Huit ans de prison pour la mère matricide

le 16 octobre 2009 à 18h06 , mis à jour le 16 octobre 2009 à 18h18

Josiane Humbert a été reconnue coupable vendredi d'avoir assassiné sa mère, atteinte de sclérose en plaques, en l'étouffant avec une couverture.

Palais de Justice Procès DroitImage d'archives © TF1

Elle a accueilli le verdict le visage impassible et les lèvres serrées. Josiane Humbert, 52 ans, a été reconnue coupable vendredi après-midi d'avoir assassiné en 2005 sa mère, atteinte de sclérose en plaques, en l'étouffant avec une couverture, et condamnée à huit ans de prison par la cour d'assises du Rhône.
 
Pour l'avocate de la défense, Me Castelli, cette décision est une "déception". "Mme Humbert n'a pas su faire comprendre sa douleur, sa carapace de froideur a pris le dessus", a-t-elle souligné. "Elle est entre l'acceptation et la dépression mais elle ne redoute pas la prison", a ajouté Me Castelli, en annonçant qu'"a priori", sa cliente ne ferait pas appel.
 
Poursuivie pour assassinat, un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité, Josiane Humbert a reconnu avoir étouffé avec une couverture la malade, immobilisée dans un fauteuil roulant, traitée à la morphine en raison de ses douleurs mais qui n'était pas en fin de vie, le jour de la Fête des mères, le 29 mai 2005, pendant qu'elle dormait. Ce soir-là, selon les dires de l'accusée, la malade souffrait beaucoup. "Elle m'a dit 'aide-moi, fais quelque chose', et je l'ai interprété comme une aide à mourir", avait rappelé Mme Escolano, citant Mme Humbert, alors qu'aucun témoignage n'est venu conforter pendant le procès ce souhait de mourir de la part de la septuagénaire.
 
"Une relation fusionnelle"
 
Dans sa plaidoirie, Me Castelli avait quant à elle évoqué "l'abnégation" et le "sens du sacrifice" de sa cliente: la victime, décrite par nombre de témoins comme "gentille, gaie et généreuse", avait fini par devenir "l'enfant de Mme Humbert", inversant les rôles selon l'avocate. "Je souhaite que la seule prison qu'elle connaisse soit celle du chagrin", avait-elle conclu, en demandant aux jurés une "peine de principe" pour sa cliente et son mari, poursuivi pour non-dénonciation de crime, et condamné quant à lui à deux ans de prison avec sursis.
 
Plus tôt dans la matinée, l'avocat des deux soeurs de la victime, parties civiles, avait contesté le "meurtre par amour". "Mme Humbert avait pour sa mère une relation encadrante, entourante, enfermante, excluante et enfin étouffante", dans tous les sens du terme, avait affirmé Me Alain-Xavier Spee.
 
L'accusée avait raconté mercredi, au premier jour du procès, comment elle avait quitté Mâcon en 1988, avec son mari et ses deux petites filles, pour s'installer à Villié-Morgon (Rhône) dans le Beaujolais, près de chez sa mère malade afin de s'en occuper seule. S'en étaient suivies dix-huit années de soins quotidiens, ayant abouti à ce que l'expert-psychiatre a appelé mercredi une "relation fusionnelle" virant au huis-clos entre la mère et sa fille unique.
 

(D'après agence)

le 16 octobre 2009 à 18:06
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13 Commentaires

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  • Martin, le 19/10/2009 à 03h07

    C'est bien triste. Il faudrai la moitié de la peine mais cette pauvre femme n'osera pas faire appel car elle est sous assistanat de l'Etat français. Le vrai criminel est dehors et pas dedans comme on le sait tous aujourd'hui.

  • Nelsms20, le 18/10/2009 à 16h13

    Peut etre que si les personnes malades etaient plus aidées est bien cette femme aurai pas été obligé de s occuper de sa mere malade et entre son mari, ses enfants, sa vie de femme et de mere elle aurai pu souffler un peu et pas craquer!! l etat n aide personne!! il faut s aider seul avec une force et un courage ENORME. resultat elle perd sa mere, son mari, ses enfants et sa vie entiere. ou est la logique? le systeme nous rend ainsi...

  • Lapinou59, le 17/10/2009 à 21h04

    Après les dires de Raoul de Rouen il n'y a plus rien à dire. Que nos élus réagissent !

  • Raoul, le 17/10/2009 à 00h57

    Si Madame Josiane Humbert était vraiment une criminelle ce n'est pas à 8 ans qu'il fallait la condamner mais à 20 ans...et elle ne se serait certainement pas dénoncée spontanément en sachant la peine qu'elle encourait. N'aurait'il pas été préférable que notre société, soi-disant généreuse, se pose plutôt la question de la souffrance morale que peuvent endurer les familles de grands malades et surtout de leur immense solitude car, selon toute évidence, si Madame Humbert a mis fin aux jours de sa mère par des moyens aussi expéditifs c'est qu'elle était en proie au désespoir de la solitude et confrontée aux drames que peuvent causer une maladie incurable affectant un proche : Souffrances insupportables sans espoir de guérison , acharnement insensé des thérapies, droits des malades méconnus, Ect... Le 2 novembre se tiendra la 2ème journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité...Combien faudra t'il de journées comme celle-ci et de drames avant que l'euthanasie et le suicide assisté soient enfiin légalisés en France. Certes il s'agit d'une nécessité de légaliser le droit à mourir dans la dignité dans le cadre de demandes libres et éclairées mais ne doit'on pas aussi chercher à comprendre les causes qui poussent aux euthanasies de compassion même si leurs auteurs se defendent maladroitement et ne bénéficient pas d'une médiatisation de leur affaire

  • Le Saint, le 16/10/2009 à 23h58

    Il faut avoir du courage pour aider quelqu'un a faire le grand saut.La justice aveugle et les lois obsoletes ne sont la que pour faire gagner des sous sur des proces inutiles et couteux ,l'hacharnement therapeutique n'est utile qu'aux chercheurs des grands laboratoires qui gagnerons beaucoup d(argent a nos depends.Jai perdu quand j 'avais 23 ans.Elle est dcedée dans des conditions epouvantables de douleurs ,gavée de morphine,brulé par les rayons et la chimio,c 'etait en 1980,on faisait de la recherche excessive. C'est lamentable,je suis d accord pour une pétition qui ne seras pas ecouté car le pouvoir en place en a rien faire de nos gérémiades.Courage a vous madame,je suis de tour coeur près de vous.

  • Cathy, le 16/10/2009 à 22h39

    Est-ce vraiment aimer que d'accepter la souffrance et la déchéance des êtres qui nous sont chers ? Pour l'avoir vécu avec mon père et surtout ma mère qui m'ont supliée chacun à leur tour de leur épargner l'humiliation d'être réduit à un zombie, je sais maintenant que je ne les aimais pas assez pour les aider et je vis avec ce sentiment ! J'ai programmé dans un avenir à moyen terme ma mort (tout dépendra de ma santé) de façon à épargner ma fille ! Merci de me publier.

  • Mia, le 16/10/2009 à 22h24

    Mais dans quel monde vit-on, ma soeur est décédée il y a peu de temps de scléroses en plaques, maladie que l'on nous présente toujours comme invalidante mais pas mortelle ! On croit rêver! Rien n'est fait, rien n'est facile pour toutes les personnes atteintes de ce mal ! Il faut se battre, tout le temps se battre pour obtenir de l'aide et de l'assistance des infirmiers, aides à domicile, ergothérapeute, kiné etc... La mairie vous livre des plateaux tout prêts, souvent tellement peu appétissants, avec des boîtes difficiles à ouvrir pour quelqu'un de valide, alors imaginez quand on n'a plus la force et l'usage d'un ou de ses deux membres supérieurs ! C'est un pur cauchemar ! Certaines familles craquent et placent les malades dans des centres qui sont de véritables mouroirs... Non, il n'y a pas que certaines maisons de retraite qui méritent d'être ainsi nommées ! Alors oui, cette femme a eu beaucoup de courage, je suis d'accord avec Jacqueline d'Asnières une pétition s'impose pour dénoncer ce verdict de la justice SCANDALEUX, HONTEUX et qui une fois encore s'avère parfaitement INJUSTE !!!!!

  • Looky, le 16/10/2009 à 21h29

    Ouaaaaaaa, 8 ans parce qu'elle refuse de voir sa mère soufrire, je reste sans voix, la justice est dificile à comprendre. A "Maman de l'Oise" je suis entièrement d'accord avec vous qui avez vécue ça, je tiens à vous témoigner mon respect pour votre courrage. Courrage aux gens qui vivent ça sincerement.esperons que un jour une loi permette à certain de ne plus souffrir. Merci de me publier

  • Chris, le 16/10/2009 à 21h15

    Je suis Jacqueline, d'Asnières sur Seine.

  • Martin Brigitte, le 16/10/2009 à 20h14

    C'est un monologue, dire que d'autres ont eu gain de cause et pas elle. C'est po juste.

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