Pour la première fois, l'acharnement thérapeutique condamné

Par L.D., le 11 novembre 2009 à 17h58 , mis à jour le 11 novembre 2009 à 18h26

Le centre hospitalier d'Orange a été condamné par le tribunal administratif de Nîmes pour avoir réanimé un bébé, né en 2002 en état de mort apparente, aujourd'hui lourdement handicapé.

Image d'archivesImage d'archives © TF1

L'affaire risque de faire date. En juin dernier, le centre hospitalier d'Orange (Vaucluse) a été condamné par le tribunal administratif de Nîmes (Gard) pour avoir réanimé un bébé, né en 2002 en état de mort apparente, suite à une plainte déposée par le père. Aujourd'hui âgé de 7 ans, l'enfant est gravement handicapé, explique le Figaro qui révèle l'affaire. Alors passé inaperçu, le jugement, qui est une première en France, est actuellement suivi d'une expertise qui doit évaluer le montant du préjudice subi par l'enfant et ses parents.

Plus d'infos

Rappel des faits. Quand Michaël (le prénom a été modifié) voit le jour en décembre 2002 à l'hôpital public d'Orange, il est en état de "mort apparente". Les médecins n'ont pas décelé une anomalie du rythme cardiaque fœtal. Le nouveau-né est sans réaction et son cœur bat bien plus lentement que la normale. Pire, son cerveau n'est pas assez alimenté en oxygène. Comme c'est toujours le cas en pareilles circonstances, l'équipe médicale fait tout pour que l'état du nourrisson s'améliore. En vain. Vingt minutes après l'accouchement, le gynécologue annonce aux parents le décès de leur fils. Pourtant, en même temps, les tentatives de réanimation continuent et aboutissent : le cœur de Michaël repart. Hélas, pendant vingt minutes, le cerveau de Michaël n'a pas été alimenté en oxygène. Conséquence : 7 ans plus tard, Michaël est atteint d'un handicap physique et mental très lourd. "Il ne marchera jamais et sa colonne vertébrale et tenue par une coque. Rendez-vous compte : son cerveau a été privé d'oxygène pendant au moins vingt minutes", soutient l'avocat de la famille, interrogé par Le Figaro.

"Obstination déraisonnable"

Dans son jugement, le tribunal a, semble-t-il, condamné le double discours des médecins. En l'occurrence, l'annonce du décès puis du retour à la vie. "Les médecins ont montré une obstination déraisonnable", au regard du code de déontologie médicale, "constitutive d'une faute médicale", indique par ailleurs le tribunal. Ils n'auraient pas pris en compte "les conséquences néfastes hautement prévisibles pour l'enfant" de l'absence d'oxygénation du cerveau avant la naissance et tout au long de la réanimation. En somme, le tribunal a jugé et condamné l'acharnement thérapeutique dont a fait preuve l'équipe médicale.

Cette décision de justice suscite aujourd'hui le débat chez les praticiens. Certains craignent que celle-ci ne fasse jurisprudence. "Sur le plan médical, au-delà de trois minutes de privation d'oxygène, on sait qu'il y aura des conséquences cérébrales irréversibles. Mais on ne connaît l'ampleur de ces conséquences qu'une fois l'enfant réanimé. Or, réanimer, c'est notre métier", commentent deux chefs de service d'hôpitaux parisiens interrogés par Le Figaro. Devant les tribunaux, en effet, on rencontre plus souvent des actions de parents reprochant aux hôpitaux de ne pas avoir tout mis en œuvre pour réanimer un nouveau-né. Ici, c'est l'inverse qui est reproché à l'institution. "Le tribunal nous dit que faire preuve d'humanité eut été de laisser faire la vie, et donc de laisser la mort prendre naturellement ce garçon", argumente en contrepoint l'avocat de la famille en s'appuyant sur un avis du Comité consultatif national d'éthique.

Jurisprudence

L'hôpital d'Orange n'a pas fait appel de la décision du tribunal. Un expert en droit administratif y lit une crainte des assurances de voir ce genre de décision judiciaire se multiplier en cas de confirmation et faire jurisprudence. "Peut-être que les assurances ont décidé de payer sur ce qui demeure un cas d'espèce. Si une cour d'appel puis le Conseil d'État venaient à graver cette décision dans le marbre, les chances pour les victimes présumées d'obtenir d'énormes réparations seraient multipliées."

Par L.D. le 11 novembre 2009 à 17:58
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20 Commentaires

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  • sylaurine1, le 16/11/2009 à 10h35

    Il faut punir ses geste inpardonnables. Les erreurs médicales sont permanentes!! Merde ce n es pas par ce que sais l 'etat qu il ne faut pas punir!! Moi il on fait la meme choses a ma fille qui a souffert pendant 3 ans a cause de leurs conneries aujourd hui elle devrait avoir 4 ans courir jouer parler, je me bas contre l hopital pour que mon proces aboutisse, et croyez moi quand tant que parents je ne lacherai jamais meme si il faut ce battre des années , je lui est promis jusqu a son dernier souffle!!!!! Merde assumer vos erreur un peux !!!!! Courage a ses parents qui on eu victoire de leurs proces mais malgre tout leurs vie est dechirée !! Sarko fait quelque chose ouvre tes yeux !!!

  • stemmal1, le 13/11/2009 à 21h47

    Et s'ils commençait par prendre les bonnes décisions, leurs assureurs ne seraient pas les seuls à être contents !!! Il faut arrêter de plaindre ces bourreaux, ils agissent en connaissance de cause et ne se préocuppe jamais des conséquences de leurs actes. Pour eux, cet enfant est un dossier classé maintenant.

  • stemmal1, le 13/11/2009 à 21h43

    Le problème n'est pas de savoir s'il fallait le réanimer ou pas. Evidemment qu'il fallait tout tenter mais il fallait surtout savoir S'ARRETER ! Ce que les médecins ne savent pas faire car ils sont trop jusqu'au boutistes et voilà le résultat ! un enfant totalement dépendant de ses parents. Voilà à quoi les médecins les ont condamnés, se croyant comme d'habitude intouchables. Y aurait il enfin une justice ?

  • missbangui13, le 12/11/2009 à 21h14

    Met toi à la place des médecins ! d'un coté ils sont condamnés parce qu'ils ont décider d'arrêter la réa, de l'autre ils sont condamnés parce qu'ils ont décidés de continuer ... Fait pas bon d'être médecin aujourd'hui ! Sur qu'il faut comprendre la réaction des familles, quand on apprend une mauvaise nouvelle comme ça, on cherche toujours à remettre la faute sur quelqu'un ... Dur de savoir qui sanctionner, quelles décisions prendre dans c'est cas là ... Faut-il rajouter une paperasse demandant aux parents leur décision d'arrêt ou non de la réa ? Du papier, encore et toujours ...

  • kiwiskiki, le 12/11/2009 à 14h33

    Tu as raison mon fils est dans un centre et c 'est terrible.Surtout quand je discute avec d'autres mamans ce que l'on souhaite est de les voir rejoindre le paradis avant nous .Nous leurs donnons beaucoup d'amour et aprés si nous devions les laisser seuls.....qui va s'en occuper .Je l'aima a la folie une maman

  • kiwiskiki, le 12/11/2009 à 13h49

    Je vous demande d'aller vous occuper de tous ses enfants dans les centres handicapes quand les parents travaille.Et je vous souhaite de souffrir autant que ses enfants et leurs familles

  • gabiolo, le 12/11/2009 à 13h22

    Bonjour, le pb c'est que l'enfant né en état de mort apparente et bien on le laisse pas de la sorte, on commence la réanimation cardio pul rapidement et on perfuse, en massant efficacement un bébé, on peut avoir une saturation en O2 proche des 95 100 % si le massage est efficace le massage est là pour pallier à la pompe cardiaque donc si on intube le bébé et on le masse correctement, pdt 20 minutes le bébé a un apport en O2, ensuite differentes techniques son utiliser pour relancer le coeur, le pb est que l'enfant qui né en arrêt , et bien on ne sait pas vraiment ds quel etat érébral il est, donc on se charge de le réanimer et ensuite on évalue lorsqu'il va mieux, il est evident que après 20 minutes d'arrêt le bébé n'aura pas un APGAR à 10, il sera sédaté, intubé ventilé et envoyé en réa neo-nat, après le temps de massage et de réa c'est aléatoire, on parle de 1/2 heure, moins parfois...

  • afe.carba, le 12/11/2009 à 12h48

    Complètement vrai que la souffrance foetale n'a pas été détectée (erreur 1 ?), complètement vrai que le réanimateur professionnel (comme vous ?) savait qu'il y aurait de fortes séquelles. Ce bébé a manqué d'oxygène avant de naître + 20 minutes après sa naissance, le professionnel savait qu'à partir de 3 minutes il y aurait des séquelles, il savait aussi que plus l'hypoxie serait longue, plus les séquelles seraient lourdes. Complètement vrai aussi qu'un sauveteur-secouriste n'est pas un praticien diplômé en médecine, donc complètement vrai aussi qu'il n'aurait pas été habilité à annoncer la mort d'un bébé pendant qu'un acharnement thérapeutique se poursuivait...

  • champdefoire, le 12/11/2009 à 12h41

    C'est bien fait pour l'hopital.... les médecins font des expériences, et ensuite laissent la société se débrouiller avec les enfants handicapés.... Enfin, une condamnation... Mais, en fait, ce sont les contribuables français qui vont payer les 500.000 euros.... Moi, je pense qu'on devrait obliger les médecins à participer financièrement. Cela les calmerait....

  • sydney_bristow, le 12/11/2009 à 12h38

    J'ai franchement du mal à compatir avec ce père malgré sa situation...N'a-t-il pas sauté de joie en apprenant que son bébé allait vivre? Je ne dis pas qu'ils ont eu raison de s'acharcher 20min de plus, mais tout de même, c'est normal de vouloir faire vivre un bébé. Leur faire un procès c'est dire à son gamin qu'il aurait préféré le voir mort que l'avoir handicapé...Qu'il s'occupe de son fils et lui montre combien il l'aime malgré tout au lieu de chercher à punir les responsables de sa "naissance".

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