Récidive: le Sénat adopte mais réécrit le volet castration chimique

Par d'après agence, le 18 février 2010 à 19h41 , mis à jour le 18 février 2010 à 19h48

Tout en votant le projet de loi sur la récidive, les sénateurs ont considérablement remanié jeudi le volet sur le traitement antihormonal des délinquants sexuels. Le texte doit maintenant passer en commission mixte paritaire.

Le Congrès de Versailles Image d'archive © Abacapress

Le Sénat a adopté jeudi à son tour, après l'Assemblée nationale, le projet de loi sur la récidive qu'il a considérablement modifié notamment en matière de traitement antihormonal ou "castration chimique" des criminels sexuels. Le projet de loi visant "à amoindrir le risque de récidive criminelle" a été voté par 178 voix contre 152. UMP et Union Centriste ont voté pour, PS, PCF et la majorité du RDSE (à majorité PRG) contre. La gauche a toutefois rendu hommage aux rapporteurs de la commission des Lois, Jean-René Lecerf (UMP) et de la commission des Affaires sociales, Nicolas About (UC). Selon Jean-Pierre Michel (PS), ils ont mis fin à deux confusions "entre dangerosité psychiatrique et dangerosité pénale; entre le rôle du juge, du procureur et celui du médecin".

  • "La castration chimique a sauvé ma vie"

    <b> Témoignage - </b> Un homme de 47 ans, condamné plusieurs fois pour pédophilie explique à LCI.fr comment sa vie a changé depuis qu'il suit un traitement anti-androgène.

    Publié le 26/10/2009 "La castration chimique a sauvé ma vie"
  • "Mettre un patient sous castration chimique ne résout rien"

    <b>Interview -</b> Pierre Collart, docteur en psychologie, travaille dans une unité spécialisée dans le traitement des délinquants sexuels à Charleroi en Belgique, pays où la castration chimique est pratiquée.

    Publié le 02/10/2009 "Mettre un patient sous castration chimique ne résout rien"
  • MAM et la question de la castration physique

    Dans Le Figaro Magazine, la ministre de la Justice estime que la question de la castration physique "peut se poser et être débattue".

    Publié le 22/10/2009 MAM et la question de la castration physique
  • Castration chimique : MAM veut renforcer le dispositif

    La garde des Sceaux souhaite que la castration chimique puisse "s'appliquer pendant l'incarcération, mais aussi après".

    Publié le 01/10/2009 Castration chimique : MAM veut renforcer le dispositif
  • La castration chimique des pédophiles légalisée

    Un amendement au Code pénal polonais introduit un traitement médicamenteux obligatoire dans les cas de crimes pédophiles et d'inceste.

    Publié le 25/09/2009 La castration chimique des pédophiles légalisée
  • Besson "ne sera pas le ministre de la castration"

    Le secrétaire d'Etat à l'Economie numérique n'annonce pas d'adaptation de la loi aux nouvelles pratiques de diffusion de contenus sur Internet. Il donne rendez-vous à l'ensemble des acteurs pour des assises, le 29 mai.

    Publié le 16/04/2008 Besson "ne sera pas le ministre de la castration"
  • Récidive : la droite durcit le projet de loi

    Traitement antihormonal obligatoire, éloignement des victimes, surveillance de sûreté accrue : les députés sont allés encore plus loin que ce que souhaitait la garde des Sceaux lors de l'examen du texte mercredi.

    Publié le 19/11/2009 Récidive : la droite durcit le projet de loi
  • Récidive : MAM veut durcir le suivi des délinquants sexuels

    Les députés examinent mardi le projet de loi sur la récidive, ressorti des cartons après le récent meurtre d'une joggeuse et qui vise à sanctionner les délinquants sexuels qui refusent de se soigner.

    Publié le 17/11/2009 Récidive : MAM veut durcir le suivi des délinquants sexuels
  • Le texte sur la récidive durci en commission à l'Assemblée

    La commission des Lois de l'Assemblée a adopté mercredi le projet de loi sur la récidive en y incluant la castration chimique et la création d'un fichier pour faciliter l'évaluation de la dangerosité des personnes.

    Publié le 04/11/2009 Le texte sur la récidive durci en commission à l'Assemblée
Plus d'infos

 
Les deux commissions ont substantiellement remanié un texte que l'Assemblée nationale a voté le 24 novembre 2009 en l'étoffant et le durcissant. Les députés ont rajouté 12 articles (sur 19) dont un volet consacré à la castration chimique. Ce volet prévoyait que les condamnés sous surveillance qui interrompraient un traitement antihormonal puissent retourner en prison et obligeait les médecins à informer la justice ou l'autorité pénitentiaire. Il a soulevé l'indignation des sénateurs. Les traitements inhibiteurs ne sont "en aucun cas" "un traitement ‘miracle'" et en faire "une panacée, voire une obligation légale, c'est laisser entendre à l'opinion publique que la médecine a les moyens d'empêcher les délinquants sexuels de récidiver. Cela est faux et dangereux", a tonné M. About. "Ils ne sont utiles que dans 15% maximum des cas. On ne peut pas les utiliser à long terme, rien ne sert de les imposer en prison" a renchéri M. Lecerf.

Surveillance judiciaire ou surveillance de sûreté
 
Le Sénat a réécrit le dispositif en préservant le secret médical et réservant la prescription aux médecins et non aux magistrats. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, a approuvé les modifications des sénateurs, assurant que "le traitement inhibiteur de libido n'est pas la panacée". Les sénateurs ont rétabli le seuil de peine à partir duquel peut être ordonnée une surveillance de sûreté. Un condamné à 15 ans de prison pourra être soumis à cette surveillance (les députés avaient abaissé cette peine à 10 ans). Contrairement à la surveillance judiciaire, cette surveillance de sûreté peut être renouvelée indéfiniment par période de deux ans.

Les sénateurs ont toutefois permis que sa "main-levée" puisse être étudiée tous les trois mois. Cette surveillance ainsi que la rétention de sûreté (en centre fermé) ont été fustigés par la gauche, tout comme "l'inflation de textes sécuritaires". "Un détenu, après expiration de sa peine, pourrait l'être encore (détenu) au titre d'un crime vrituel qui'il pourrait éventuellement être amené à commettre. Avec cette loi, sombrent notre droit pénal et la procédure pénale dont le principe premier est la présomption d'innocence", a clamé l'ex-garde des Sceaux Robert Badinter (PS). "Il est insupportable d'être sommé, comme législateur, d'élaborer une nouvelle loi après chaque nouveau crime dramatique", s'est écrié Nicole Borvo Cohen-Seat (CRC-SPG). La majorité UMP et centriste a soutenu les modifications des commissions. "Le Sénat est dans son rôle de gardien des libertés", a estimé Marie-Hélène Des Esgaulx. La parole est maintenant à la commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés), le texte étant inscrit en urgence (une lecture par assemblée).

Par d'après agence le 18 février 2010 à 19:41
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • antilopejaune, le 19/02/2010 à 13h26

    Combien sur ces "vieux sénateurs" ont des choses à se reprocher dans ce domaine? Je voudrais bien le savoir

  • diktatur, le 19/02/2010 à 11h25

    Et tous ces vieux sénateurs surpayés qui croulent sous les privilèges... en avons nous encore besoin? discuter pendant des semaines sur un sujet que l'Assemblée Nationale rediscutera ensuite...c'est l'argent public gaspillé! mais qui osera changer quoi que ce soit?

  • agnescartron1, le 19/02/2010 à 08h13

    à qui prend-t-on la liberté quand on viole un enfant? Ils serait temps de changer les choses, si l'on ne veut pas que cette société nous change et nous transforme en quelque chose que nous ne voudrions pas être. Agnès

  • champaloux87, le 19/02/2010 à 01h59

    J'adore le grand écart de la gauche qui vote "contre" le texte , mais rend hommage aux rapporteurs pour leur travail ! cherchez l'erreur et le manque de cohérence ! mon Dieu , mais QUI donc vote PS/PC en 2010 ??

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience