Jacques Chirac à l'ElyséeLes emplois fictifs de la Ville de Paris
Après deux procès en 2003 et 2004, cette affaire de rémunération frauduleuse de cadres RPR par la Ville de Paris de 1990 à 1995 a valu à Alain Juppé, ex-secrétaire général du parti et adjoint aux Finances à la mairie, une peine de 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité. Mis en cause par une pièce du dossier,
Jacques Chirac a été entendu et placé sous le statut de témoin assisté à l'été 2007. Un juge d'instruction a demandé vendredi son renvoi en correctionnelle pour cette affaire.
Marchés publics d'Ile-de-FranceLe 26 octobre 2005, Michel Roussin a été condamné à quatre ans de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille pour "complicité et recel de corruption et trafic d'influence", en sa qualité de chef puis de directeur de cabinet de
Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville de Paris, entre 1984 et 1993. Le tribunal, qui a condamné 42 autres personnes, a sanctionné un système de corruption, organisé à la
mairie de Paris, où les entreprises de travaux publics ont versé des pots-de-vin au RPR, au PS et au Parti républicain, pour plusieurs dizaines de millions d'euros dans les années 1990. L'audition de
Jacques Chirac comme témoin a été refusée en 2001. Il n'a pas été inquiété pour les voyages payés en espèces pour lui et sa famille découverts pendant l'enquête.
HLM de ParisLe 5 juillet 2006, pour un système de corruption aux HLM de Paris entre 1987 et 1993, 37 personnes ont été condamnées à des peines de prison avec sursis et des amendes, dont Georges Pérol, directeur général de l'OPAC (office HLM) de 1982 à 1993, élu corrézien RPR puis UMP, et ami proche de
Jacques Chirac.
Jacques Chirac n'a jamais été interrogé malgré la "confession" du collecteur de fonds Jean-Claude Méry, emprisonné durant l'enquête, qui affirmait que l'ancien maire de Paris avait assisté à une remise d'argent en espèces. Convoqué par courrier comme témoin en mars 2001 par le juge d'instruction Eric Halphen,
Jacques Chirac a refusé de venir.
Frais de boucheLe dossier concernant 2,13 millions d'euros d'argent public dépensés par le couple Chirac en huit ans pour des frais personnels liés au logement de fonction occupé à la mairie entre 1987 et 1995 a fait l'objet d'un non-lieu pour cause de prescription rendu en 2003 par un juge d'instruction, confirmé en 2004 en appel et l'année suivante en cassation.
Jacques Chirac n'a jamais été interrogé.
Fraude électorale
En décembre 2006, dix personnes ont été condamnées pour fraude électorale dans le IIIe arrondissement de Paris aux municipales de 1989 et 1995, dont Philippe Dominati, sénateur UMP de Paris et Guy Legris, ex-patron du RPR de la capitale. Malgré un témoignage déclarant que la fraude avait été organisée à la mairie centrale pour permettre à
Jacques Chirac d'obtenir un "grand chelem" des 20 arrondissements à Paris en 1989, il n'a jamais été entendu. Le 27 mai 2009, le député-maire UMP du Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi, ancien premier adjoint de
Jacques Chirac et son successeur à la mairie de 1995 à 2001, a été condamné pour fraude électorale dans le Ve et déclaré inéligible pour trois ans.
Jacques Chirac n'a pas été entendu dans ce dossier.
Sempap
L'enquête est terminée sur le dossier de la Sempap, société d'imprimerie de la Ville de Paris, et plusieurs personnes devraient être jugées prochainement sur des détournements de fonds qui auraient servi au financement du RPR, évalués à une quinzaine de millions d'euros.
Jacques Chirac a été entendu comme témoin durant l'instruction et n'est pas poursuivi.