Villepin, Gergorin et Lahoud "associés" contre Sarkozy

Par Alexandra GUILLET (avec agences), le 19 octobre 2009 à 18h20 , mis à jour le 30 octobre 2009 à 14h19

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Lors de sa plaidoirie, l'avocat de Nicolas Sarkozy a accusé lundi Dominique de Villepin d'avoir participé à un complot visant à déstabiliser son rival politique à droite.

Thierry Herzog au procès ClearstreamThierry Herzog au procès Clearstream © DR
C'était l'un des moments les plus attendus du procès : la plaidoirie de Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, principale partie civile dans l'affaire de dénonciation calomnieuse Clearstream. L'avocat a soutenu à cette occasion que Dominique de villepin s'était allié au vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin et au cadre de cette société, Imad Lahoud, dès janvier 2004, pour mener une manipulation d'Etat. Fabriqués selon l'accusation par Imad Lahoud, de faux listings bancaires de la société luxembourgeoise Clearstream comportant des centaines de noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, avaient été remis à la justice en avril 2004 par Jean-Louis Gergorin, menaçant les intéressés. "Tant Jean-Louis Gergorin qu'Imad Lahoud et Dominique de Villepin se sont associés, se sont entendus", a dit l'avocat. "Aucun de ceux qui sont ici ne le sont par l'acharnement d'un homme", a-t-il dit, répondant aux déclarations publiques de Dominique de Villepin le premier jour du procès.
 
Pour lui, c'est dès la réunion du 9 janvier 2004 organisée au Quai d'Orsay sur les listings par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, que la conspiration a commencé. "L'affaire aurait dû s'arrêter ce jour-là", a-t-il dit. Cette thèse va plus loin que celle du procureur, qui estime que Dominique de Villepin n'a pas commis de délit pénal jusqu'en juillet 2004, mais qu'il est ensuite coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse" pour n'avoir pas dénoncé les faits.

Un euro symbolique
   
L'avocat du chef de l'Etat a balayé les critiques sur son maintien comme partie civile dans la procédure. La défense en demande le rejet car le chef de l'Etat a autorité sur une partie de la magistrature. "Nicolas Sarkozy est une partie civile comme une autre, n'en déplaise à certains, qui voudraient remplacer la justice par la politique", a dit l'avocat. L'avocat estime par ailleurs que Nicolas Sarkozy n'a exercé aucune pression sur la justice puisque, a-t-il dit, il n'a été auditionné qu'une seule fois à l'instruction et n'a fait aucune démarche. Ses contradicteurs notent toutefois que la trentaine de perquisitions de police de 2006, jusqu'au siège des services secrets et dans plusieurs ministères, sont intervenues après sa plainte, et alors qu'il était ministre de l'Intérieur.
 
Me Herzog a également précisé qu'il ne demanderait qu'un euro de dommages et intérêts à payer solidairement par les trois prévenus qu'il accuse. Il ne demandera pas non plus, contrairement à l'usage le remboursement des frais de procédure. Le procureur de Paris Jean-Claude Marin doit prendre ses réquisitions mardi, et la défense de Dominique de Villepin plaidera mercredi, avant celle des autres prévenus jeudi et vendredi. Le jugement sera mis en délibéré.

Une plaidoirie trop longue ?

Soupirs amusés, bâillements dans l'assistance.... Thierry Herzog a pris le temps pour plaider cet après-midi. Un peu trop de temps pour certains. "J'en arrive presque à la fin de cette première partie", déclarait-il à 16H15, après deux heures d'audience, petite remarque qui a provoqué un lourd soupir collectif. "J'entends que je suis peut-être un peu long, mais je suis seul contre quatre", s'est alors excusé l'avocat en plaisantant gentiment, avant de reprendre sa plaidoirie. A 16H45, fin de la "première partie", c'est au tour du président Dominique Pauthe de s'impatienter. "Je vous demanderais d'être plus bref, moins long", a-t-il suggéré à l'avocat du chef de l'Etat, lui donnant seulement trois quarts d'heure supplémentaires. "Je ferai en sorte d'écourter", s'est conformé l'avocat, après avoir rappelé que la défense de M. de Villepin disposait d'une journée entière pour plaider. Oui, mais les parties civiles ont eu trois journées entières, lui a répondu le président Pauthe. L'audience devait reprendre après une courte suspension. Durant cette suspension, certains avocats se disaient "choqués" de ces réprimandes à l'encontre de Me Herzog.

Par Alexandra GUILLET (avec agences) le 19 octobre 2009 à 18:20
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6 Commentaires

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  • chris60800, le 28/01/2010 à 11h22

    Oui c'est vrais vous ne savez rien de cette affaire, laisser les juges faire leur travail et la France ne sera je pense pas très chaud de lui refaire confiance s'il a commis des maladresses pour discréditer son rival!

  • Andre, le 20/10/2009 à 09h44

    Que la justice passe et que plus jamais ca-

  • Hervé B, le 20/10/2009 à 01h02

    Allons, ne vous impatientez donc pas en vain... On ne saura encore jamais rien du fond réel de cette affaire... entre procédure, réquisitoire et délibéré, le poisson suffoque déjà.. il sera bientôt noyé. L'histoire ne retiendra qu'une grosse maladresse de M. De Villepin, de n'avoir pas compris qu'il n'y avait aucune chance pour qui que ce soit, de stopper l'ascension irrésistible de M. Sarkozy vers le pouvoir. Cela, c'est un fait.

  • PIERRE, le 19/10/2009 à 23h11

    à Nono de Hyères: Je ne vois pas en quoi vous pouvez affirmer que Monsieur De Villepin est innocent, (à moins que vous ne puissiez en apporter la preuve), alors laissez donc faire la justice et de grace arrêtez de parler, (comme Ségolène Royal), au nom de la France pour une opinion qui, dans le cas présent, n'en est que personnelle.

  • Guy, le 19/10/2009 à 23h01

    A Nono "votre innocence ne fait aucun doute". Qu'en savez vous ? Vous avez assisté au procès, vous avez lu tout le dossier ? Laissez les juges faire leur travail. "La France attend votre grand retour" . Vous pouvez parler en votre nom, mais pas pour la France.

  • Nono, le 19/10/2009 à 21h21

    Bon courage Monsieur De Villepin ! Votre innocence dans cette affaire ne fait aucun doute La France attend, par ailleurs, votre grand retour

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