Procès Evrard : le viagra au coeur des débats

le 28 octobre 2009 à 22h05 , mis à jour le 29 octobre 2009 à 07h08

La cour d'assises du Nord a entendu mercredi le médecin de la prison de Caen qui avait prescrit à Evrard du viagra, un médicament contre les troubles de l'érection.

Francis EvrardFrancis Evrard © TF1/LCI

Après avoir entendu le suspect puis la victime, la cour d'assises du Nord, qui juge depuis lundi Francis Evrard pour l'enlèvement et le viol du petit Enis en août 2007 à Roubaix, s'est penché mercredi sur le volet médico-judiciaire de l'affaire, révélant les carences de la chaîne pénitentiaire qui ont laissé ce multirécidiviste livré à lui-même à sa sortie de prison.

  • Affaire Evrard : l'heure du procès

    Francis Evrard comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises à Douai pour répondre de l'enlèvement, de la séquestration et du viol d'Enis, 5 ans, en août 2007 à Roubaix.

    Publié le 25/10/2009 Affaire Evrard : l'heure du procès
  • Affaire Evrard : le médecin de la prison à la barre

    Les médecins de la prison de Caen ont été entendus par la cour d'Assises de Douai. Ils ont dû expliquer pourquoi du viagra a été prescrit du Viagra à ce pédophile récidiviste.

    Publié le 28/10/2009 Affaire Evrard : le médecin de la prison à la barre
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Elément essentiel d'une affaire qui avait relancé la polémique sur la prise en charge des délinquants sexuels, le médecin de la prison de Caen qui avait délivré du viagra à Francis Evrard un mois avant sa libération s'est expliqué mercredi à la barre. Et son, axe de défense est simple : "Le médecin de prison n'a pas accès au dossier pénal du détenu et je ne veux pas le connaître (...), ça n'est pas pour ça que je me suis engagé dans la médecine pénitentiaire", a ainsi déclaré Philippe Guivarch. Le médecin assure qu'aujourd'hui il consulterait ses confrères "pour avis". "J'ai pris conscience que cette prescription avait choqué des gens", a-t-il dit. Selon le praticien, Evrard avait fait état de "difficultés sexuelles" et confié qu'"il voulait refaire sa vie".

"Le viagra ne crée pas de pulsions"
 
Toutefois, le rôle joué par le viagra dans les faits pour lesquels Francis Evrard est jugé à Douai n'a été que brièvement évoqué. Il devrait l'être jeudi avec le témoignage d'un expert. "Le viagra, à ma connaissance, ne crée pas de pulsions", a toutefois indiqué le médecin en précisant faire "confiance" à ses patients. "Eh bien moi, je ne ferais pas confiance à votre place", a répliqué Me Emmanuel Riglaire, avocat de la partie civile, qui estimait avant le procès que cela revenait à "mettre une kalachnikov dans les mains d'un braqueur".
 
La cour avait auparavant entendu plusieurs personnes en charge du suivi de Francis Evrard sur les circonstances qui lui avaient permis de se soustraire à ses obligations de soin et de surveillance à partir de sa sortie le 2 juillet 2007, six semaines avant l'enlèvement du petit Enis, le 15 août à Roubaix. Dénonçant de "graves dysfonctionnements", Me Jérôme Pianezza, pour la défense, avait fait citer une juge d'application des peines (JAP) de Rouen -où Evrard avait indiqué vouloir se rendre à sa sortie- qui lui avait envoyé une convocation le 16 août 2007, soit quelques heures après son arrestation à Roubaix.

"Certains cherchent à se couvrir"

Les explications de la juge laissent perplexes : "Je suis partie en vacances le 16 juillet après-midi, je suis revenue le 13 août mais je n'ai pas consulté mes dossiers avant le 16. La semaine où le dossier arrive (pendant ses vacances, ndlr), mes deux collègues sont là, mais je ne peux pas expliquer pourquoi le dossier n'est pas traité", a affirmé Valérie de Saint-Félix. Et la juge de Rouen de poursuivre son argumentation : "Le caractère particulièrement sensible du dossier n'a pas été signalé en amont, avant sa transmission par courrier" par le JAP de Caen qui aurait dû téléphoner ou envoyer un fax à cet effet. "Certains cherchent à se couvrir", a fulminé l'avocat. Quant à Evrard, qui ne contacte le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) de Rouen que le 10 juillet, il affirme qu'on ne l'avait pas informé précisément de ses obligations. In fine, il ajoute comme une évidence: "Je voulais prendre huit jours de détente.Je venais quand même de faire 20 ans de prison". 

(D'après agence)

le 28 octobre 2009 à 22:05
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17 Commentaires

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  • Bibiche, le 29/10/2009 à 12h57

    On s'en fou qu'il, en ai pris ou pas. c son geste qu'il faut condamné c a dire lui. la taule a vie et c tout.. pensez un peu a ce petit bonhomme. ca vie a basculee et vous vous inquieter du viagra???????? mais qu'est ce que on s'en fou. c lui la cause du mal et c ca qu'il faut juger. c tout.

  • Plume, le 29/10/2009 à 12h29

    Ce médecin est nul !

  • étudiant droit, le 29/10/2009 à 12h13

    Il est claire que la justice française éprouve de nombreuses difficultés aujourd'hui à être crédible. Mais elle n'est peut etre pas la seule responsable. En effet quand Monsieur le Président de la République a abordé le problème de la récidive (pour une fois un sujet important qu'il SOUHAITAIT traiter) cela a fait débat. lorsque l'on voit que les criminels sexuels ne sont qu'à peine concernés par les "mesures prises". Plutot que de nous bombarder de réforme inutiles et secondaire, pourquoi nos chers députés (incompétents et fénéants pour une bonne partie quand on voit les séances de l'assemblée nationale) ne font pas en sorte de travailler efficacement, c'est a dire correctement et rapidement, pour apporter des solutions à des problèmes de ce genres qui deviennent de plus en plus fréquents de nos jours ?? La justice est bien trop souvent en première ligne mais est-elle vraiment si inefficace que cela quand on voit le nombre de dossier sur les bureaux des juges ??

  • MArtine, le 29/10/2009 à 10h48

    Que je sache si il avait une ordonnance pour ce Viagra, il avait le droit d'en prendre ! Ce n'est pas interdit par la loi française !

  • Ohdohd, le 29/10/2009 à 10h17

    Et si tout simplement, on intentait un procés contre ce médecin fantoche, que l'on le mette au trou pendant 5 ans en l(obligeant de prendre des cours de rattrapage pour parfaire son métier et dissiper son arrogance.

  • Pervenche, le 29/10/2009 à 09h44

    Alors que l'on préconise la castration chimique, la prison lui donne du viagra pour sortir !!!!!! carton rouge !!!!

  • Mabouk, le 29/10/2009 à 09h41

    L'avocat en partie civile a du fil à retordre avec tous les protagonistes visiblement...chacun se dédouane; c'est ecoeurant!

  • Brelandas, le 29/10/2009 à 09h20

    A machin de Belgrade, chacun ses tares; chez vous c'est les supporteurs de foot qui dégomment les gens dans la rue...

  • Lekzy, le 29/10/2009 à 08h00

    Si un type qui passe 20 ans en prison (donc 20 ans sans femmes) a besoin de viagra à sa sortie, ça devrait interpeller le médecin. Mais là, non, on donne à la demande. Et nos médicaments à nous sont de plus en plus déremboursés. Il va falloir inventer un viagra cérébral pour ces toubibs qui ne voient pas plus loin que le bout........ de leur nez

  • Angèle, le 29/10/2009 à 07h54

    Est-on bien sur la planète Terre ? C'est à croire que chaque jour fait que l'information doit être plus hallucinante que celle de la veille !!!

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