Voici les petites soeurs d'Edvige

Par F.L., le 18 octobre 2009 à 07h13 , mis à jour le 18 octobre 2009 à 16h42

Deux décrets du ministère de l'Intérieur, publiés dimanche au Journal Officiel, mettent en place les successeurs du fichier de police controversé, Edvige.

Policier devant son ordinateurPolicier devant son ordinateur © LCI

Une polémique avait enterré le fichier Edvige, une autre polémique fait rejaillir ses successeurs : deux décrets, parus dimanche au Journal Officiel sous les numéros 2009-1249 et 2009-1250, ont fait naître deux nouvelles bases de données policières pour la sécurité publique. L'une s'attache à la "prévention des atteintes à la sécurité publique", l'autre servira aux "enquêtes administratives liées à la sécurité publique". La naissance de ces fichiers de police avait été annoncée mardi par Brice Hortefeux, interrogé alors sur France Inter au sujet des violences de Poitiers. Le ministre de l'Intérieur avait reconnu la nécessité de nouveaux outils pour la police, notamment informatiques, tout en s'efforçant de désamorcer d'avance tout risque de nouvelle controverse sur ce "fichage" : "Edvige est mort, il n'est pas question de le remplacer".

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Si les violences de Poitiers semblent avoir servi de déclencheur, le projet de nouveaux fichiers de renseignement était dans les tuyaux depuis de longs mois. Plus précisément depuis le projet mort-né Edvige. Edvige, qui devait remplacer le fichier des RG à compter du 1er juillet 2008, avait été retiré par le gouvernement après une violente polémique et les vives critiques des associations de défense des droits de l'Homme et de l'opposition de gauche à propos du type de données sensibles qu'il prévoyait de collecter (santé, sexualité, personnalités, mineurs dès 13 ans).

La genèse des fichiers de "l'après Edvige"

Pour le remplacer, le ministère de l'Intérieur avait transmis en mai 2009 à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) une nouvelle version d'un fichier dit Edvirsp, censé remplacer Edvige. Récemment encore, des membres des services de renseignement faisaient part de leur impatience, s'étonnant que le dossier soit toujours en cours malgré leur "manque d'outils juridiques". Il est vrai que le projet avait été mené avec prudence de manière à éviter une redite du cas Edvige : il avait ainsi été, en cours de route et avant sa transmission à la Cnil, expurgé d'un passage controversé sur le fichage des personnalités exerçant un mandat ou jouant un rôle institutionnel, économique, social ou religieux "significatif".

Les deux nouveaux outils d'enquête qui prennent le relais des fichiers Edvige et Edvirsp ne recensent donc aucune personnalité de quelque domaine que ce soit, ni ne comportent de références à des opinions, à des origines ethniques, à la santé ou aux orientations sexuelles. La première de ces "bases de données" destinée à prévenir les atteintes à la sécurité publique "est ciblée sur les bandes, les hooligans et les groupuscules", a souligné dimanche le ministère de l'Intérieur. La seconde, relative aux "enquêtes administratives liées à la sécurité publique" contiendra des données sur les personnes postulant un emploi dans la police, la gendarmerie ou dans des sites sensibles (aéroports, centrales nucléaires, etc.). Les mineurs peuvent figurer dans la première dès 13 ans, 16 ans dans la seconde, mais avec un "droit à l'oubli" : effacement automatique trois ans (dix ans pour les majeurs) après "le dernier événement ayant donné lieu à l'enregistrement". Un prochain décret instituera un "référent national", magistrat administratif, chargé de veiller à son respect effectif.

"Toutes les garanties sont apportées pour respecter les libertés"

Les deux bases de données "ont reçu le feu vert de la Cnil, l'aval du Conseil d'Etat, tout ce qui posait problème dans Edvige a été retiré", a souligné l'Intérieur. De même, "toutes les garanties sont apportées pour respecter les libertés". Une circulaire adressée dimanche aux préfets, dresse la liste des données enregistrées et des dérogations éventuelles, comme celle permettant une référence à l'origine géographique, "parce que l'appartenance à un même quartier ou le partage d'un lieu de naissance peuvent jouer un rôle déterminant dans les phénomènes de bandes", explique l'Intérieur. Il en sera de même des activités sectaires ou de celles dans les domaines politique, philosophique, religieux ou syndical si elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique.

"La simple adhésion ou participation à un mouvement politique démocratique ou une candidature électorale dans ce cadre ne sauraient en aucune façon être mentionnées", affirme l'Intérieur. En revanche, même si son président Alain Bauer, y voit "un progrès sensible", le groupe de contrôle des fichiers relève qu'il "reste encore en attente des petites exploitations à traiter" comme "l'information économique et sociale", "les mentions de permis de séjour ou les naturalisations". Enfin, "les modalités de destruction des anciens fichiers sont toujours en attente d'une étude des Archives de France". 

Avec agences

Par F.L. le 18 octobre 2009 à 07:13
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27 Commentaires

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  • Martin, le 19/10/2009 à 03h00

    On donne trop de cartes de séjours, pas de barrages a la vérification de ces cartes de séjour bientot périmées pour certains et certaines. C'est quoi le prochain scénario, un impressario au commissario.

  • Kgbizz, le 18/10/2009 à 23h45

    Thank you big bricether

  • Minimat, le 18/10/2009 à 19h07

    Encore de l'argent de gâché. Le gouvernement Sarkozy ne sait vraiment pas quoi faire pour runier les caisses de l'Etat

  • Michel, le 18/10/2009 à 18h53

    Pour Lilice: c'est probablement en raison du fait que les fichiers n'ont pas le droit d'être interconnectés que l'on peut passer au travers. Tout celà ne profite qu'aux malfaiteurs et autres personnes recherchées. Le commun des mortels n'a pas à s'inquiéter s'il figure dans une base de données. On demande à la police d'être efficace de nous protéger et on lui en refuse les outils. Un policier n'a pas une boule de cristal pour deviner qui est honnête de qui ne l'est pas.

  • Franck, le 18/10/2009 à 17h22

    On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas demander à la police de surveiller dealers, récidivistes, pervers sexuels, bandes organisées, agresseurs et autres sans leur en donner les moyens. Je pense qu'il y aura suffisamment de barrières pour empêcher que des abus soient commis par les forces de l'ordre. De toute façon, il est clair que la police et le pouvoir politique qui la téléguide se donneront les moyens de surveiller ceux qu' ils estiment menacer la sécurité, avec ou sans fichier.... Mais comme dit Lilice, les fichiers ne sont pas suffisants !! Si déjà le Justice faisait son travail...

  • Jean Bonde, le 18/10/2009 à 15h16

    Faut pas généraliser trop vite Christopher de Levallois, avec "Facebook ... tout le monde ne s'inscrit pas sur "Facebook", mais tout le monde est fiché ...!!! Sauf les clandestins, non ?

  • Lilice, le 18/10/2009 à 14h24

    2 fichiers de plus pour surveiller les délinquants et les criminels...mouais... quand on voit qu'on peut être recherché par Interpol pour génocide et exercer la médecine dans un hôpital en toute tranquilité (et se faire serrer par une citoyenne lambda par un simple hasard) ou encore être un criminel auteur d'agression sexuel et viol tout en continuant à fréquenter les enfants et commettre encore ses perversions (sans voir sa condamnation inscrit sur un casier et le fameux fichier des déliquants sexuels) et d'autres exemples, il y en a pleins, malheureusement : Je demande à voir quant à l'utilité et surtout à l'EFFICACITE de ces fichiers supplémentaires.

  • Ande, le 18/10/2009 à 14h18

    Nous sommes tous fichiers depuis notre naissance que se soit les renseignements généreux, la sécurité sociale, notre carte nationale d'identité,aux impôts, la carte d'invalidité.

  • Mekieric, le 18/10/2009 à 13h28

    Il serait tout a fait normal des la naissance d etablir une carte genetique de chacun d entre nous. On eviterait certainement des pertes de temps judiciaire. Il serait un bien egalement pour la medecine!

  • Bougeons, le 18/10/2009 à 13h22

    Tout ceci sent mauvais ! nous sommes archi-fichés et pourquoi ? à quand la couleur de nos yeux, notre religion, ce que l'on prend au petit déj c'est un Dictateur, il fait PASSER CE QU IL VEUT sans s'occuper du peuple car il n'en n'a rien à cirer !! je suis comme Momo35, ma vie ne regarde que moi !!! rien que je fait de réagir ici, ils savent tout de nous

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