Villepin : participer aurait "signé la mort politique"

le 07 octobre 2009 à 20h55 , mis à jour le 30 octobre 2009 à 14h22

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Confronté pour la première fois au général Philippe Rondot, Dominique de Villepin a contre-attaqué mercredi, mettant en cause le général, témoin au procès.

[Expiré] [Expiré] Dominique de Villepin clearstream procès © AFP

"Je veux bien que l'on m'accuse de beaucoup de choses, mais de rivalités, de coups tordus non. Une dénonciation calomnieuse en matière politique a ceci de particulier qu'elle signe la mort de l'homme politique", qui la commet. "Ce serait ne pas avoir le sens de sa propre survie et de l'honneur." Dans une grande envolée, Dominique de Villepin s'est de nouveau défendu mercredi, à la barre du tribunal correctionnel de Paris dans le procès de l'affaire Clearstream, réfutant toute implication et se défendant d'avoir voulu "régler des comptes" avec Nicolas Sarkozy.
 
Une semaine après son audition, Dominique de Villepin s'est trouvé confronté à ses deux principaux contradicteurs : son coprévenu Jean-Louis Gergorin et le général Philippe Rondot, témoin au procès, qui avait enquêté dès 2003 sur les listings Clearstream pour le compte du ministère de la Défense. L'ancien Premier ministre est soupçonné d'avoir participé à cette machination au cours de laquelle des noms de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés dans des listings bancaires, afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes. Alors que Dominique de Villepin nie vigoureusement toute complicité, le général Rondot lui a apporté lundi, lors de son témoignage, de nombreuses contradictions. Le militaire avait notamment affirmé que le ministre était intervenu le 25 mars 2004 auprès de lui pour faire libérer Imad Lahoud, alors placé en garde à vue pour une affaire d'escroquerie.
 
Confrontés, les prévenus bataillent parole contre parole
 
"Je n'ai pas tenu ces propos", a répété Dominique de Villepin. "Je n'ai pas demandé la libération d'Imad Lahoud que je ne connaissais pas". Dans ses notes, Philippe Rondot "a résumé mes propos en une formule lapidaire, mais ce n'est pas la formule que j'ai moi-même employée", il y a eu une "incompréhension", une "mauvaise interprétation". Toujours aussi droit dans ses bottes, le général Rondot maintient ses premières déclarations : "je n'ai pas de raison d'inventer", "je ne suis pas un serpent avec un joueur de flûte". La partie de ping pong a ensuite continué entre Dominique de Villepin et l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin :
   - Gergorin : le 25 mars 2004, "j'ai joint indirectement M. de Villepin"
   - Villepin : "il ne m'a jamais joint ni directement ni indirectement au téléphone".
Se référant à la réunion du 9 janvier 2004, au cours de laquelle Jean-Louis Gergorin lui avait exposé, en présence du général Rondot, le système Clearstream, Dominique de Villepin a déclaré : "le général le dit bien (dans ses notes, ndlr), ce n'était pas une réunion de comploteurs, je ne lui ai pas demandé de venir avec ses fiches bristol et son petit crayon pour être le scribe d'un ministre qui complote". "Nous n'avons pas évoqué, à aucun moment Nicolas Sarkozy à cette réunion comme titulaire d'un compte Clearstream", a-t-il martelé, tandis que le général Rondot a maintenu que les noms patronymiques de Nicolas Sarkozy, Nagy et Bocsa, ont été cités ce jour-là.
 
Plus tôt, dans une ambiance pour le moins dissipée, le président Dominique Pauthe avait commencé par confronter au général Rondot les faussaires présumés, Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, qui se sont renvoyé la balle. Reprise du procès lundi, avec la fin des témoignages, avant les plaidoiries des parties civiles.

le 07 octobre 2009 à 20:55
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7 Commentaires

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  • Ricardo, le 08/10/2009 à 11h09

    Je répète mon message, C'EST PAS MOI C'EST LUI cela pourrait être le titre du dernier film.

  • Jean Bonde, le 08/10/2009 à 09h47

    Mort politique ? Trop tard, c'est fait ! Et depuis un moment déjà ...

  • Antonio, le 08/10/2009 à 05h18

    S'ils ont tous juré de dire la vérité, alors la vérité est bien compliquée et contradictoire.

  • LEROY Jean-Jacques, le 08/10/2009 à 01h07

    "Cet homme était le plus intelligent des hommes", la preuve, c'est qu'il le disait lui-même. (ZADIG) , dans CANDIDE ou l'ingénu, de VOLTAIRE. Jean-Jacques LEROY

  • Itchy007, le 08/10/2009 à 00h57

    Bah c le 1/4 d'heure de l"'accusé". Il y a des annés que le scénart est le même. Si vous lisez entre les lignes le trib n'est pas dupe. Reste à savoir le fin mot de l'histoire et faudra plus qu'un QI de pétoncle !!!!

  • Selim, le 08/10/2009 à 00h08

    Je crois dur comme fer que D D v est victime d'une machination, c'est un brillant homme politique qui fait bp de jaloux autour de lui,de par sa compétence, qui est reconnue mondialement,je souhaite que la justice de son pays,le dédouanera de toutes ses calomnies et qu'il retrouvera sa place parmi l'élite de son pays. bon courage

  • DIDIER, le 07/10/2009 à 22h49

    Quelle vérité va pouvoir sortir d'un tel foutoir ? C'est bien le but recherché rendre les choses inextricables de façon à ce que tout le monde doute de tout. Une décision impossible à prendre et qui de toutes façons sera contestée.

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