La condamnation est tombée, mais le scénario, lui, reste flou. Le tribunal a suivi les réquisitions de la procureure qui, ne pouvant établir "l'acte volontaire" en l'absence de preuves, et face aux dénégations a dénoncé "la mise en danger d'autrui" et la "privation de soins et d'assistance". Un homme de 31 ans, reconnu coupable d'avoir fait boire un enfant de 18 mois retrouvé avec 1,96 grammes d'alcool par litre de sang, a été condamné mercredi à deux ans de prison dont dix-huit mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Draguignan, dans le Var. La peine a été assortie d'une mise à l'épreuve d'une durée de trois ans. L'homme, qui nie les faits, devra verser à la famille partie civile 4.000 euros tous préjudices confondus.
Les faits remontent à la nuit du 7 au 8 janvier lorsqu'un père de famille de Brignoles, dans le Var, dont l'épouse doit être transportée en urgence dans un hôpital de Toulon, confie à son voisin, Jean-Pierre Saint Germain, la garde de Ziane son petit garçon. Le lendemain, en récupérant l'enfant en milieu d'après-midi, le père constate que celui-ci bave, a les yeux vitreux, titube et dégage une forte odeur d'alcool. Il conduit aussitôt Ziane aux services des urgences de l'hôpital de Brignoles, qui est évacué dans un service pédiatrique à Toulon où deux médecins constatent que l'enfant "sent le pastis". Les analyses révèlent un taux d'alcoolémie d'1,96 grammes par litre de sang ainsi que la présence de barbituriques.
Pour jouer sur son ordinateur ?
L'accusé n'a pas su expliquer l'état de santé de Ziane, proche du comas éthylique. Selon lui, alors qu'il était absorbé à jouer devant son ordinateur, l'enfant aurait bu les restes d'une bouteille de crémant laissée dans la cuisine. Une explication contredite par les résultats des analyses et par le fait que l'enfant se trouvait couché dans un lit parapluie d'où il ne pouvait descendre tout seul.
Pour la partie civile, l'homme est "quelqu'un qui a failli tuer un enfant pour jouer tranquillement sur un ordinateur". Selon lui, il aurait fait absorber à Ziane l'alcool et les tranquillisants pour ne plus être dérangé par les pleurs de l'enfant qui faisaient ses dents. L'avocat du prévenu a plaidé en vain la relaxe au motif que la garde de Ziane n'avait pas été confié à son client, mais à sa compagne du moment.
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