Catherine, 33 ans, a été condamnée jeudi soir par la cour d'assises de Paris à 11 ans de réclusion criminelle pour avoir tué sa petite fille de trois ans, en la privant de soins et d'alimentation. Le drame avait été découvert le 17 décembre 2007 : ce jour-là, cette jeune mère avait appelé les secours pour signaler qu'elle venait de découvrir le corps de sa fille inanimée dans son lit. Les sapeurs-pompiers n'étaient pas parvenus à sauver Marie, âgée de 3 ans et neuf mois. L'autopsie avait permis d'identifier "un syndrome asphyxique dans un tableau de dénutrition sévère évoquant une négligence grave (défaut de soins)".
La mère, qui affirmait régulièrement à ses interlocuteurs que sa fille souffrait d'anorexie-boulimie alors que cette maladie n'avait pas été diagnostiquée, avait expliqué durant l'enquête que sa fille ayant fait une colère, elle l'avait forcée à s'allonger dans son lit. Pour la faire taire, elle en était arrivée à lui plaquer la main sur la bouche durant une vingtaine de secondes. La fillette calmée, elle serait elle-même partie faire une sieste. A son retour, elle aurait trouvé l'enfant inanimée.
Une mère qui aurait toujours rejeté sa fille
Seulement, l'extrême maigreur de Marie - 7,3 kilos pour 83 cm, soit la taille d'un enfant de deux ans - avait attiré l'attention des enquêteurs. Selon Me Laurence Gottscheck-Gouffran, qui représente l'Aide sociale à l'enfance, ainsi qu'un des deux frères de Marie, Catherine "n'a eu de cesse de priver sa fille de soins et d'alimentation". La mère aurait toujours rejeté sa fille, née à l'issue d'un déni de grossesse et placée les 18 premiers mois de sa vie en pouponnière. Si de nombreux acteurs sociaux sont intervenus auprès de Marie, ils n'ont pu faire normalement leur travail en raison d'une mère qui est parvenue "à échapper de manière réfléchie aux contrôles", renchérissaient les enquêteurs.
L'avocat de Catherine, Me Cyrille Bouchaillou, affirmait lui que l'enfant avait été victime de mérycisme, une affection qui consiste en des régurgitations volontaires et une rumination du contenu gastrique ensuite avalé. Il a plaidé l'acquittement. Jeudi soir, la cour d'assises a préféré suivre les réquisitions de l'avocat général.
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