© AFP / V. HacheLe conflit ne date pas d'hier. Et une nouvelle fois, c'est à la justice française qu'il revient de jouer les arbitres. L'enjeu est de taille : il s'agit tout simplement de la cathédrale Saint-Nicolas de Nice, édifice du début du XXe siècle classé monument historique. Les protagonistes qui s'en disputent la propriété sont une association cultuelle orthodoxe et... la Fédération de Russie. Le tribunal de grande instance de Nice, saisi du litige lundi, a mis l'affaire en délibéré au 20 janvier 2010.
Construite à partir de 1903 et inaugurée en 1912, la cathédrale, située dans le quartier Tzarévitch de Nice, est considérée comme la plus belle réalisation orthodoxe hors de Russie. Elle a été en partie financée par le dernier tsar Nicolas II. La Russie revendique aujourd'hui la propriété du monument au motif qu'un bail emphytéotique de 99 ans concédé par Nicolas II en 1909 est arrivé à échéance. Mais l'association cultuelle orthodoxe de Nice, qui gère et entretient la cathédrale depuis 1923, n'entend pas se faire déposséder sans résister de ce qu'elle considère comme son bien propre et inaliénable. Et elle brandit plusieurs décisions judiciaires déjà anciennes en sa faveur.
La proposition de la Fédération de Russie
Au-delà d'un conflit purement juridique, une vieille rivalité oppose en fait le patriarcat de Moscou à celui de Constantinople dont dépend l'association cultuelle. Cette dernière affirme que le tsar a acquis le terrain et fait construire l'église sur ses biens propres et qu'il s'agit donc d'une affaire strictement privée sur laquelle la Russie n'a aucun droit.
Dans un souci d'apaisement, l'avocat de la Fédération de Russie, Me Alain Confino, a fait valoir lundi que si la Russie reprenait le contrôle de l'édifice et en retrouvait la pleine propriété, l'association pourrait continuer à s'en occuper, à la condition expresse toutefois de ne plus en faire payer l'accès. La cathédrale accueille en moyenne 150.000 visiteurs par an, à raison de trois euros l'entrée.
"La Fédération revendique des droits qu'elle n'a pas", a objecté Me Antoine Chatin, l'avocat de l'association culturelle. "Elle n'a pas fait la preuve de son droit de propriété. Là, il s'agit d'un bien privé sur lequel elle n'a aucun droit et dont nous, nous sommes possesseurs de bonne foi, inscrits sur les registres d'hypothèque et de cadastre. Aux yeux de l'administration, nous sommes les propriétaires", a-t-il souligné.
D'après agence
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