Thierry Herzog au procès Clearstream © DRPour lui, c'est dès la réunion du 9 janvier 2004 organisée au Quai d'Orsay sur les listings par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, que la conspiration a commencé. "L'affaire aurait dû s'arrêter ce jour-là", a-t-il dit. Cette thèse va plus loin que celle du procureur, qui estime que Dominique de Villepin n'a pas commis de délit pénal jusqu'en juillet 2004, mais qu'il est ensuite coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse" pour n'avoir pas dénoncé les faits.
Un euro symbolique
L'avocat du chef de l'Etat a balayé les critiques sur son maintien comme partie civile dans la procédure. La défense en demande le rejet car le chef de l'Etat a autorité sur une partie de la magistrature. "Nicolas Sarkozy est une partie civile comme une autre, n'en déplaise à certains, qui voudraient remplacer la justice par la politique", a dit l'avocat. L'avocat estime par ailleurs que Nicolas Sarkozy n'a exercé aucune pression sur la justice puisque, a-t-il dit, il n'a été auditionné qu'une seule fois à l'instruction et n'a fait aucune démarche. Ses contradicteurs notent toutefois que la trentaine de perquisitions de police de 2006, jusqu'au siège des services secrets et dans plusieurs ministères, sont intervenues après sa plainte, et alors qu'il était ministre de l'Intérieur.
Me Herzog a également précisé qu'il ne demanderait qu'un euro de dommages et intérêts à payer solidairement par les trois prévenus qu'il accuse. Il ne demandera pas non plus, contrairement à l'usage le remboursement des frais de procédure. Le procureur de Paris Jean-Claude Marin doit prendre ses réquisitions mardi, et la défense de Dominique de Villepin plaidera mercredi, avant celle des autres prévenus jeudi et vendredi. Le jugement sera mis en délibéré.
Une plaidoirie trop longue ? |
Soupirs amusés, bâillements dans l'assistance.... Thierry Herzog a pris le temps pour plaider cet après-midi. Un peu trop de temps pour certains. "J'en arrive presque à la fin de cette première partie", déclarait-il à 16H15, après deux heures d'audience, petite remarque qui a provoqué un lourd soupir collectif. "J'entends que je suis peut-être un peu long, mais je suis seul contre quatre", s'est alors excusé l'avocat en plaisantant gentiment, avant de reprendre sa plaidoirie. A 16H45, fin de la "première partie", c'est au tour du président Dominique Pauthe de s'impatienter. "Je vous demanderais d'être plus bref, moins long", a-t-il suggéré à l'avocat du chef de l'Etat, lui donnant seulement trois quarts d'heure supplémentaires. "Je ferai en sorte d'écourter", s'est conformé l'avocat, après avoir rappelé que la défense de M. de Villepin disposait d'une journée entière pour plaider. Oui, mais les parties civiles ont eu trois journées entières, lui a répondu le président Pauthe. L'audience devait reprendre après une courte suspension. Durant cette suspension, certains avocats se disaient "choqués" de ces réprimandes à l'encontre de Me Herzog. |
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