Jugés pour le détournement d'un navire SNCM en 2005

Par , le 19 novembre 2009 à 06h00 , mis à jour le 18 novembre 2009 à 18h48

Le procès des quatre syndicalistes de la SNCM qui s'étaient emparés d'un navire, en plein conflit social le 27 septembre 2005, pour une traversée rocambolesque entre Marseille et la Corse, s'ouvre ce jeudi.

Pascal Paoli SNCM Bastia GIGN

Un navire de la SNCM détourné à Marseille, poursuivi par les hélicoptères de la police et les télévisions du monde entier dans son odyssée rocambolesque vers la Corse où le GIGN mènera, finalement, une intervention héliportée dans la rade de Bastia pour reprendre le commandement. C'était le 27 septembre 2005, en plein conflit social à la SNCM au sujet de la privatisation de la société.  Les quatre syndicalistes qui s'étaient emparés du commandement du Pascal-Paoli comparaissent jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Marseille.

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Plus d'infos

Alain Mosconi, 42 ans, secrétaire national du Syndicat des travailleurs corses (STC), ses deux frères Jean-Marc et Patrick, ainsi que Félix Dagregorio, sont poursuivis pour usurpation de commandement et séquestration de plusieurs personnes, dont le capitaine du navire. Ils risquent dix ans de prison. Le chef de détournement d'un navire, pour lequel ils avaient dans un premier été mis en examen et pour lequel ils risquaient 30 ans de prison, a été abandonné au cours de l'instruction.
 
Navire détourné pour "le rendre à la Corse"  
 
Selon le récit des quatre hommes aux enquêteurs puis au juge, c'est leur volonté de regagner la Corse, alors que le trafic entre l'île et le continent est paralysé depuis plus d'une semaine - et le restera encore une vingtaine de jours - à l'initiative de la CGT qui proteste contre le projet de privatisation de la SNCM, qui est à l'origine de cette odyssée.
 
Au matin de ce 27 septembre, lors d'une rencontre avec le directeur de l'armement de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), Alain Mosconi, dont le syndicat ne participe pas à la grève, lui a demandé de mettre un navire à disposition des salariés corses pour qu'ils rentrent chez eux, ce qui lui est refusé. M. Mosconi et ses trois compagnons, gagnent alors, avec une trentaine d'autres personnes, la passerelle du cargo mixte Pascal-Paoli pour une réunion syndicale. C'est lors de cette réunion qu'aurait germé l'idée de s'emparer du navire, "pour le rendre à la Corse". Malgré les injonctions de la SNCM, du port, de la préfecture et les protestations du capitaine qui parle d'"acte de mutinerie", le navire fait route vers Bastia. C'est dans la rade de cette ville que le coup de force s'achève au petit matin du 28 septembre par une intervention héliportée du GIGN diffusée sur les télévisions du monde entier.
 
"Jamais nous ne rougirons de ce que nous avons fait"
 
Par souci d'apaisement social, la SNCM a rapidement retiré la plainte qu'elle avait déposée. "Ce n'était en rien un acte de piraterie, rien à voir avec la Somalie, il n'y avait pas de demande de rançon, pas de kalachnikov, nous nous sommes juste réappropriés notre outil de travail", a déclaré au mois de mai à l'AFP Alain Mosconi. Vendredi, lors d'une conférence de presse à laquelle participaient les trois autres prévenus, il a déclaré qu'il ne regrettait pas son geste. "Jamais nous ne rougirons de ce que nous avons fait", a-t-il dit ajoutant : "Nous ne sommes pas  des criminels ni même des délinquants, nous sommes des syndicalistes et nous entendons le rester".

Le secrétaire général du STC, Etienne Santucci, a prévenu: "Nous demandons évidemment la relaxe. Le STC n'acceptera aucune condamnation, leur action était  sociale, symbolique et tout s'est passé dans le calme et la dignité". Fin octobre, à Bastia, environ un millier de personnes avait manifesté en  soutien aux quatre marins.
 

Par Alexandra Guillet le 19 novembre 2009 à 06:00
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3 Commentaires

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  • gegeclermont, le 19/11/2009 à 17h17

    Ils méritent une sanction lourde pour prise d'otage et détournement. Ces gens se croient tout permis . Heureusement, pour les "cochons de payeurs", nous pouvons compter sur la " Corsica Ferries".

  • 566456, le 19/11/2009 à 16h27

    C'est sur.

  • djinn66, le 19/11/2009 à 10h06

    A mon avis ils ne vont pas être punis du tout... c'est normal,ce sont des "patriotes"Corses...lol

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