Jacques Chirac © REUTERSL'ancien maire de Paris encourt une mise en examen pour prise illégale d'intérêts dans le cadre du financement du RPR. Evoquant des "regrets" après la condamnation d'Alain Juppé, le maire PS de Paris a suggéré dimanche que la Ville pourrait ne plus être partie civile au procès de son prédécesseur. Dans une interview à Europe 1, Jacques Chirac souhaite être jugé le plus vite possible pour l'affaire des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris. Le parquet de Paris ne fera pas appel du renvoi en correctionnelle de l'ex président.
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Jacques Chirac sera le premier président de la République à comparaitre devant la justice. Il est renvoyé en correctionnelle pour "21 supposés emplois fictifs" à la mairie de Paris mais bénéficie d'un non-lieu pour le chef d'accusation de "faux en écriture publique", a annoncé vendredi son service de presse. L'information a été confirmée de source judiciaire à Reuters. Jacques Chirac, qui se trouve actuellement au Maroc, où il est est en vacances en famille, est "serein et décidé à établir devant le tribunal qu'aucun" des 21 emplois pour lesquels il est renvoyé devant la justice "ne constitue un emploi fictif", selon son service de presse.
"Jacques Chirac savait très bien en quittant la présidence de la République qu'il aurait à répondre d'un certain nombre de dossiers", a expliqué son avocat sur France 3. "Il peut choisir soit d'aller s'expliquer, soit de demander à son avocat qui fera de son mieux pour essayer de porter sa parole le moment venu, nous verrons", a-t-il ajouté. "Jacques Chirac n'est pas un juriste de formation, je pense que ce sera plutôt un avocat qui évoquera les problèmes de droit." L'avocat a, pendant un délai de cinq jours, la possibilité de faire appel du renvoi et repasser ainsi l'examen de l'affaire à la chambre de l'instruction de Paris. Mais celui-ci ne compte pas l'utiliser.
Le parquet de Paris qui avait requis un non-lieu général, n'a donc été que partiellement suivi par la juge d'instruction Xavière Simeoni. Au moins neuf personnes dont Jacques Chirac sont renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris, neuf autres bénéficiant d'un non-lieu dont Bernard Bled, ancien secrétaire général de la mairie, a-t-on précisé de source judiciaire. La juge a considéré que les faits étaient prescrits pour au moins deux personnes, Robert Pandraud et Daniel Naftalski, a-t-on ajouté de même source.
20 personnes mises en examen
Si le nom de l'ancien président (1995-2007) est apparu dans plusieurs affaires, l'affaire des chargés de mission est la seule pour laquelle Jacques Chirac a été mis en examen. Protégé pendant 12 ans par sa fonction à la tête de l'Etat puis redevenu justiciable ordinaire, il a été mis en examen le 21 novembre 2007 pour "détournement de fonds publics" dans ce dossier d'emplois de complaisance présumés payés par le cabinet du maire de Paris, fauteuil occupé par Jacques Chirac de 1977 à 1995.
L'instruction menée par la magistrate vise 35 emplois présumés fictifs sur une période courant de 1983 à 1998, soit du début du deuxième mandat de Jacques Chirac à la mairie aux trois premières années de son successeur Jean Tiberi. Parmi les bénéficiaires présumés de ces emplois figure un ancien préfet, soupçonné d'avoir bénéficié d'un chauffeur payé par le cabinet du maire de Paris. Il s'agit du seul contrat signé de la main de Jacques Chirac. Dans son réquisitoire de non-lieu général, le parquet a estimé que les faits antérieurs à 1992 sont prescrits et que l'enquête n'a pas permis de caractériser l'infraction pour les faits postérieurs. Outre l'ancien président, une vingtaine de personnes dont cinq anciens directeurs de cabinet de la mairie ont été mis en examen: Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled.
D'après agence
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