Denis Robert © LCI![]() |
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Les réquisitions ont débuté mardi après-midi par la demande de relaxe du journaliste Denis Robert, poursuivi pour recel de vol et d'abus de confiance. Après une introduction générale par le procureur de Paris Jean-Claude Marin, son substitut Romain Victor a analysé les prémices de l'affaire.
Concernant Denis Robert, auteur de cinq ouvrages sur la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, le parquetier a demandé sa relaxe. Le journaliste-enquêteur est poursuivi pour avoir recelé les listings bancaires authentiques de Clearstream que lui avait fourni l'auditeur Florian Bourges. Il les avait ensuite remis à Imad Lahoud, qui selon l'accusation les aurait ensuite falsifiés et y aurait ajouté des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, afin de faire croire que ces personnes détenaient des comptes occultes à l'étranger.
Denis Robert est passible d'une peine maximale de 5 ans de prison et 375.000 euros d'amende, éventuellement assortie d'une privation des droits civiques. Romain Victor a estimé mardi que Denis Robert avait "singulièrement manqué de prudence", et avait bien eu "connaissance de l'origine frauduleuse des listings", mais a considéré qu'il n'existait pas "d'élément intentionnel" de ce recel.
"Complice malveillant"
Peu après, le vice-procureur Romain Victor, a jugé que la dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream était "l'oeuvre" de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, et le mathématicien Imad Lahoud a été son "complice intéressé et malveillant" ."Stratège de très haut niveau", Jean-Louis Gergorin est "un prévenu peu banal", a reconnu le représentant du ministère public. Quant à son ancien employé à EADS, Imad Lahoud, taxé à de nombreuses reprises de "mythomane" à l'audience, "il fait figure de complice intéressé et malveillant". Pour le représentant de l'accusation, "les dénonciations servaient les intérêts respectifs, matériels et moraux, de l'un et de l'autre".
L'affaire Clearstream est une vaste affaire de manipulation au cours de laquelle les deux hommes auraient ajouté des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires afin de faire croire que ces personnes détenaient des comptes occultes à l'étranger. Poursuivis pour "dénonciation calomnieuse", "faux et usage de faux" et "recel d'abus de confiance et de vol", Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin encourent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.
Honneur bafoué
De son côté, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, a débuté son réquisitoire en assurant que l'enquête menée autour de l'affaire Clearstream n'avait pas été dirigée par Nicolas Sarkozy, contrairement aux allégations concernant une ingérence supposée du président. "Le ministère public et les magistrats instructeurs n'ont pas eu une analyse strictement identique des actes des différents prévenus", a-t-il rappelé. Ainsi, les juges instructeurs considèrent que Dominique de Villepin a joué "un rôle d'instigateur et de commanditaire de la dénonciation", là où le parquet s'est prononcé pour "une complicité par abstention volontaire". "Ces divergences d'analyse prouvent encore que le doigt d'une partie civile n'a pas réglé le cours de ce dossier", a-t-il conclu. Cette "ténébreuse affaire" tient "du roman d'intrigue tant la réalité y côtoie la fiction", avait-il indiqué quelques minutes plus tôt. On a parlé du "procès du siècle", a-t-il poursuivi, avant de nuancer : "Certes, ce siècle n'a que neuf ans, mais pourquoi tant de bruit?"
"Ce procès n'est pas un procès politique, même si pour un des prévenus, les arrières-pensées sur son avenir politique ne sont pas complètement absentes". "Ce procès, c'est le procès de méthodes inacceptables, (...), de comportements accomplis par des hommes, pour lesquels la fin peut justifier les moyens", a encore dit le procureur de Paris, qui s'est engagé à "établir deux choses" durant son réquisitoire : primo, "qui a détourné les documents bancaires, qui les a falsifiés, comment ont-ils été modifiés" et secundo, "qui a organisé ou profité de ces manipulations qui ont jeté l'opprobre sur des femmes et des hommes dont l'honneur a été bafoué".
Le réquisitoire devrait durer environ 6 heures. Les peines requises par le parquet devraient être connues en soirée.
D'après agence
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