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Par Alexandra Guillet , le 18 mars 2010 à 18h13, mis à jour le 18 mars 2010 à 18:23
Dossier : Affaire Viguier : le second procès
A la veille du réquisitoire à l'encontre de Jacques Viguier, poursuivi pour le meurtre de sa femme en 2000, les membres de sa famille ont livré jeudi leurs convictions devant la cour d'assises du Tarn. "je ne l'ai pas tuée", a déclaré le professeur de droit.
Reprise du procès de Jacques Viguier à Albi après le rebondissement de mardi où la baby-sitter, un témoin clé, a reconnu avoir menti sous l'influence de l'amant de Suzie Viguier, Olivier Durandet. © TF1/LCIAprès les experts, la parole était à la famille de Jacques Viguier, jeudi, devant la cour d'assises d'Albi. "J'ai vécu la moitié de ma vie avec ma mère, et la moitié sans", a raconté Clémence Viguier, 20 ans, l'aînée de la fratrie. "Papa, continue-t-elle, c'est lui qui nous a élevés. Et s'il était aussi horrible qu'on le dépeint, on ne serait pas là tous les trois". "On avait beaucoup de baby-sitter, papa et maman étaient occupés en dehors de la maison. Papa, le cinéma, la chasse. Maman, le tarot, la danse. Je suis assez critique sur mes deux parents, on ne les voyait pas beaucoup", confie l'étudiante-infirmière, qui lisait en cachette les articles de presse quand sa mère a disparu. Avec Emilie Maillé, la compagne de son père pendant sept ans, Clémence Viguier dit avoir appris ce qu'était "une vie de famille, quelque chose d'un peu plus structuré". "C'est elle qui nous a appris à s'asseoir autour de la table pour discuter. Papa est tombé malade et Emilie était là pour compenser", explique-t-elle aux jurés. Elle a regretté que "maman n'ait pas été recherchée" et que son père ne se défende pas mieux. "Il a mis du temps à nous dire qu'il était innocent. On te salit, on te roule dans la boue et toi tu ne dis rien", lui dit-elle. "Il ne pourrait pas l'avoir fait", martèle Guillaume, un des deux frères jumeaux, 17 ans. "Je ne comprends pas, souligne-t-il, qu'on soit ici à le juger avec ce qu'il y a dans le dossier".
Récemment acquitté en appel, le professeur de Droit a annoncé samedi dans une interview au quotidien La Dépêche du Midi qu'il pensait "écrire un livre" sur son expérience, son arrestation, l'enquête et les deux procès en assises.
Publié le 27/03/2010
Acquitté pour la deuxième fois du meurtre de sa femme, au fil d'un procès sans cadavre, sans preuve et sans aveu, Jacques Viguier compte maintenant demander réparation. Le parquet a annoncé qu'il ne se pourvoirait pas en cassation.
Publié le 21/03/2010
Le professeur de droit toulousain a été à nouveau acquitté, samedi, du meurtre de sa femme Suzanne, disparue mystérieusement le 27 février 2000, par la cour d'assises du Tarn.
Publié le 20/03/2010
Les jurés se sont retirés samedi matin pour délibérer au procès du professeur de droit toulousain, accusé de meurtre dans un dossier sans aveu, sans preuve ni cadavre.
Publié le 20/03/2010
L'avocat général a requis vendredi de 15 à 20 ans de prison contre le professeur de droit toulousain jugé en appel par la cour d'assises du Tarn pour le meurtre de son épouse Suzanne. Le verdict est attendu samedi.
Publié le 19/03/2010
Les avocats des soeurs de Suzanne Viguier ont estimé vendredi que son mari l'avait tuée dans un moment de folie avant de cacher le corps. Avis que les avocats des enfants ne partagent pas. Réquisitoire attendu dans l'après-midi.
Publié le 19/03/2010
Auparavant, Hélène Blanch, la soeur cadette, et Carole, la demi-soeur de Suzanne, constituées partie civile, viennent dire leur certitude. "Je suis persuadée que c'est une dispute qui a mal tourné", dit la première. "Jacques c'est la dernière personne que je voudrais voir ici aujourd'hui", dit la seconde en se tournant vers l'accusé. "Moi, je ne veux pas que ce soit Jacques, les petits ont déjà perdu leur mère (...) Je le comprends qu'ils soutiennent leur père. Mais il est temps que justice soit rendue, qu'il aille en prison. Les enfants, ils sont assez grands maintenant". "Je pense qu'il l'a tuée, mais qu'il ne l'a pas fait exprès", dit-elle pour conclure son audition en le regardant dans les yeux.
"Je ne l'ai pas tuée", répond Jacques Viguier, assis dans le box. "C'est la première fois que tu me le dis", lui reproche-t-elle. "Je ne l'ai pas tuée", insiste Jacques Viguier, "je veux que tout le monde sache que je ne l'ai pas tuée". Pour Claude Petit, la mère de Suzanne, sa fille aînée est encore en vie et elle juge "horrible" ce qui est reproché à Jacques Viguier. "Je suis toujours aussi frustrée, toujours à me demander ce qui s'est passé. On me reproche de penser qu'elle est vivante. Je ne veux pas qu'elle soit morte", dit cette institutrice à la retraite. Elle n'avait pas vu sa fille de 1994 jusqu'à la disparition, car Susi ne voulait pas la voir depuis qu'elle lui avait dit qu'elle "n'assumait pas son rôle d'épouse et de mère comme il fallait".
Depuis le début du procès, cette institutrice à la retraite est assise à côté des trois enfants du couple Viguier. Comme eux, elle a vécu le drame de la mort mystérieuse de la mère et l'emprisonnement du père, soupçonné puis remis en liberté. Acquitté lors du premier procès en avril 2009, Jacques Viguier a fait neuf mois de détention provisoire de mai 2000 à février 2001. Le réquisitoire de l'avocat général Marc Gaubert est prévu vendredi, le verdict, samedi.
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