Francis Evrard © TF1/LCI
Affaire Evrard : l'heure du procès
Francis Evrard comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises à Douai pour répondre de l'enlèvement, de la séquestration et du viol d'Enis, 5 ans, en août 2007 à Roubaix.
Publié le 25/10/2009
Dès l'ouverture de son procès lundi devant les assises du Nord à Douai, Francis Evrard, 63 ans, a reconnu. L'enlèvement et puis surtout le viol du petit Enis, 5 ans, en août 2007 à Roubaix. Oui, mais, ce n'est pas tout. Après cet aveux salvateur pour la famille de la petite victime, Francis Evrard s'est aussi posé en victime de crimes sexuels et de l'institution judiciaire.
Libéré le 2 juillet 2007 de la prison de Caen après avoir purgé 20 ans de détention au titre de sa dernière peine, il avait enlevé Enis le 15 août suivant lors d'une braderie à Roubaix pour l'emmener dans un garage fermé de la ville où il est accusé de lui avoir fait subir des violences sexuelles. L'enfant et son agresseur avaient été retrouvés peu après minuit dans ce garage, grâce aux indications d'un chauffeur de taxi et d'un patron de bar qui avaient permis le déclenchement du plan alerte-enlèvement. "Il est temps de dire que c'est vrai", déclare-t-il au sujet du viol de l'enfant par pénétration digitale.
"J'ai été victime d'un viol"
Condamné à trois reprises depuis 1975 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs, il encourt désormais la réclusion criminelle à perpétuité. Et là, l'accusé tente d'apitoyer le tribunal. "J'ai des pulsions. Est-ce que c'est parce que j'ai subi (des violences sexuelles) moi aussi ?", déclare ce Franco-belge qui a passé plus de trente ans de sa vie en détention. Il affirme en effet avoir été victime d'un viol au début des années 1960 de la part d'un "Arabe" qui deviendra quelques minutes plus tard un certain "Marc", puis évoque des agressions dans différents foyers. Volubile, cet homme de forte corpulence portant lunettes, le cheveu court et une large moustache grise, fait un récit confus de son enfance -marquée par le divorce de ses parents- son errance, ponctuée de larcins, de foyer en maison de redressement, et l'amour inconditionnel de sa mère Berthe, décédée en 2001. "Ma mère était tout pour moi", confie-t-il.
"Ablation de mes testicules"
Puis, sous le feu roulant des questions de l'avocat général Luc Frémiot qui le met face à ses contradictions, il s'agace et multiplie les déclarations désastreuses. "Enis n'a subi aucun préjudice physique, que je sache", lâche-t-il. La salle frémit. "Je vais te tuer", menace alors le père d'Enis, confronté pour la première fois à l'agresseur de son fils. Evrard explique ensuite qu'il est entré en contact avec l'enfant, rencontré dans une rue de Roubaix en ce début d'après-midi du 15 août 2007, parce que celui-ci ne parvenait pas à faire ses lacets. "Si je comprends bien, c'était pour rendre service ?", lui demande l'avocat général. "Voilà, c'est ça", assène Evrard sans ciller.
S'affirmant victime de prédateurs sexuels qu'il identifie avec difficulté, il estime aussi avoir été abandonné à ses "pulsions" pédophiles par l'institution judiciaire. "Si j'avais eu un traitement (de castration) chimique, je ne serais pas ici. Depuis ma libération de Caen le 2 juillet, on m'a laissé faire ce que je voulais", a-t-il estimé. "J'ai demandé au président de la République d'autoriser l'ablation de mes testicules pour que n'entendiez plus parler de moi", rappelle-t-il. "En sortant de la prison de Caen, ce n'est pas un psychiatre que vous êtes allé voir mais un pharmacien", réplique aussitôt Me Emmanuel Riglaire, l'avocat du père de l'enfant. Le jour-même de sa sortie le 2 juillet 2007, Francis Evrard était allé acheter du Viagra grâce à une ordonnance délivrée par un médecin de la prison. Il en consommera dans les heures précédant le viol d'Enis.
(D'après agence)
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