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Après les longues audiences consacrées aux principaux prévenus, cette dernière semaine du procès Clearstream donnera la parole, lundi après-midi, à l'avocat de Nicolas Sarkozy, avant, mardi, le réquisitoire du parquet. A plusieurs reprises, Me Herzog, qui plaidera pour le chef de l'Etat, a déjà déclaré qu'il trouvait plus convaincantes les déclarations du général Rondot et de Jean-Louis Gergorin que "les dénégations de Dominique de Villepin". Du côté du parquet, la position sur l'ancien Premier ministre a évolué depuis le début de l'affaire. Conscient que l'on s'apprête à demander sa condamnation, car "il faut un bouc émissaire", Dominique de Villepin a d'ores et déjà encouragé, lundi dernier, à la clôture des débats, lors d'une longue plaidoirie, le procureur à requérir "le coeur léger", car "mon honneur n'est pas ici en cause. (...) J'ai fait scrupuleusement ce que je devais".
L'ancien Premier ministre est soupçonné d'avoir participé à une vaste machination au cours de laquelle des noms de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, ont été rajoutés sur des listings de la chambre de compensation Clearstream, afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger. Après avoir jugé que les charges étaient insuffisantes contre Dominique de Villepin, le parquet avait fait volte-face à l'automne 2008 et requis son renvoi pour "complicité de dénonciation calomnieuse". Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons étaient alors allés au-delà de ces réquisitions, le renvoyant pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de vol et recel d'abus de confiance".
Le cas Alliot-Marie
Pour le parquet de Paris, Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, s'est rendu complice de la dénonciation "au moins par son inaction". En clair, le ministère public lui reproche de n'avoir pas "avisé l'autorité judiciaire" que les listings étaient faux, à l'été 2004, alors qu'il était au courant. "Les juges (d'instruction) disent que (Dominique de Villepin) est l'instigateur premier de l'ensemble du système. Moi, je dis qu'il est un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient", avait appuyé fin août le procureur de Paris.
Depuis un mois, Jean-Claude Marin soutient l'accusation au procès Clearstream aux côtés de l'un de ses substituts, Romain Victor. Mais il est le seul des deux représentants du parquet à questionner Dominique de Villepin et, mardi, il sera encore le seul à requérir contre l'ancien Premier ministre, tandis que son collègue se chargera des autres prévenus. Dès le lendemain, la défense de Villepin aura l'occasion de lui répondre : Mes Olivier Metzner, Henri Leclerc, Olivier D'Antin et Luc Brossolet, se succéderont jusqu'au soir pour convaincre le tribunal que leur client n'a rien à se reprocher. Dominique de Villepin leur a déjà préparé le terrain lundi dernier, en égratignant notamment Michèle Alliot-Marie, regrettant d'avoir été renvoyé devant un tribunal en raison de sa rivalité avec Nicolas Sarkozy, là où l'ancienne ministre de la Défense, selon lui tout aussi informée de la fausseté des listings, avait bénéficié d'une promotion.
D'après agence
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