Concorde : six prévenus dans le box

Par , le 01 février 2010 à 16h06 , mis à jour le 01 février 2010 à 17h44

Dossier : Concorde : du crash au procès

La compagnie Continental Airlines ainsi que cinq personnes devront répondre de leur éventuelle responsabilité dans le crash du supersonique le 25 juillet 2000 à Gonesse, qui a fait 113 morts.

concorde avion © TF1/LCI

Une personne morale et cinq personnes physiques comparaissent à partir de ce mardi devant le tribunal correctionnel de Pontoise dans l'affaire du crash de Concorde le 25 juillet 2000, qui a fait 113 morts. Tous sont accusés d'homicide involontaire, passible d'une peine maximale de 375.000 euros d'amende pour les sociétés, et de cinq ans de prison et 75.000  euros d'amende pour les particuliers.

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Plus d'infos

  
Continental Airlines : un DC10 de cette compagnie aérienne, qui avait décollé quelques minutes avant le Concorde, a perdu une bande d'usure en titane sur laquelle a roulé le supersonique. Cette lamelle a, selon les enquêteurs, fait éclater un pneu du Concorde, déclenchant une réaction en chaîne (projection de morceaux de pneus, perforation d'un réservoir, fuites et inflammation de kérosène) qui a mené à la perte de l'appareil. Des experts ont noté des défaillances dans l'entretien des DC10 de la compagnie, qui aurait connu "une fréquence inhabituelle de perte de bandes d'usure". Celle-ci nie toute responsabilité dans l'accident et maintient que l'avion était en feu avant d'avoir roulé sur la lamelle.
  
John Taylor, 41 ans : ce chaudronnier, employé de Continental Airlines, est poursuivi pour avoir confectionné et posé la lamelle en titane "en violation des normes en vigueur". On lui reproche d'avoir utilisé pour la fabriquer du titane, matériau plus dur que de l'aluminium ou de l'acier inoxydable, et de l'avoir ensuite mal fixée.
  
Stanley Ford, 70 ans : chef d'équipe chez Continental Airlines, est poursuivi pour avoir validé la réparation effectuée par John Taylor sans contrôler son travail.
  
Henri Perrier, 80 ans : directeur des essais en vol depuis 1976, puis dirigeant du programme Concorde de 1978 à 1994 chez le constructeur Aérospatiale, est considéré comme responsable du suivi de navigabilité de l'avion. Il est poursuivi pour avoir sous-estimé les incidents ayant émaillé la carrière de l'appareil, dont plusieurs éclatements de pneus dès 1979. Il lui est notamment reproché de ne pas avoir cherché à renforcer la protection des réservoirs.
  
Jacques Herubel, 74 ans : ingénieur en chef du Concorde chez Aérospatiale de 1993 à 1995, il rendait compte à Henri Perrier. Il a eu à gérer deux éclatements de pneus du Concorde à Londres en 1993, suivis de perforations de réservoirs. On lui reproche également de ne pas avoir cherché à protéger les réservoirs.
  
Claude Frantzen, 72 ans : il a occupé plusieurs postes de responsabilité à la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), autorité en charge de la sécurité de l'aviation civile, de 1970 à 1994. On lui reproche d'avoir lui aussi sous-estimé la gravité des incidents ayant affecté Concorde, et de n'avoir pas imposé au constructeur de renforcer la protection des réservoirs.

Par Alexandra Guillet le 01 février 2010 à 16:06
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1 Commentaires

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  • louischom, le 04/02/2010 à 12h29

    Tous ces gens ont certainement une part de responsabilité mais dans quelle mesure un "punition" réparerait elle les dégâts moraux occasionnés par cet accident dont l'ampleur découle d'un enchainement de faits sans rapports directs prévisibles entre eux.

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