L'informaticien Imad Lahoud, au centre de l'affaire Clearstream © TF1/LCI![]() |
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"Le premier mot que je voudrais prononcer en son nom est pardon, pardon pour ses torrents de mensonges", a déclaré jeudi Olivier Pardo, l'avocat du mathématicien Imad Lahoud, lors de sa plaidoirie devant le tribunal correctionnel de Paris. Son client est soupçonné d'avoir lui-même falsifié les fameux comptes bancaires de la société Clearstream en y ajoutant des noms dont celui de Nicolas Sarkozy, partie civile au procès. L'avocat a aussitôt précisé que son rôle n'était "pas d'excuser ces mensonges mais de les expliquer".
"Il a menti parce qu'il était tenu par des protecteurs puissants, par des parrains de haut vol qui pendant les faits, pendant l'instruction, le tenaient", a plaidé l'avocat, avant de citer l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, l'ex-ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin et le général Rondot. Etape après étape, le conseil a rappelé "la folle carrière" d'Imad Lahoud, un simple diplômé de mathématiques qui "devient consultant de la première entreprise d'armement française, EADS, par la grâce de Jean-Louis Gergorin". Mais sa carrière "ne s'arrête pas là : le trader spécialiste de la finance va se retrouver informaticien de génie", puisqu'il va être propulsé par son mentor à la tête du centre de recherche d'EADS.
"Si tu ne fais pas ce que je veux, on te lâche"
Ensuite, le 25 mars 2004, alors qu'il est en garde à vue pour une affaire d'escroquerie annexe, "une main encore plus puissante va le prendre pour le protéger", Dominique de Villepin, une intervention que l'ancien Premier ministre a toujours niée. Selon Me Pardo, toutes ces personnes lui auraient dit : "Si tu ne fais pas ce que je veux, on te lâche et on s'essuie les pieds sur toi". "C'est pour cela sans doute qu'il a menti, et encore menti". Mardi, le parquet a requis deux ans de prison, dont 18 mois ferme, et 45.000 euros d'amende à l'encontre d'Imad Lahoud. Dans cette affaire, a conclu l'avocat, de nombreux doutes subsistent et "le doute doit bénéficier au prévenu".
Mardi, le vice-procureur Romain Victor avait brocardé un "escroc", dont "la propension au mensonge est incomparable". Fort d'une "responsabilité immense" dans la manipulation, Imad Lahoud n'aurait toutefois eu, selon le parquet, qu'un "rôle subalterne" par rapport au maître d'oeuvre Jean-Louis Gergorin. La défense de Dominique de Villepin place, elle, Imad Lahoud à l'origine de la machination. Selon elle, ce serait lui et lui seul qui aurait habilement manipulé Jean-Louis Gergorin. Faux, a répondu Me Pardo, selon lequel Jean-Louis Gergorin est lui aussi un menteur, seulement, "quand il ment, lui on le croit, parce qu'il est vice-président d'EADS, parce qu'il est polytechnicien, énarque. Et ces gens-là, ça ne ment pas". Quant à Dominique de Villepin, il connaissait Imad Lahoud, a assuré l'avocat. Un "secret" qu'il protège farouchement depuis le début de l'audience.
Vendredi, les avocats de Jean-Louis Gergorin prendront le relais pour clore le procès. Dès jeudi, Me Paul-Albert Iweins a plaidé brièvement que les propos de Nicolas Sarkozy qualifiant les prévenus de "coupables", pouvaient justifier à eux seuls que le tribunal prononce la nullité de l'entière procédure.
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