Francis Evrard © TF1/LCIAprès avoir entendu le suspect puis la victime, la cour d'assises du Nord, qui juge depuis lundi Francis Evrard pour l'enlèvement et le viol du petit Enis en août 2007 à Roubaix, s'est penché mercredi sur le volet médico-judiciaire de l'affaire, révélant les carences de la chaîne pénitentiaire qui ont laissé ce multirécidiviste livré à lui-même à sa sortie de prison.
Affaire Evrard : l'heure du procès
Francis Evrard comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises à Douai pour répondre de l'enlèvement, de la séquestration et du viol d'Enis, 5 ans, en août 2007 à Roubaix.
Publié le 25/10/2009
Affaire Evrard : le médecin de la prison à la barre
Les médecins de la prison de Caen ont été entendus par la cour d'Assises de Douai. Ils ont dû expliquer pourquoi du viagra a été prescrit du Viagra à ce pédophile récidiviste.
Publié le 28/10/2009
Elément essentiel d'une affaire qui avait relancé la polémique sur la prise en charge des délinquants sexuels, le médecin de la prison de Caen qui avait délivré du viagra à Francis Evrard un mois avant sa libération s'est expliqué mercredi à la barre. Et son, axe de défense est simple : "Le médecin de prison n'a pas accès au dossier pénal du détenu et je ne veux pas le connaître (...), ça n'est pas pour ça que je me suis engagé dans la médecine pénitentiaire", a ainsi déclaré Philippe Guivarch. Le médecin assure qu'aujourd'hui il consulterait ses confrères "pour avis". "J'ai pris conscience que cette prescription avait choqué des gens", a-t-il dit. Selon le praticien, Evrard avait fait état de "difficultés sexuelles" et confié qu'"il voulait refaire sa vie".
"Le viagra ne crée pas de pulsions"
Toutefois, le rôle joué par le viagra dans les faits pour lesquels Francis Evrard est jugé à Douai n'a été que brièvement évoqué. Il devrait l'être jeudi avec le témoignage d'un expert. "Le viagra, à ma connaissance, ne crée pas de pulsions", a toutefois indiqué le médecin en précisant faire "confiance" à ses patients. "Eh bien moi, je ne ferais pas confiance à votre place", a répliqué Me Emmanuel Riglaire, avocat de la partie civile, qui estimait avant le procès que cela revenait à "mettre une kalachnikov dans les mains d'un braqueur".
La cour avait auparavant entendu plusieurs personnes en charge du suivi de Francis Evrard sur les circonstances qui lui avaient permis de se soustraire à ses obligations de soin et de surveillance à partir de sa sortie le 2 juillet 2007, six semaines avant l'enlèvement du petit Enis, le 15 août à Roubaix. Dénonçant de "graves dysfonctionnements", Me Jérôme Pianezza, pour la défense, avait fait citer une juge d'application des peines (JAP) de Rouen -où Evrard avait indiqué vouloir se rendre à sa sortie- qui lui avait envoyé une convocation le 16 août 2007, soit quelques heures après son arrestation à Roubaix.
"Certains cherchent à se couvrir"
Les explications de la juge laissent perplexes : "Je suis partie en vacances le 16 juillet après-midi, je suis revenue le 13 août mais je n'ai pas consulté mes dossiers avant le 16. La semaine où le dossier arrive (pendant ses vacances, ndlr), mes deux collègues sont là, mais je ne peux pas expliquer pourquoi le dossier n'est pas traité", a affirmé Valérie de Saint-Félix. Et la juge de Rouen de poursuivre son argumentation : "Le caractère particulièrement sensible du dossier n'a pas été signalé en amont, avant sa transmission par courrier" par le JAP de Caen qui aurait dû téléphoner ou envoyer un fax à cet effet. "Certains cherchent à se couvrir", a fulminé l'avocat. Quant à Evrard, qui ne contacte le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) de Rouen que le 10 juillet, il affirme qu'on ne l'avait pas informé précisément de ses obligations. In fine, il ajoute comme une évidence: "Je voulais prendre huit jours de détente.Je venais quand même de faire 20 ans de prison".
(D'après agence)
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