"La promesse de me pendre à un croc de bouche a été tenue", a réagi Villepin après les réquisitions du Parquet © LCI![]() |
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| Villepin : "La promesse de me pendre à un croc de boucher" |
C'est la dernière semaine du procès Clearstream. Mardi, l'heure était au réquisitoire. Voici les peines requises par le parquet. Le jugement sera mis en délibéré vendredi après les plaidoiries de la défense.
Villepin "complice" de la manipulation "par son silence"
Une peine de 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende ont été demandés mardi contre l'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, jugé pour une manipulation menée en 2004 avec de faux comptes bancaires de la société Clearstream. Le procureur Jean-Claude Marin a estimé dans son réquisitoire que Dominique de Villepin était "complice de dénonciation calomnieuse" envers Nicolas Sarkozy par son silence et sa passivité lors de ce complot. Les juges d'instruction voient dans l'ancien Premier ministre un "commanditaire et un instigateur de la fraude" dès le début de l'année 2004, bien avant que les premiers faux listings ne soient transmis à la justice, a rappelé Jean-Claude Marin. "Nicolas Sarkozy avait promis de me pendre à un croc de boucher, je vois que la promesse a été tenue", a réagi Dominique de Villepin.
Lahoud, "une figure sombre" à la "responsabilité immense"
Le mathématicien Imad Lahoud, faussaire présumé avec Jean-Louis Gergorin des listings Clearstream, est "une figure sombre", un "escroc" qui a une "responsabilité immense" dans l'affaire Clearstream, a dit mardi le vice-procureur Romain Victor. "Imad Lahoud, c'est une figure sombre". "Il n'est pas sans qualité mais c'est un escroc et sa propension au mensonge est incomparable", a dit le représentant du ministère public. Quelques minutes auparavant, il avait estimé que le Franco-libanais n'avait qu'un "rôle subalterne" comparé à celui, central, du maître d'oeuvre Gergorin. 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis ont été requis contre lui.
La dénonciation Clearstream "est l'oeuvre de Gergorin"
La dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream est "l'oeuvre" de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, et le mathématicien Imad Lahoud a été son "complice intéressé et malveillant" a jugé mardi le vice-procureur Romain Victor dans son réquisitoire. "Stratège de très haut niveau", Jean-Louis Gergorin est "un prévenu peu banal", a reconnu le représentant du ministère public. "La dénonciation est son oeuvre et il a obéi à un plan qui ne doit rien au hasard", a affirmé M. Victor. Il a fustigé "la mauvaise foi" du polytechnicien, qui n'a rien "du grand étourdi" pour lequel il a tenté de se faire passer à l'audience. 3 ans dont 18 mois avec sursis ont été requis contre lui.
Le parquet requiert la condamnation de Florian Bourges
Le parquet de Paris a requis 4 mois avec sursis à l'encontre de l'auditeur Florian Bourges, poursuivi dans l'affaire Clearstream pour "abus de confiance". Alors qu'il effectuait un stage pour la société d'audit Arthur Andersen, Florian Bourges, 23 ans, avait travaillé durant quelques mois sur une mission dans les locaux de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream. Il en avait alors profité pour sortir certains documents de travail et les avait fournis au journaliste Denis Robert qui enquêtait sur le fonctionnement de Clearstream. Selon l'enquêteur, l'établissement servait au blanchiment d'argent sale. Mis en contact par Denis Robert, M. Bourges avait également remis les fichiers authentiques au mathématicien Imad Lahoud.
Le parquet demande la relaxe de Denis Robert
Le ministère public a requis la relaxe du journaliste Denis Robert, poursuivi pour recel de vol et d'abus de confiance Le journaliste-enquêteur est poursuivi pour avoir recelé les listings bancaires authentiques de Clearstream que lui avait fourni l'auditeur Florian Bourges. Il les avait ensuite remis à Imad Lahoud, qui selon l'accusation les aurait ensuite falsifiés et y aurait ajouté des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, afin de faire croire que ces personnes détenaient des comptes occultes à l'étranger. M. Robert est passible d'une peine maximale de 5 ans de prison et 375.000 euros d'amende, éventuellement assortie d'une privation des droits civiques.
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