Jugés pour esclavage domestique sur une enfant

le 16 octobre 2009 à 05h00 , mis à jour le 16 octobre 2009 à 06h39

Un couple franco-malien est jugé vendredi devant le tribunal de Bobigny. Selon l'accusation, il aurait soumis Rose, mineure au début des faits, à des conditions de travail indignes.

Le Palais de Justice de Bobigny. TF1/LCILe Palais de Justice de Bobigny © TF1/LCI

                                                                              

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C'est une affaire d'esclavage domestique qu'examine vendredi le tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Ce qu'aurait vécu Rose (prénom d'emprunt à la demande de la victime), une jeune malienne auprès d'un couple franco-malien, aujourd'hui poursuivi. Aïssata et Mamadou S. sont accusés d'avoir amenée en France avec des faux papiers Rose, âgée de 11 ans en 1997. Selon l'accusation, ils l'ont soumise jusqu'en 2006 à des conditions de travail indignes. Ils encourent entre deux et sept ans de prison et 200.000 euros d'amende.
 
Propriétaires d'un pavillon à Bondy, au nord de Paris, les deux époux, qui avaient été placés en garde à vue en 2006 puis libérés, nient les accusations d'esclavage domestique. "Ma cliente a recueilli Rose avec l'accord de sa famille pour l'aider. C'est une pratique culturelle normale en Afrique. La question est de savoir si ce qui est admis au Mali l'est en France ?", explique maître Bekel, avocat de Aïssata S.
 
"Le traitement était tout à fait correct"
 
1997: Rose, 11 ans, est envoyée à Bamako chez des cousins. Elle préfère rejoindre sa demi-soeur, qui vit dans une famille amie, parente de Mme S., en vacances au même moment au Mali. Avec l'accord de la mère de Rose, Mme S., de nationalité française et employée à la mairie de Pantin, la ramène en France, munie d'un faux passeport. "Elle nous avait dit qu'elle allait prendre soin de moi et de ma famille", raconte Rose. Le 4 septembre, Rose arrive dans le pavillon du couple S. à Bondy. "Elle (Mme S.) m'a dit que je devais tout faire: nettoyage, repassage, préparer le repas, m'occuper des enfants, les amener à l'école, donner le bain. Je n'ai pas posé de questions", poursuit Rose.
 
Rose dit n'avoir reçu en retour qu'humiliations, injures, remontrances et menaces. "Elle disait que c'est grâce à elle que j'étais là, que sans elle je serais une bonne à Bamako, que je lui devais encore l'argent du billet d'avion, que je ne devais parler à personne parce que je n'avais pas de papiers, sinon on me renverrait au Mali", se remémore Rose, âgée aujourd'hui de 23 ans. Les quatre enfants S. "me traitaient de gorille. Quand ils voyaient des animaux dans un journal ils disaient que c'était moi et ma famille", se souvient Rose. M. S. ? "Il n'était jamais là. Il est chauffeur de taxi. Quand il était là, il disait à sa femme de me ramener au Mali parce que je ne travaillais plus". "Elle était au service de la famille mais pas dans les conditions décrites", répond Me Bekel. "Le traitement était tout à fait correct. C'était une fille de la famille", argue-t-il.
 
En 2006, Rose a 20 ans. Elle fait la connaissance d'une voisine à qui elle raconte son histoire. Celle-ci la dirige vers des associations. "Au début je ne voulais pas admettre que ce qui m'était arrivé était anormal", explique Rose. Elle porte plainte. Trois ans plus tard, Rose, qui prépare un CAP de fleuriste et vit dans un foyer de jeunes travailleurs à Suresnes (Hauts-de-Seine) dit apprendre la "vie de toutes les jeunes filles". "J'ai une liberté, je ne laisserai plus personne m'en priver", assure-t-elle. Rose a obtenu une carte de séjour temporaire.

le 16 octobre 2009 à 05:00
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13 Commentaires

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  • Marianne, le 18/10/2009 à 09h19

    J'ai bien connu quelques familles maliennes à Choisy le Roi, pour nous européens ils s'agit d'esclavage, pour eux de coutumes, j'ai bien vu dans ces familles des gamines qui étaient dans la même situation que Rose, bonnes à tout faire sans contacts avec l'exterieur, en général on les appele "belles soeurs". Elles ne sont pas scolarisées, et s'acquittent de toutes les tâches ménagères et des enfants en bas âges de la maison. Ce qui m'étonne c'est la prise de conscience de ce phénomène maintenant, j'ai vu cela en 1987; En général il s'agit de familles établies depuis quelques années, de classe moyenne ayant réussi en France, il s'agit de se payer la bonne à moindre frais en la ramenant du pays, indétectable au yeux de la société française puisque tôt ou tard cette jeune fille repartira au pays. En fait il s'agit de la "jeune fille au pair à l'africaine".... Ces familles n'ont pas conscience de faire du mal puisqu'il s'agit de coutumes. moi j'appelle cela échec de l'intégration, le mal qui est fait à ces enfants est grand.

  • Anne, le 17/10/2009 à 23h51

    Martin de nice, c'est incroyable à chaque fois que je vous lis je vous trouve hors sujet, 20 ans c'est trop tard pour l'émancipation, rose n'a pas un diplöme de fleuriste mais elle prépare un cap de fleuriste ça ne donne aucune indication sur son niveau d'étude.

  • SUCREE, le 17/10/2009 à 20h39

    A Eve, tes parents t'ont appris la vie et tu allais à l'école. Rose elle, elle était enfermée et ne sortait pas et devait travailler pour son jeune âge 24H/24 et 7J/7, là ça s'appelle de l'esclavage.

  • Eve, le 17/10/2009 à 17h23

    Je ne veus en aucun cas prendre le parti de ces gens, mais lorque j'étais jeune, mes parents travaillaient dur notamment pour des agriculteurs et celà pour améliorer notre quotidien.J'ai commencé très tôt (à 8 ou 10 ans je pense ) à aller les aider dans les champs de betteraves en hiver ou bien dans les champs de blé en été. C'était après l'école ou bien le week end. En plus il fallait aussi aider au ménage et à la lessive.. J'ai ainsi appris que seul un bon métier plus tard pourrait me donner une vie meilleure que celle de mes parents. Celà m'a incitée à travailler à l'école et je respectais mes parents pour leur courage. J'ai aussi appris à tenir une maison Plus tard j'ai travaillé aussi pendant mes vacances et j'étais fière de pouvoir donner cet argent à mes parents En aucun cas à l'époque on aurait pris celà pour de l'esclavage d'enfants.

  • Correct, le 17/10/2009 à 14h42

    à AMOU.. Cessez, verbe cesser à l'impératif, serait plus approprié.. balayez devant votre porte avant de juger le français des autres !!!!

  • Anne, le 17/10/2009 à 09h14

    Pas de pitié. Qu'on vende leur pavillon, qu'ils soient expulsés, et que la place en mairie de pantin soit donnée à Rose.. Qu'on lui donne la chance de s'en sortir, une vraie cette fois. Ce couple mérite vraiment d'être puni.

  • SDBP, le 17/10/2009 à 09h08

    Commencez déjà par réviser votre langue française et cesser de la martyriser. Vous devez écrire UN enfant et non pas unE enfant. Enfant est nom du genre masculin, pas féminin. UN enfant désigne un petit d'homme aussi bien mâle que femelle... Merci pour le français...

  • Milou, le 16/10/2009 à 15h12

    Si vous arrêtiez un peu de faire de la pub à toutes ces associations qui se font de la pub ( et du fric en se portant partie civile ) en mettant de l'esclavagisme partout ; hier dans le métro , aujourd'hui c'est la pauvre Rose . Attendez que les gens soient condamnés avant de les dénoncer .

  • Tinette, le 16/10/2009 à 14h36

    Dans cette histoire, si j'ai bien suivi, l'avocat de Mme Aïssita S n'a d'autre moyen de défense que cette question :"C'est une pratique culturelle normale en Afrique. La question est de savoir si ce qui est admis au Mali l'est en France ?"....... c'est un peu bas tout de même...... Si ce couple avait excisé cette petite, il se poserait peut-être la même question.......... Ah, notre bonne vieille Justice...... Je vais peut-être reprendre des études de droit moi, ça a l'air tellement facile .........

  • Joseph, le 16/10/2009 à 14h07

    Lettre à Rose, ta vie ne fait que commencer, et te voilà déjà exploitée, ceux qui devaient être pour toi protecteur, ton utilisé pour leurs beurres. Ils n'aiment ni la vie, ni ton avenir, ce sont des loups parmi les brebis. Retiens quand même dans ta vie que tous les adultes ne sont pas pourris. Moi qui suis chrétien, je prie Dieu qu'Il s'occupe de ton destin. Comme de nombreux enfants dans le monde tu as certainement beaucoup de courage, c'est bien cela que ces méchants ont vu en toi, avant même de respecter tes droits. Ils ont une pierre à la place du c?ur, mais la justice va s'occuper d'eux. Heureusement, ta vie est devant toi. Tu peux naitre de nouveau, tu peux tout recommencer, avec Jésus pour Berger et repartir à zéro. J'espère que ces quelques lignes te parviendront. Joseph

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