Le général Rondot, personnage clé de l'affaire Clearstream © TF1/LCIAprès Dominique de Villepin, c'est une autre figure du procès Clearstream qui est impatiemment attendue aux audiences de cette semaine : la déposition du général Philippe Rondot, le jour de ses 73 ans, est tout particulièrement guettée par l'accusation, qui espère étayer ses soupçons à l'encontre de l'ancien Premier ministre, jugé notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse". A l'époque des faits "conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales" au ministère de la Défense, Philippe Rondot a de brillants états de service, avec à son actif l'arrestation en 1994 au Soudan de l'activiste Ilich Ramirez Sanchez, dit "Carlos", et sa remise à la France.
Ses notes personnelles, saisies lors de l'enquête début 2006 ou retrouvées après l'exploitation de ses ordinateurs, contredisent la version des faits présentée mercredi dernier à l'audience par Dominique de Villepin. Dans cette affaire de dénonciation calomnieuse, une phrase imputée à l'ancien Premier ministre transcrite sur une note de Rondot datée du 19 juillet 2004 laisse penser, selon l'accusation, qu'il était animé de mauvaises intentions: "Si nous apparaissons, le PR (président de la République-NDLR) et moi, nous sautons".
"Enjeu politique, Sarkozy"
Dominique de Villepin a démenti mercredi toutes les mentions portées sur les notes, expliquant qu'elles ne constituaient pas des comptes rendus mais des réflexions générales. L'ex-Premier ministre assure n'avoir abordé l'affaire des faux listings qu'une seule fois, lors d'une réunion le 9 janvier 2004 au ministère des Affaires étrangères. Le général Rondot était alors venu présenter le problème posé par ces listings qui devaient se révéler faux et imputaient la détention d'argent sale à des centaines de personnalités. Il était venu en compagnie du vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, qui avait obtenu ces fichiers fin 2003. Dominique de Villepin assure qu'il n'a pas été question de Nicolas Sarkozy, mais une note du général Rondot rédigée ce 9 janvier 2004 porte les mentions "enjeu politique, Sarkozy", "fixation sur N. Sarkozy (ref conflit Chirac)", "un compte couplé (?) N.Sarkozy Stéphane Bocsa" et "les liens Sarkozy-Dassault".
Pendant l'instruction, après une première déposition, le général Rondot a refusé de témoigner, même lorsque les magistrats l'ont fait conduire par la force dans leur cabinet. Le militaire a vu ses activités secrètes exposées au grand jour par l'affaire, les notes prises dans d'autres affaires ayant été aussi versées au dossier. Il est ainsi apparu qu'il avait enquêté en 2002 sur la supposée existence d'un compte bancaire secret détenu par Jacques Chirac au Japon, ce qui a valu à l'ancien chef de l'Etat d'être ensuite inquiété sur le sujet par un juge de Tahiti. D'autres notes du général font état de son intervention en Espagne en 2002 pour faire libérer deux agents secrets français écroués après avoir été arrêtés avec des armes de précision, ou encore de supposés projets d'assassinats d'activistes d'Al Qaïda par les services secrets français en 2001.
D'après agences
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