Grégory Villemin © DR![]() |
"On risque d'ouvrir la machine à dérapage" |
Les mots ne sont pas trop forts. Les parents du petit Grégory, dont le meurtre en octobre 1984 n'a jamais été élucidé, ont fait jeudi de leur satisfaction après l'annonce des nouvelles expertises sur des scellées. "Christine et Jean-Marie Villemin sont très satisfaits (...) ils ont toujours cru qu'un jour on pourrait avancer sur le chemin de la vérité", a dit Me Marie-Christine Chastant-Morand, l'une des conseils du couple, lors d'une conférence de presse à Paris. "Ce rapport permet d'ouvrir des pistes nouvelles, cette expertise est prometteuse pour l'avenir", a-t-elle ajouté, rappelant que les époux Villemin étaient pour l'instant les seuls protagonistes de l'affaire à avoir donné leur ADN.
Me Thierry Moser, l'avocat mulhousien des Villemin, a fait part du "grand espoir" des parents de Grégory. "Ce combat pour la vérité (...) ce combat sacré, c'est le but de leur existence", a-t-il poursuivi, "ils sont très heureux de ces résultats prometteurs et encourageants". "C'est une étape primordiale sinon le dossier était bouclé, fini", a souligné Me Chastant-Morand.
La précédente réouverture du dossier en 2000 n'avait rien donné en terme d'expertise mais avait permis d'empêcher la prescription de l'affaire. Les deux avocats demandent maintenant "le temps de digérer ce rapport d'expertise de plus de 40 pages" qu'ils n'ont eu en main de "depuis quelques heures". Ils comptent consulter des conseils scientifiques, notamment le professeur Margot de la police technique et scientifique de Lausanne (Suisse), afin de déterminer les "investigations complémentaires" qu'ils demanderont aux magistrats de Dijon, pas avant "au moins deux mois". "Nous sommes repartis dans une enquête au long cours : je ne pense pas que nous ayons des choses précises avant l'automne 2010", a estimé Me Moser.
"Gesticulations de l'avocat du principal suspect"
Il s'est félicité d'être "en bonne compagnie" dans ce dossier "avec des magistrats motivés et décidés", citant le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, et le président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, Jean-François Pontonnier. Revenant sur le rapport, Me Moser a souligné qu'il établissait de manière formelle que Jean-Marie Villemin était le père de Grégory quand "certains esprits malveillants avaient mis en doute" cette paternité. Ce "ragot" avait été "repris à son compte par les messieurs de la police judiciaire de Nancy qui ont dit dans ce dossier tout et n'importe quoi", a fustigé Me Moser.
Par ailleurs, l'expertise montre que l'"on n'a pas trouvé d'ADN sur ces cordelettes (qui avaient servi à entraver le petit Grégory, ndlr) appartenant ou à Jean-Marie ou à Christine et c'est la démonstration du caractère absolument abject de la théorie développée en son temps par certains enquêteurs et qui avait abouti à l'inculpation le 5 juillet 1985 de Mme Villemin", a ajouté Me Moser. Il a par ailleurs souligné les "gesticulations de l'avocat du principal suspect (Bernard Laroche, ndlr), quelque peu fébrile et soucieux des résultats de cette expertise".
Me Chastant-Morand a elle mis l'accent sur la lettre où ont été découverts deux ADN "complets" : "il n'est pas anodin" de noter qu'elle a été "postée un 24 juillet" (1985, soit près de quatre mois après la mort de Bernard Laroche), "c'est-à-dire le jour de la Sainte-Christine".
(D'après agences)
L'affaire, très médiatisée, avait donné lieu à un véritable feuilleton judiciaire.
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