Les violences à Poitiers, le 10 octobre 2009 © LCISamedi dernier, près de 300 militants se réclamant d'un collectif anti-carcéral investissaient en plein jour le centre ville de Poitiers, masqués et cagoulés, brisant une vingtaine de vitrines, des abribus, des cabines téléphoniques. Ces violences avaient débouché sur dix-huit arrestations... et sur une polémique immédiate : comment cette action de groupes qualifiés "d'ultra-gauche" avait-elle été possible ? Dès le lundi, François Fillon assurait que les services de sécurité avaient été "surpris", s'interrogeant : "peut-être est-ce lié au fait qu'on a été loin dans la réforme des services" chargés du renseignement.
Décathlon : ce fichier qui révolte les salariés
Découvert à l'occasion d'un déménagement d'une entreprise Décathlon en Isère, un fichier rédigé sur les salariés d'une équipe logistique d'un entrepôt de Saint-Quentin-Fallavier suscite la colère des syndicats. Ils dénoncent des "propos insultants et humiliants qui font référence à la vie privée des salariés".
Publié le 24/09/2011
Un décret étoffe le "fichier des personnes recherchées"
Personnes recherchées pour une enquête, mais aussi étrangers en situation irrégulière ou même supporteurs interdits de stade : ce nouveau fichier recouvre des catégories très hétérogènes. Ce qui avait suscité les craintes de la Cnil.
Publié le 30/05/2010
"Les événements de Poitiers avaient été anticipés et la menace (de l'ultra-gauche) identifiée", se défendaient le lendemain des sources des services spécialisés du renseignement sous couvert de l'anonymat. Avant d'accuser : "Nous n'avons pas pu travailler efficacement" à Poitiers, faute d'avoir pu "disposer de lieux de surveillance" des manifestants. Ce que semblaient confirmer des déclarations du porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, mettant en cause la mauvaise volonté du maire. Faux, réagissait aussitôt celui-ci, affirmant n'avoir "jamais été saisi d'une demande de la part de la Direction départementale de la Sécurité Publique, concernant la possibilité d'utiliser l'Hôtel de Ville de Poitiers le jour de la manifestation".
Un "problème de moyens"
La déclaration de François Fillon avait en tout cas été interprétée par plusieurs sources au sein du renseignement comme une "critique" de la vaste réforme du renseignement mise en oeuvre en France le 1er juillet 2008. La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), chantier de Nicolas Sarkozy, avait été créée fondant en un seul service la DST (contre espionnage) et les Renseignements généraux (RG) qui ont disparu. La DCRI, dirigée par Bernard Squarcini, un proche de Nicolas Sarkozy, est chargée notamment de la lutte contre le terrorisme et les mouvements extrémistes, les missions traditionnelles des RG, comme les violences urbaines, étant désormais assurées par la sous-direction de l'information générale (SDIG).
Les mêmes sources du renseignement précisaient que les "méthodes" issues de la réforme ont "fait leurs preuves" dans la lutte contre le terrorisme, citant par exemple l'ETA ou l'homme interpellé dans l'Isère pour ses liens présumés avec l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique. "Pourquoi ce qui marche avec le terrorisme ne fonctionne-t-il pas toujours dans d'autres domaines ?", concédaient ces sources mettant en avant un "problème de moyens"... notamment de fichiers. "Nous sommes en attente" de l'outil devant remplacer le fameux fichier Edvige, assurait-on encore au sein des services de renseignement, et "cela perturbe notre travail". Les syndicats d'officiers et de commissaires de police confirmaient de leur côté, dans une unanimité peu fréquente, le "manque d'outils juridiques", de fichiers notamment, des policiers du renseignement.
Ce manque d'outils, Brice Hortefeux s'était donc engagé dès mardi, trois jours après les violences de Poitiers, à y remédier en annonçant "des bases de données précises". Tout en précisant : "Edvige est mort, il n'est pas question de le remplacer". Le projet était déjà bien avancé : le ministère de l'Intérieur avait transmis en mai 2009 à la Commission nationale de l'informatique et des libertés une nouvelle version d'un fichier, dit Edvirsp, censé remplacer Edvige. Depuis ce dimanche, les successeurs d'Edvige et d'Edvirsp ont donc acquis une existence officielle.
Avec agences
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