est clos depuis 1991 : l'enquête ouverte à la suite d'une plainte de la famille s'était alors conclue par un non-lieu. En 2007, la famille s'était vu refuser la réouverture de l'enquête malgré la révélation d'éléments nouveaux à ses yeux. Mais pour l'avocat, "il faudrait que l'omerta cesse sur cette affaire, il faut arrêter de se masquer la réalité dans ce dossier".

"La version du suicide ne colle pas"

D'où viennent ces derniers témoignages dont la famille espère qu'ils permettront de rouvrir le dossier ? Ils ont été révélés mardi matin par France Inter. Il s'agit tout d'abord de celui de Jean Charbonnel, ancien ministre gaulliste. Selon lui, l'ancien ministre du Travail aurait été victime "d'un règlement de compte politique". "Je n'ai plus de doute, je pense qu'il a été assassiné", a expliqué l'ex-ministre du Développement industriel de Georges Pompidou, dans un entretien exclusif accordé au journaliste Benoît Collombat, spécialiste de cette affaire. "La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles (...) ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières".

Jean Charbonnel affirme avoir recueilli, peu de temps après la mort de Robert Boulin, l'opinion d'Alexandre Sanguinetti, gaulliste et membre influent du Service d'action civique (Sac). Evoquant d'autres assassinats commis sous la Ve République, Sanguinetti "m'avait dit : je crois que c'est un assassinat aussi. Il m'avait cité deux noms de personnalités politiques et une organisation qui pouvaient être impliquées dans cette affaire parce que Robert Boulin était une gêne pour eux, une menace pour eux", rapporte Jean Charbonnel, âgé de 82 ans.

Une "bavure"

Ces propos sont corroborés par la fille d'Alexandre Sanguinetti, Laetitia. "Dans les quinze jours qui ont suivi (la mort de Robert Boulin, ndlr), il a très clairement dit : c'est forcément un assassinat, ça ne peut être que ça, et en parlant d'assassinat, il a même parlé de bavure", a-t-elle expliqué sur France Inter. Selon elle, Robert Boulin disposait d'informations sur un "réseau de fausses factures". "A partir de là, je crois que Robert est devenu une cible. Il était clair pour mon père qu'ayant pris peur, ils ont peut-être essayé de le menacer, de le faire chanter, en tout cas il s'est passé quelque chose (...), c'est ça qu'il appelle une bavure", explique-t-elle.

Outre Jean Charbonnel et Mme Sanguinetti, qui se disent prêts à être entendus par la justice, France Inter a révélé également plusieurs témoignages, dont celui d'un assistant légiste ayant participé à la seconde autopsie de Robert Boulin en 1983 et qui évoque un "hématome derrière le crâne" et des marques de liens sur les poignets. "Pour moi, cette personne a été assommée", résume-t-il. Un ancien policier présent sur les lieux réfute sur France Inter la thèse selon laquelle ces blessures auraient été infligées en sortant le corps de l'eau. "Il n'y avait pas d'obstacle, surtout pas de rocher", se souvient-il.

D'après agence

le 27 octobre 2009 à 09:09
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9 Commentaires

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  • Maurin, le 28/10/2009 à 15h44

    C'est sur ils l'ont eu au tournant, au croisement, les services spéciaux de la France n'ont fait que leur travail.

  • Martin, le 28/10/2009 à 14h16

    C'est une incurie de l'époque.Ce n'était qu'un détail.

  • Martin Brigitte, le 28/10/2009 à 13h52

    Le microscope a la recherche de l'ADN intracellulaire fera le point.

  • Alian, le 27/10/2009 à 14h39

    Puisque nous en sommes à de nouvelles méthodes d'investigations, sera-t-il possible de faire parler les traces ADN qui ne doivent pas manquer dans cette rocambolesque et sordide affaire !

  • Julien, le 27/10/2009 à 14h34

    Puisque nous en sommes à de nouvelles méthodes d'investigation, est il possible de faire parler les traces d'ADN dans cette affaire macabre.

  • Sophie, le 27/10/2009 à 14h26

    Pourquoi ces Messieurs n' en parlent que maintenant ??

  • Hr, le 27/10/2009 à 13h59

    L'affaire touchant des politiques, même si le dossier est rouvert , nous assisterons à un simulacre de justice qui se terminera comme à l'accoutumée par un non lieu.

  • Patricelagos, le 27/10/2009 à 13h15

    Notre systeme judicaire est totalement inutile, entre les mains d'incapables et sous la coupe des maffieux !

  • MARY, le 27/10/2009 à 10h53

    J'espère que cette fois-ci l'enquête sera rouverte et toute la lumière faite sur cette affaire. Mais il y a d'autres affaires comme celle-ci qui auraient certainement besoin d'être revues aujourd'hui. A quand leur tour ?

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