Image d'archives © TF1Trois policiers qui avaient été accusés de violences lors des émeutes de 2005 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), les scènes ayant été filmées par France 2, ont été condamnés lundi à six mois et un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny. Dans le détail, deux policiers ont été condamnés à un an de prison avec sursis, avec inscription au casier judiciaire, et interdiction d'exercer leur fonction pendant un an. Le troisième a été condamné à six mois de prison avec sursis, avec inscription au casier judiciaire.
La France épinglée pour ses violences policières
Amnesty International estime dans un rapport que les enquêtes sur les cas de violences policières semblent "souvent manquer d'indépendance et d'impartialité".
Publié le 27/05/2010
Dans les scènes diffusées sur France 2 le 10 novembre 2005, le jeune Fouad, qui sortait de garde à vue pour des dégradations qui lui étaient reprochées, était frappé à terre par deux policiers, à coups de poing et de pied, à la tête et sur le corps, devant six autres policiers. Ces images avaient suscité une vive polémique. Après leur diffusion, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait suspendu les huit fonctionnaires présents. Cinq avaient été mis en examen. L'un d'entre eux avait été placé brièvement en détention provisoire.
Peine "disproportionnée"
A l'issue de l'instruction, trois agents âgés d'une trentaine d'années avaient été renvoyés devant la justice. Deux pour "violences aggravées" et "faux en écriture" (dans la rédaction du procès verbal), et le troisième uniquement pour "faux en écriture". Les policiers mis en cause ont été soutenus dès le début par le syndicat Alliance qui avait jugé à l'époque "inacceptable" leur sort judiciaire en mettant en avant le "climat de violence extrême", qui caractérisait selon lui les émeutes. Une fois encore lundi Loïc Lecouplier, membre du syndicat de police Alliance, a reproché au tribunal de "ne pas avoir tenu compte avec cette décision lourde du contexte des émeutes". "Les collègues travaillaient depuis plusieurs semaines dans la violence", a-t-il assuré, qualifiant la peine de "disproportionnée" et déplorant les inscriptions au casier judiciaire et l'interdiction pour deux policiers d'exercer leur fonction.
(D'après agence)
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