Photo de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, affichée au square de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, qui porte désormais son nom (1er novembre 2005) © www.abacapress.comLe 29 octobre 1965 disparaissait en plein Paris Mehdi Ben Barka, chef de file de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme. L'affaire n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires : le corps de l'opposant n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n'ont pas été établies. On sait pourtant que Ben Barka a disparu devant la brasserie Lipp, lors d'une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français.
Affaire Ben Barka: la DGSE perquistionnée
Un juge d'instruction parisien a perquisitionné cet été le siège de la Direction générale de la sécurité extérieure dans l'enquête sur la disparition à Paris en 1965 de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka.
Publié le 11/10/2010
Quarante-quatre ans après les faits, quatre mandats d'arrêts internationaux émis par la France viennent d'être diffusés par Interpol. La diffusion via le Bureau central d'Interpol en France de ces mandats, signés par le juge parisien Patrick Ramaël le 22 octobre 2007, fait suite à un récent feu vert du ministère français de la Justice, selon une source proche du dossier.
Pas de réaction officielle au Maroc
"Ces mandats avaient été diffusés à l'époque sur le territoire national mais avaient été bloqués au niveau européen et mondial", a expliqué l'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin. Ils visent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron de la Direction générale des Etudes et de la Documentation (DGED, renseignements militaires), Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l'enlèvement, et Abdlehak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains.
Ces mandats d'arrêt ont été relayés par Interpol au niveau international sous forme "d'avis de recherche internationaux à des fins d'extradition", communément appelés "red notices". Leur conséquence immédiate est que les personnes visées risquent l'arrestation dès qu'elles quittent le territoire marocain. Cette diffusion a lieu alors que le ministre français de l'Intérieur Brice Hortefeux est revenu mardi d'une visite de trois jours au Maroc, où il s'est notamment entretenu avec son homologue Chakib Benmoussa. Jeudi soir, le gouvernement marocain n'avait pas réagi officiellement à cette information.
"Réveiller les esprits endormis"
"C'est une surprise mais aussi une ancienne histoire qui revient à la surface chaque fois qu'une 'partie occulte' veut salir les relations excellentes entre le Maroc et la France", a toutefois déclaré une source proche du ministère de la Justice ayant requis l'anonymat. "Nous nous demandons qui est derrière cette annonce, qui ressemble à celle diffusée en 2007", a ajouté une autre source, également proche du ministère de la Justice. L'Association marocaine des Droits humains (AMDH) a pour sa part immédiatement appelé les autorités marocaines "à communiquer les informations en leur possession pour faire toute la lumière" sur cette affaire.
Le juge Ramaël avait émis au total cinq mandats d'arrêt en octobre 2007, mais le cinquième, visant un autre membre de Cab 1, n'a pas été relayé au niveau international en raison d'un problème de vérification d'identité, a confié une source proche du dossier. Leur émission en 2007, en pleine visite de Nicolas Sarkozy au Maroc, avait plongé la délégation française dans l'embarras. Le président français s'était retranché derrière le principe d'une justice "indépendante". Elle visait, selon Me Buttin, avocat de la famille depuis 44 ans, à "réveiller les esprits endormis" sur une affaire qui "fait partie des relations entre la France et le Maroc".
D'après agence
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