L'heure des réquisitions a sonné

le 20 octobre 2009 à 07h38 , mis à jour le 20 octobre 2009 à 07h41

Après la longue plaidoirie de l'avocat de Nicolas Sarkozy, c'est le procureur de Paris en personne qui va requérir cet après-midi contre Dominique de Villepin.

Dominique de Villepin Image d'archives © Abacapress.com
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Ce ne sont pas moins de deux procureurs, dont le premier d'entre eux, le procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui s'apprêtent à requérir ce mardi après-midi dans l'affaire Clearstream. Lundi après-midi, l'avocat de Nicolas Sarkozy, partie civile, Me Thierry Herzog, leur a ouvert la voie, en plaidant durant quatre longues heures. Il a affirmé au tribunal correctionnel de Paris que Dominique de Villepin était "l'instigateur" de cette affaire de dénonciation calomnieuse où Nicolas Sarkozy s'est vu imputer à tort la possession d'un compte occulte à l'étranger. "Jean-Louis Gergorin est le donneur d'ordre et Imad Lahoud la petite main informatique", a-t-il plaidé. Quant à Dominique de Villepin, il est "à l'origine" de tout, selon lui.

Durant leur réquisitoire, qui devrait durer quelque six heures, Jean-Claude Marin et son substitut Romain Victor devraient enfoncer le clou. Après avoir jugé que les charges étaient insuffisantes contre l'ancien Premier ministre, le parquet avait fait volte-face à l'automne 2008 et requis son renvoi pour "complicité de dénonciation calomnieuse". Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons étaient alors allés au-delà de ces réquisitions, le renvoyant pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de vol et recel d'abus de confiance".

Villepin : au moins complice, au pire instigateur

Jean-Claude Marin sera le seul à requérir contre Dominique de Villepin, tandis que son collègue se chargera des autres prévenus. Pour le parquet de Paris, Villepin, alors ministre de l'Intérieur, s'est rendu complice de la dénonciation "au moins par son inaction". En clair, le ministère public lui reproche de n'avoir pas "avisé l'autorité judiciaire" que les listings étaient faux, à l'été 2004, alors qu'il était au courant. "Les juges (d'instruction) disent que (M. de Villepin) est l'instigateur premier de l'ensemble du système. Moi, je dis qu'il est un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient", avait appuyé fin août le procureur de Paris.

Dès mercredi, la défense de Villepin aura l'occasion de répondre : Mes Olivier Metzner, Henri Leclerc, Olivier D'Antin et Luc Brossolet, se succéderont jusqu'au soir pour convaincre le tribunal que leur client n'a rien à se reprocher. Dominique de Villepin leur a déjà préparé le terrain lundi dernier, en égratignant notamment Michèle Alliot-Marie, regrettant d'avoir été renvoyé devant un tribunal en raison de sa rivalité avec Nicolas Sarkozy, là où l'ancienne ministre de la Défense, selon lui tout aussi informée de la fausseté des listings, avait bénéficié d'une promotion.

D'après agence

le 20 octobre 2009 à 07:38
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3 Commentaires

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  • Pat, le 20/10/2009 à 14h52

    Des convictions!et les preuves elles sont ou?m'enfin je n'y comprend pas grand chose a ce proçés!

  • Gilles, le 20/10/2009 à 11h38

    @ Robryc, que faîtes vous de l'intime conviction qui est reconnu dans le droit français. Ceci dit pour celui qui arrive à se faire une opinion dans ce procès (autre qu'un soutien aux différents protagonistes) moi je dis chapeau.

  • Robryc, le 20/10/2009 à 08h43

    Dans sa très longue plaidoirie Me Herzog a beaucoup répété qu'il avait la conviction de ceci, la conviction de celà. Il a oublié qu'il n'était pas dans un salon de l'Elysée en train de boire le thé mais devant un tribunal. Et en France, la JUstice ce qu'elle demande c'est des preuves pas des convictions.

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