Il a créé la surprise en se rendant à la police monégasque, demandant même à être remis aux autorités françaises. Mais depuis, Tony Musulin, le convoyeur de fonds accusé d'avoir volé 11,6 millions d'euros début novembre à Lyon reste muet comme une carpe. Où est le butin restant de 2,5 millions d'euros ? Pourquoi s'est-t-il livré ? De cela, cet homme de 39 ans n'a pipé mot. Au terme de sa garde à vue, il a été mis en examen mercredi à Lyon pour vol et tentative escroquerie, et écroué dans la foulée. "Il a été mis en examen pour un vol, ce qu'il a reconnu, et pour une tentative escroquerie, ce qu'il conteste", a déclaré son avocat, Me Cottet-Bretonnier.
Pour un vol simple, commis sans violence, et, en l'état actuel de l'enquête, sans complice, Toni Musulin risque trois ans de prison (article 311-3 du Code pénal), pour l'autre chef relatif à une fausse déclaration de vol de sa Ferrari en mai dernier, cinq ans d'emprisonnement. "Les deux peines ne sont pas cumulables", indiquait mardi le procureur de la République de Lyon.
Libérable d'ici 9 mois ?
Trois ans pour un vol de fourgon avec plus de 10 millions d'euros à l'intérieur ? "Il s'agit d'un vol simple, sans aucune circonstance aggravante", la loi n'ayant pas prévu d'aggravation des peines pour un vol commis par un convoyeur de fonds, souligne auprès de l'AFP Jean-François Varaldi, vice-procureur de Lyon. Dans cette affaire principale, "étant donné qu'il n'a jamais été condamné auparavant, et qu'il s'est rendu, il risque très fort d'être condamné à 18 mois ferme, et de sortir de prison d'ici 9 mois" avec le jeu des remises de peines, estime quant à lui Me Portejoie, avocat pénaliste à Clermont-Ferrand. "S'il est condamné, une fois qu'il a purgé sa peine, il a payé son dû et il n'a plus aucun compte à rendre à la société", y compris en ce qui concerne l'argent, affirme Me Portejoie. "Mais l'administration fiscale prend habituellement le relais de l'administration judiciaire dans ce genre de cas, et surveillera sûrement de près son train de vie", souligne l'avocat. "Le public a été surpris de la modicité de la peine encourue pour ce vol, et on peut parier que le législateur, à la suite de cette affaire, va se pencher sur cette question", a souligné Me Portejoie, ajoutant "c'est souvent à partir de ce type d'affaire que notre code pénal, qui date du XIX siècle, s'adapte au cas par cas".
Tony Musulin savait-il ce qu'il risquait ? Tout cela faisait-il parti de son plan ? Le mystère demeure. "Son silence nous surprend un peu, il donne l'impression d'être un calculateur et le sort de ses collègues" mis à pied "lui importe peu", a confié mercredi à l'AFP une source proche de l'enquête, ajoutant: "Il considère qu'il est prêt à faire quelque temps en prison et retrouver son magot à la sortie".








