Pas d'avocat = pas de garde à vue ?

Par TF1 News (D'après agence), le 22 janvier 2010 à 07h49 , mis à jour le 22 janvier 2010 à 07h53

Des PV de garde à vue ont été écartés par une cour d'appel au motif que les suspects n'avaient pu voir un avocat avant la 72e heure de leur audition, comme le prévoit la Convention européenne des droits de l'Homme.

Un jeune homme menotté en garde à vue. TF1/LCIImage d'archives © TF1/LCI

La décision judiciaire est une première en France. La cour d'appel de Nancy a refusé de prendre en compte des procès-verbaux de garde à vue dans une affaire de stupéfiants, au motif que les deux suspects n'avaient pu rencontrer leur avocat avant la 72e heure, contrairement aux exigences de la Convention européenne des droits de l'Homme.

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Plus d'infos

Les magistrats de Nancy se fondent sur l'article 6 de la Convention, qui consacre le droit à un procès équitable, ainsi que sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme, à Strasbourg. Ces droits imposent l'accès à un avocat pour une personne placée en détention. "Les restrictions à la possibilité d'avoir immédiatement accès à un avocat, lorsque des raisons impérieuses le justifient, ne doivent pas indûment préjudicier aux droits découlant pour l'accusé de l'article 6 de la Convention", ont écrit les magistrats.

L'offensive des avocats

La Cour européenne des droits de l'Homme a en effet reconnu dans trois arrêts récents - du 27 novembre 2008 et du 13 octobre 2009 contre la Turquie, et du 24 septembre 2009 contre la Russie - que "pour que le droit à un procès équitable (...) demeure suffisamment concret et effectif, il faut, en règle générale, que l'accès à un avocat soit consenti dès le premier interrogatoire". Or, la procédure pénale française prévoit un entretien avec l'avocat dès la première heure de garde à vue mais uniquement hors audition d'une part, et ne permet un entretien avec un avocat qu'à partir de la 72e de garde à vue dans les affaires de stupéfiants d'autre part.

Si cette décision est la première prononcée à un tel niveau de juridiction, des tribunaux situés à un niveau inférieur à celui d'une cour d'appel étaient toutefois déjà allés dans le même sens. D'autres juridictions, notamment à Bobigny, ont ainsi récemment annulé des gardes à vue dans lesquelles le mis en cause n'avait pu avoir accès à un avocat dès le début de la mesure de privation de liberté. Ces décisions s'inscrivent dans la cadre, plus global, de l'offensive lancée par les avocats français, soutenus par certains magistrats, pour obtenir davantage de droits pour la défense en garde à vue, en s'appuyant sur les récents arrêts de la CEDH.

"Cet arrêt est une bombe"

"Cet arrêt de la cour d'appel de Nancy est une bombe du point de vue des conséquences", a estimé Me Marie-Christine Desmet, l'avocat de l'un des prévenus. "Dans tous les dossiers de stupéfiants, désormais, on devra écarter tous les procès-verbaux de garde à vue", a-t-elle expliqué. Le vice-bâtonnier de Paris, Jean-Yves Le Borgne, a appelé pour sa part à une clarification des règles. "Il y a actuellement deux lectures concurrentes de la jurisprudence européenne : celle de la Chancellerie, restrictive, qui dit que la procédure pénale française remplit les règles de présence de l'avocat et une lecture plus exigeante selon laquelle les arrêts européens posent l'obligation d'une défense effective de l'avocat durant toute la garde à vue".

Comment le débat sera-t-il résolu ? "La cour de Cassation sera certainement amenée à trancher. Il faut aussi que la Cour européenne des droits de l'homme nous dise sans tarder ce qu'elle pense", analyse Me Le Borgne, chargé de suivre le débat sur la réforme de la garde à vue au sein du plus grand barreau de France.

Par TF1 News (D'après agence) le 22 janvier 2010 à 07:49
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38 Commentaires

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  • humanoide56, le 24/01/2010 à 06h26

    Heureusement, le "peuple" passe son temps a réflechir comment détourner la loi à son profit sans connaitre le fonctionnement réel des institutions de la République. Un citoyen en toute conscience ne se poserait pas la question, puisqu'il a fait l'effort personnel d'en prendre connaissance

  • humanoide56, le 24/01/2010 à 06h10

    Vous aussi, l'erreur est naturelle n'est-ce pas ?

  • humanoide56, le 24/01/2010 à 06h08

    Merci cass2009 pour vos précisions. Beaucoup estiment que Dreyfuss était coupable, que les arrestations sont toutes justifiées, que la France ne paie pas une somme colossale à l'Europe pour son dysfonctionnement de la maison Justice. Bref ces personnes s'excluent par leurs interprétations, de la citoyenneté qui 'impose le respect des lois de la République et de l'Europe

  • maxi40h95, le 23/01/2010 à 17h56

    Messieurs les delinquants, allez y gayement , la justice française vous protege!! Mettez en vous a coeur joie!!

  • humanoide56, le 23/01/2010 à 04h50

    Toute personne jugé coupable, paye l'addition. le forfait du procès et amende, le fond de garantie verse le préjudice à la victime, le condamné règle ensuite le fond de garantie comme un crédit, Il est clair qu'un SDF ou un insolvable ne peut "honnêtement" rembourser, cela va de soi !

  • humanoide56, le 23/01/2010 à 04h36

    Il s'agit de rétablire l'équilibre entre l'accusation et la défense, car durant la garde à vue vous avez : Victime/ médias, police/média/expert psy, procureur, juge d'instruction (en principe neutre) et le prévenu (l'avocat n'est qu'informatif quelques minutes !). Beaucoup d'abus il va de soi peuvent se dérouler pendant la garde à vue. Donc réequilibrer l'interrogatoire, par la présence d'un avocat permet de sortir d'un archaisme "du présumé coupable" (provenant d'un lynchage médiatique, police/victime) contraire aux valeurs de la République. Des aveux faussés obtenus en garde à vue, le juge juge des faits faussés, et VOUS, vous êtes condamné à une peine FAUSSEE. La justice n'a en fait peu évoluée depuis "Dreyfuss", Outreau à montré les dérives du présumé coupable : le système judiciaire partial

  • humanoide56, le 22/01/2010 à 15h48

    Il suffit que votre conjoint ou conjointe ou tiers alors qu'il s'agit d'un conflit banal, dépose une plainte fictive en réponse à une vexation et que cette plainte se transforme, en spolliation, viol, coups et blessures auto-données, sequestration etc pour que votre vie devienne un cauchemard irreversible. La présence d'un avocat dès la garde à vue est indispensable car nuls en ce cas sont préparés à cet êtat de choc de l'incompréhensible. Songez que demain c'est vous !!!!!!!!

  • 94000gege, le 22/01/2010 à 15h35

    Ha les droits de l'homme. Voila une idée respectable. Mais au fait et s'il n'y avait pas les droits de l'homme? Alors se serait la prison pour tous les délinquants, les voleurs, les violeurs les assassins et peut-être qu'on ne relacherait pas aussi vite toutes ces personnes qui font très mal à notre beau pays qui est je le rappele LA FRANCE;

  • belialgoth, le 22/01/2010 à 15h33

    Non. Une démocratie se mesure avant tout à la sécurité qu'y trouvent les citoyens. Ceux qui ne respectent pas les règles passent APRES leurs victimes.

  • alain-paris, le 22/01/2010 à 14h48

    A l'époque où l'on peut pister quelqu'un par sa carte, bancaire, son portable, la video surveillance, les écoutes téléphoniques, l'ADN, la garde à vue est-elle encore une nécessité ? la supprimer économiseraient tant d'heures supp de policiers et de polémiques qu'il faudrait peut être y penser

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