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> Pour ses avocats, Villepin est "in-no-cent"
La défense de Dominique de Villepin a commencé mercredi à plaider devant le tribunal correctionnel de Paris au procès d'une manipulation menée avec de faux listings de comptes bancaires de Clearstream. Avec un seul et même objectif : obtenir la relaxe de leur client. Luc Brossolet et Olivier d'Antin, ont démarré les premiers. Dominique de Villepin est victime d'un "préjugé" judiciaire et l'accusation a retenu contre lui les déclarations des autres protagonistes de l'affaire alors qu'il est avéré qu'ils ont constamment menti, a dit Me Brossolet. "Le préjugé est le chemin le plus court, le plus sûr vers l'injustice", a-t-il dit.
Il a ensuite brocardé la "schizophrénie" des accusations contre son client, piégé par "le tri" sélectif entre les mensonges et les vérités servis par les prévenus Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, et le général Rondot, témoin essentiel. "Elle n'est pas digne cette instruction judiciaire", a-t-il déploré, estimant que le dossier avait été monté sur initiative politique du chef de l'Etat. "Le dossier porte l'empreinte de son désir, d'un désir quasi hystérique, d'un désir de prince capricieux", a dit Me Brossolet.
Pour Me Olivier Metzner, qui a repris le flambeau de la défense dans l'après-midi, "les mensonges politiques ne font pas de bonnes vérités judiciaires". Il a dit au procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui a demandé mardi 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende contre Dominique de Villepin, qu'il avait agi sur ordre de l'Elysée. "On rédige mieux au faubourg Saint-Honoré (adresse de l'Elysée) qu'au boulevard du Palais", a lancé l'avocat au magistrat. Me Metzner a rappelé que Jean-Claude Marin n'avait pas voulu poursuivre Dominique de Villepin en 2006 et 2007, quand il était à Matignon, avant de faire volte-face en 2008.
"Aucun parquet n'a jamais reproché à personne de n'avoir rien fait"
L'avocat a critiqué le raisonnement juridique du procureur, qui reconnait que Dominique de Villepin n'a été ni l'instigateur, ni l'organisateur d'une manipulation contre Nicolas Sarkozy, mais en a été le complice "par abstention", c'est-à-dire pour ne l'avoir pas dénoncée en juillet 2004. Me Metzner juge cette analyse aberrante en droit, "aucun parquet n'ayant jamais reproché à personne de n'avoir rien fait". L'avocat a estimé que si le fait de ne pas dénoncer l'existence des faux listings en juillet 2004 devait être reproché à Dominique de Villepin, on pouvait aussi le reprocher à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, qui avait les mêmes informations que lui en juillet 2004.
Nicolas Sarkozy lui-même, à l'époque ministre de l'Economie, pourrait aussi se le voir reprocher, puisqu'il était bien placé pour savoir que les listings étaient faux, a dit Me Metzner. "Si quelqu'un savait la vérité, savait qu'il n'avait pas de compte à l'étranger, c'est bien Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a été informé de l'affaire à ce moment, voire avant, mais il n'a porté plainte qu'en 2006.
Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l'homme, également recruté avant le procès par Dominique de Villepin, devait conclure les plaidoiries dans la soirée. La défense de Jean-Louis Gergorin, Imad Lahoud et du journaliste Denis Robert doit plaider jeudi et vendredi. Le jugement sera mis en délibéré, sans doute jusqu'à début 2010.
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