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"L'Angola semble lâcher ses anciens intermédiaires"
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Après six mois de procès, d'octobre 2008 à mars 2009, le tribunal correctionnel de Paris a rendu mardi son jugement à l'encontre des 42 personnalités présumées impliquées dans une vaste affaire de commerce d'armes vers l'Angola au milieu des années 90, surnommée "Angolagate". Un jugement particulièrement sévère.
Prison ferme pour Falcone, Gaydamak, Pasqua et marchiani
Pierre Falcone, principal protagoniste de l'affaire, a été condamné à six ans de prison ferme et a été arrêté à l'audience. Il était le patron de la société ayant vendu 790 millions de dollars d'armes à l'Angola pour un bénéfice de près de 400 millions de dollars. Son associé Arcadi Gaydamak, en fuite et visé par un mandat d'arrêt, a aussi été condamné à six ans de prison. La justice reproche aux deux hommes d'avoir, de 1993 à 1998, vendu à l'Angola, alors en pleine guerre civile, des armes provenant de l'ancien bloc soviétique, sans avoir reçu d'autorisation de l'Etat Français. Elle reproche aux autres prévenus d'avoir bénéficié de "pots-de-vin".
A l'encontre du sénateur Charles Pasqua, absent mardi, le tribunal a prononcé une peine d'un an de prison ferme et deux ans avec sursis et 100.000 euros d'amende pour trafic d'influence. Jean-Charles Marchiani écope lui de trois ans de prison, dont 21 mois avec sursis pour complicité de trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux.
Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak et Charles Pasqua ont aussitôt fait savoir, par le biais de leurs avocats, qu'ils allaient faire appel.
Sursis pour le fils Mitterrand, relaxe pour Attali et Fenech
Jean-Christophe Mitterrand, le fils de l'ancien président de la République, écope de deux ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende, le romancier Paul-Loup Sulitzer de 15 mois avec sursis et 100.000 euros d'amende pour recel d'abus de bien sociaux. L'avocat Allain Guilloux a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et 500.000 euros d'amende pour blanchiment.
Le consultant Jacques Attali a, en revanche, été relaxé. Déjà, le parquet avait demandé la relaxe, estimant qu'il avait bien touché de l'argent, mais que les sommes étaient liées à un "travail effectif", une étude sur le microcrédit. L'ancien conseiller de François Mitterrand était accusé d'avoir reçu 160.000 dollars pour, de 1997 à 1999, user de son influence auprès de Bercy et du ministre des Affaires étrangères de l'époque, Hubert Védrine, afin de résoudre les ennuis fiscaux des deux associés.
Georges Fenech, magistrat et président de la Miviludes (mission contre les sectes), a lui aussi été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Paris du chef de recel d'abus de biens sociaux, mais contre l'avis du parquet qui avait requis 6 mois de prison avec sursis. L'Association professionnelle des magistrats, que dirigeait l'ex-député UMP Georges Fenech, âgé de 55 ans, était soupçonnée d'avoir perçu indûment une somme de 15.000 euros.
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