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Clinique du Sport : prison ferme pour deux médecins
20 ans après les contaminations de plusieurs patients par une redoutable bactérie, la justice a rendu mercredi sa décision dans ce dossier qui avait révélé le problème des maladies nosocomiales.
Publié le 17/03/2010
Les progrès de la lutte contre les maladies nosocomiales
Depuis l'affaire des contaminations de patients de la Clinique du sport, des progrès ont été faits pour juguler les risques d'infections en milieu hospitalier.
Publié le 06/10/2009
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| Ce qu'attendent les victimes |
Y-a-t-il eu négligence des règles sanitaires ? Vingt ans après les premières contaminations de patients de la Clinique du sport par une redoutable bactérie, la justice se penche depuis mardi sur les pratiques, entre 1988 et 1993, de cet établissement réputé. Le procès se déroule jusqu'au 28 octobre au tribunal correctionnel de Paris. Sur le banc des prévenus : trois médecins. Ils sont mis en cause pour avoir réutilisé des kits d'intervention à usage unique et pour des carences dans le protocole de stérilisation des instruments chirurgicaux. Ils auraient ainsi contribué à la propagation de la mycobactérie xenopie dans le réseau d'eau de la clinique. Les trois praticiens sont notamment poursuivis pour "blessures involontaires" et "tromperie".
Cette bactérie a provoqué chez 58 patients opérés des lombaires ou des cervicales entre janvier 1988 et mai 1993 l'apparition d'une maladie s'apparentant à une tuberculose osseuse. Une quarantaine de victimes se sont constituées parties civiles.
"Le plus gros scandale français"
Les intéressés contestent entièrement les accusations. "Au regard des connaissances et des pratiques de l'époque, toutes les précautions sanitaires ont été prises", argumente Me Leclere, avocat du Dr Pierre Sagnet, directeur de l'établissement à l'époque des faits. Il souligne le "paradoxe" de voir poursuivis les médecins à titre individuel et non la clinique, au titre de personne morale, comme organisatrice du protocole sanitaire. "Un chirurgien est-il responsable de la qualité du réseau d'eau de la clinique qui l'emploie? Non, à l'évidence", insiste Me Flécheux, avocat de Didier Bornert, l'un des médecins ayant opéré les patients contaminés, comme ses co-prévenus les Drs Sagnet et Patrick Béraud.
Alors que la défense s'attache à minimiser la portée d'un procès "très éloigné des accusations de départ", les parties civiles insistent sur le caractère exemplaire de cette affaire. "C'est le symbole de presque tout ce qu'il ne faut pas faire en matière de 'médecine business' et le point de départ de la mise en lumière des maladies nosocomiales dans l'opinion publique", estime Me Patrick de la Grange, qui défend les intérêts de plusieurs victimes. "C'est le plus gros scandale français en matière de maladie nosocomiale. Il y a eu un avant et un après Clinique du sport", observe Alain-Michel Ceretti, époux de l'une des victimes.
L'ex-directeur de la Clinique du Sport est également poursuivi pour avoir attendu plusieurs années avant de prendre les mesures destinées à stopper la contamination. En octobre 1997, des milliers de patients de la clinique avaient été rappelés, sur injonction du ministère de la Santé, pour faire l'objet d'un dépistage systématique.
(D'après agence)
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