Barricade en feu érigée devant Fleury-Mérogis par des gardiens de prison en colère (15/12/2009) © TF1/LCI
- Les gardiens de prison en colère, malgré les promesses - 01 min 30 s
Reste à savoir désormais si le mouvement sera suivi par la base. Tôt mardi matin, devant la prison de Fleury-Mérogis, des gardiens venus manifester après leur nuit de travail ont fait face aux CRS et érigé des barricades en feu (photo), vite éteintes par les pompiers. Il faudra attendre plus avant dans la journée pour avoir une idée de l'ampleur réelle de la mobilisation. La grogne des surveillants monte depuis qu'ils ont appris, la semaine dernière, que l'administration pénitentiaire n'avait plus d'argent à son budget 2009 pour payer en décembre la totalité des heures supplémentaires effectuées en octobre ainsi que les primes de nuit, jours fériés et dimanches. Mais ce dossier hautement sensible a beaucoup évolué au cours des dernières heures.
Une provocation
La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a joué les pompiers lundi soir en assurant que l'argent dû avait finalement été débloqué et serait bien versé avant la fin du mois. Elle ne s'était jusqu'alors engagée que sur un paiement en janvier, déclenchant un tollé syndical : "On voit bien qu'ils n'ont pas de difficultés à boucler leurs fins de mois !", avait notamment protesté le secrétaire général de l'Ufap. Mais même l'avancée tardive de la ministre n'a pas suffi à faire reculer la perspective d'une mobilisation des gardiens de prison. Si les syndicats Ufap/Unsa, FO-Pénitentiaire et CGT-Pénitentiaire se sont félicités prudemment de l'annonce de Michèle Alliot-Marie, selon la CGT, les assemblées générales organisées par exemple à Fleury-Mérogis et Fresnes "ont maintenu les blocages à l'unanimité".
Car ce problème des heures supplémentaires est loin d'être le seul, et certains envisagent de saisir l'occasion de cette mobilisation pour dénoncer une nouvelle fois les conditions de travail et la surpopulation carcérale. S'estimant déjà délaissés, les surveillants avaient en outre reçu comme une provocation l'incapacité de l'administration pénitentiaire à payer avant les fêtes l'intégralité de leurs salaires. En mai dernier, les questions d'embauches nouvelles et de meilleures conditions de travail avaient déjà provoqué le blocage des prisons pendant quatre jours.
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