Michèle Alliot-Marie, le 24 décembre 2008 © TF1-LCIAu lendemain des déclarations du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, annonçant qu'une "réflexion" était en cours sur le prolongement à quatre jours, au lieu de 48 heures maximum, de la garde à vue pour les crimes sexuels, Michèle Alliot-Marie a fait une mise au point. "Il n'y a pas aujourd'hui de décision" sur la question, mais une réflexion globale sur la garde à vue, a-t-elle indiqué sur RMC. Avant de rappeler que cette compétence lui revient, et non à Brice Hortefeux : "Pour l'instant c'est au ministre de la Justice qu'il revient de proposer des mesures sur la garde à vue".
Une garde à vue annulée à Bobigny faute d'avocat
France Info annonce ce matin qu'une garde à vue a été annulée la semaine dernière à Bobigny car il n'y avait pas d'avocat dans la première heure de garde à vue.
Publié le 03/12/2009
La garde des Sceaux a précisé que le cadre de cette réflexion était la mission que lui avait confiée le président de la République après la remise du rapport Léger. Ce rapport issu de la concertation d'un comité de réflexion présidé par le haut magistrat Philipe Léger a été remis début septembre à Nicolas Sarkozy et comprend une série de propositions pour réformer la procédure pénale. "Nous avons des groupes de travail en train de travailler là-dessus, le président m'a demandé de faire des propositions", a expliqué la ministre. "Nous sommes en train de voir comment la garde à vue peut permettre d'avoir une reconnaissance d'un délit tout en préservant les conditions de la liberté et les droits des individus".
Efficacité avant tout
La ministre a souhaité que ce travail soit guidé par un souci "d'efficacité" : "ce qui m'intéresse, c'est qu'on arrive à faire dire à quelqu'un ce qu'il en a été, que ce soit devant des policiers en garde à vue ou devant un magistrat pendant l'instruction", a observé Michèle Alliot-Marie.
Concernant la question des remises de peine pour les criminels sexuels, relancée après l'enlèvement et le meurtre de Marie-Christine Hodeau, tuée le 28 septembre près de Milly-la-Forêt par un récidiviste, la garde des Sceaux s'est montrée en accord avec Brice Hortefeux estimant qu'une remise de peine doit être conditionnée à un suivi médical et psychiatrique. "S'ils ne suivent pas le traitement ou s'il y a la moindre anicroche, il n'y a pas de remise de peine", a résumé la ministre. Elle a ajouté qu'elle entendait proposer "dans les toutes prochaines semaines une mesure qui permettra un suivi psychiatrique et médical, avec les moyens indispensables, non seulement en prison et mais aussi à l'extérieur de la prison". Parmi les instruments de ce suivi figurera la castration chimique, a-t-elle confirmé.
Le projet de loi sur la récidive dans lequel ce dispositif s'inscrira devrait être examiné "en commission d'ici fin octobre, en première lecture à l'Assemblée nationale tout début novembre et au Sénat, fin novembre, début décembre", selon la ministre.
D'après agence
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