Deux nouveaux fichiers nés dans la polémique

Par F.L., le 18 octobre 2009 à 08h01 , mis à jour le 18 octobre 2009 à 16h44

Pourquoi les violences de Poitiers, il y a une semaine, n'avaient-elles pu être empêchées ? Des membres des services de renseignement avaient mis en avant le manque d'outils.

Les violences à PoitiersLes violences à Poitiers, le 10 octobre 2009 © LCI

Samedi dernier, près de 300 militants se réclamant d'un collectif anti-carcéral investissaient en plein jour le centre ville de Poitiers, masqués et cagoulés, brisant une vingtaine de vitrines, des abribus, des cabines téléphoniques. Ces violences avaient débouché sur dix-huit arrestations... et sur une polémique immédiate : comment cette action de groupes qualifiés "d'ultra-gauche" avait-elle été possible ? Dès le lundi, François Fillon assurait que les services de sécurité avaient été "surpris", s'interrogeant : "peut-être est-ce lié au fait qu'on a été loin dans la réforme des services" chargés du renseignement.

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"Les événements de Poitiers avaient été anticipés et la menace (de l'ultra-gauche) identifiée", se défendaient le lendemain des sources des services spécialisés du renseignement sous couvert de l'anonymat. Avant d'accuser : "Nous n'avons pas pu travailler efficacement" à Poitiers, faute d'avoir pu "disposer de lieux de surveillance" des manifestants. Ce que semblaient confirmer des déclarations du porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, mettant en cause la mauvaise volonté du maire. Faux, réagissait aussitôt celui-ci, affirmant n'avoir "jamais été saisi d'une demande de la part de la Direction départementale de la Sécurité Publique, concernant la possibilité d'utiliser l'Hôtel de Ville de Poitiers le jour de la manifestation".

Un "problème de moyens"

La déclaration de François Fillon avait en tout cas été interprétée par plusieurs sources au sein du renseignement comme une "critique" de la vaste réforme du renseignement mise en oeuvre en France le 1er juillet 2008. La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), chantier de Nicolas Sarkozy, avait été créée fondant en un seul service la DST (contre espionnage) et les Renseignements généraux (RG) qui ont disparu. La DCRI, dirigée par Bernard Squarcini, un proche de Nicolas Sarkozy, est chargée notamment de la lutte contre le terrorisme et les mouvements extrémistes, les missions traditionnelles des RG, comme les violences urbaines, étant désormais assurées par la sous-direction de l'information générale (SDIG).

Les mêmes sources du renseignement précisaient que les "méthodes" issues de la réforme ont "fait leurs preuves" dans la lutte contre le terrorisme, citant par exemple l'ETA ou l'homme interpellé dans l'Isère pour ses liens présumés avec l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique. "Pourquoi ce qui marche avec le terrorisme ne fonctionne-t-il pas toujours dans d'autres domaines ?", concédaient ces sources mettant en avant un "problème de moyens"... notamment de fichiers. "Nous sommes en attente" de l'outil devant remplacer le fameux fichier Edvige, assurait-on encore au sein des services de renseignement, et "cela perturbe notre travail". Les syndicats d'officiers et de commissaires de police confirmaient de leur côté, dans une unanimité peu fréquente, le "manque d'outils juridiques", de fichiers notamment, des policiers du renseignement.

Ce manque d'outils, Brice Hortefeux s'était donc engagé dès mardi, trois jours après les violences de Poitiers, à y remédier en annonçant "des bases de données précises". Tout en précisant : "Edvige est mort, il n'est pas question de le remplacer". Le projet était déjà bien avancé : le ministère de l'Intérieur avait transmis en mai 2009 à la Commission nationale de l'informatique et des libertés une nouvelle version d'un fichier, dit Edvirsp, censé remplacer Edvige. Depuis ce dimanche, les successeurs d'Edvige et d'Edvirsp ont donc acquis une existence officielle.

Avec agences

Par F.L. le 18 octobre 2009 à 08:01
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15 Commentaires

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  • John Duff, le 19/10/2009 à 16h11

    Ceux qui s'insurgent contre Edvige sont ceux qui ont des choses a cacher ou ceux qui ne risqueront jamais de voir leurs enfants violes ou leur vitrine explosee.Ou sont ils simplement des opposants qui s'opposent ? Gravissime.

  • Touille06, le 19/10/2009 à 07h26

    J entends parler de flicage ca me fait bien rire. On est toujours aussi laxiste cote justice en france. Fichier plus application de la loi . Cela devrait en calmer quelques un.

  • Andre, le 19/10/2009 à 00h40

    C est une excellente chose-c est d ailleurs l avis de chevenement-il faut lutter contre les casseurs...

  • Rigaut, le 19/10/2009 à 00h38

    Pour l'émotion soit il faut changer les lois ou soit changer l'Europe.Qeu de changements en vue de non barrages.

  • Martin Brigitte Sophie, le 19/10/2009 à 00h32

    Il aurait fallu faire un barrage, il y a eu quelques bléssés et le Maire ne l'a pas dit. Pour éviter tout compromis il faudra du renforts, des camions de CRS et des outils surtout.

  • Kraken, le 18/10/2009 à 23h27

    Quands des agriculteurs mettent le feux a des bottes de pailles sur les champs elyses, deverse du purin devant une prefecture ou encore arrache un portail avec un tracteur, ce sont des manifestants en colère. Si les jeunes sans boulots faisaient pareils ce seraient des terroristes de l ultra-gauche. C est une honte. Manifester bruillament que les prisons sont indignes n est pas autre chose qu'un acte altruiste. Ils ne défendent que les interets des plus faibles et les comparer a des terroristes est une manipulation. Un dernier point pour se souvenir qu'une loi sous le coup d'une emotion est toujours mauvaise.

  • Jean bernard, le 18/10/2009 à 19h03

    Alors man que proposez vous vous souhaitez donc que ces violences continuent pensez a votre famille.

  • Michel, le 18/10/2009 à 18h10

    En France, tout est polémique, délation, négation, fuite en avant et assistanat. C'est vraiment plus que grave.

  • G3R, le 18/10/2009 à 15h48

    Polémiques! le mot est lâché... l'opposition socialiste n'a plus que cet outil, voisin de calomnie, comme véhicule de leur pensée anti-UMP.

  • Jacqueline, le 18/10/2009 à 12h47

    Je suis pour. Toutes formes de violences avec des bases de données précises figureront dans ces fichiers. Il y en déjà qui se font du soucis.....

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