Erika : la condamnation de Total confirmée, les amendes alourdies

Par TF1 News, le 30 mars 2010 à 10h50 , mis à jour le 30 mars 2010 à 21h56

La cour d'appel de Paris a confirmé mardi les condamnations prononcées en première instance contre Total et six co-prévenus dans l'affaire du naufrage de l'Erika en 1999. Elle confirme également la notion de préjudice écologique et l'élargit à d'autres collectivités.

La naufrage de l'Erika en 1999La naufrage de l'Erika en 1999 © TF1/LCI

Total a commis une "faute d'imprudence". La cour d'appel de Paris a confirmé mardi la responsabilité pénale du groupe pétrolier français, affréteur de l'Erika, dont le naufrage en 1999 au large de la Bretagne avait provoqué un désastre écologique. En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Total et la société de classification Rina aux peines d'amende maximales pour "pollution" de 375.000 euros.  Les personnes physiques (MM. Savarese et Pollara), s'étaient également vu infliger la sanction maximale : une amende de 75.000 euros chacun.
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Mardi, la cour d'appel a confirmé ces sanctions, estimant qu'elles étaient justifiées "compte-tenu de l'ampleur de la pollution, de la gravité des fautes commises, des ressources et des charges des condamnés". Aux yeux du président de la Cour, le naufrage de l'Erika est "la conséquence  directe d'une grave corrosion au niveau où l'Erika s'est plié". Or, pour la  cour, "cette corrosion est directement en relation avec l'insuffisance d'entretien de ce navire".

Le préjudice écologique confirmé et élargi 

La cour d'appel de Paris a également confirmé mardi la reconnaissance du "préjudice écologique" subi par des collectivités et associations après le naufrage de l'Erika en 1999, tout en l'élargissant à de nouvelles parties civiles, qui s'étaient vues débouter en première instance. Les juges d'appel ont en effet jugé qu'"il suffisait qu'une pollution touche le territoire des collectivités territoriales pour que celles-ci puissent réclamer, à l'instar des associations de protection de l'environnement, le préjudice direct ou indirect que celle-ci lui avait personnellement causé". Ils ont également estimé "que ce préjudice était personnel à chaque collectivité territoriale, car l'intérêt de la Nation ne se confond pas avec celui de la commune, du département ou de la région, qui peuvent avoir des intérêts contradictoires en matière d'environnement".

La cour a donc "octroyé à chacune des collectivités territoriales touchées par la marée noire qui le demandaient une indemnité pour préjudice écologique dit 'pur'", ainsi qu'aux associations de protection de la nature, parties  civiles au procès. Si le Morbihan avait obtenu gain de cause en première instance, les autres collectivités avaient été déboutées.

Indemnisations alourdies

La cour d'appel de Paris a donc légèrement augmenté les indemnisations accordées aux parties civiles du procès de l'Erika, les portant de 192,5 millions d'euros à 200,6 millions d'euros, selon un décompte fourni par la cour. Elle a en outre alloué aux 80 parties civiles une somme totale de 3,2 millions d'euros pour les frais de procédure.

Pourvoi 

L'agence de classification Rina a annoncé qu'elle allait se pourvoir en cassation, a annoncé son avocat Me Olivier Metzner. Ce dernier envisage également "un recours devant le Conseil  constitutionnel" sur la question de "la supra-nationalité des traités internationaux". Concrètement, Rina a fait valoir durant le procès qu'elle bénéficiait d'une "immunité", dans la mesure où elle relevait de l'Etat de Malte, qui l'avait habilitée à délivrer aux navires des certificats de navigabilité. Dans son arrêt, la cour d'appel de Paris a reconnu mardi cette "immunité de juridiction". Toutefois, les juges ont considéré que "Rina avait  le pouvoir d'y renoncer et son attitude au cours de la procédure manifeste, sans aucune ambiguïté, sa renonciation" à cette immunité. C'est cette renonciation, alléguée par la cour, que conteste Me Metzner.

La marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier, le 12 décembre 1999 au large du Finistère, avait souillé 400 kilomètres de côtes et mazouté 150.000 oiseaux. Durant les sept semaines du procès en appel, qui s'est achevé le 18 novembre dernier, le groupe pétrolier Total et ses coprévenus ont tous clamé leur innocence dans cette catastrophe écologique.

Par TF1 News le 30 mars 2010 à 10:50
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14 Commentaires

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  • nadock1, le 30/03/2010 à 19h48

    Eliot1949 autre analyse .Vous demandez qu'on vous livre du fuel. Le camion crée un accident et une pollution. Etes-vous responsable? deviez vous vérifier l'état du camion? Le tout est de savoir si Total savait ou non que c'était un bateau poubelle puisque ce bateau était certifié apte.

  • nanouthe, le 30/03/2010 à 17h35

    Moi qui habite la côte qui a été touchée par l'erika, je suis très heureuse de cette décision, de plus, total a fait suffisamment de bénéfices, ils peuvent payer. pollueurs=payeurs

  • eliot1949, le 30/03/2010 à 17h17

    Votre analyse est fausse. Ici on parle de transports de matieres dangereuses qui sont régis par les lois maritimes et la réglementation de l' l'IMDG (Internationa Maritime Dangerous Goods Code) qui dépend de l'ONU, pas de tarnsport de personne. De même Total est certifié ISO 9001 qui stipule que la société donneur d'ordre doit verifier la qualité de ses sous traitants. Il s'emblerait que ça n'a pas été le cas. Pour faire une longue histoire courte le tribunal à raison Total est coupable de négligence.

  • philaub, le 30/03/2010 à 16h23

    Oui pas faux, mais à titre d'info ce n'est pas terminé et sur un exemple plus loin à savoir l'maoco cadix (pas sur du nom correct) cela a duré ... 30 ans je crois !!

  • hc46, le 30/03/2010 à 16h16

    Vous avez tout à fait raison

  • yggdrazil88, le 30/03/2010 à 15h34

    Naufrage : 1999 ; confirmation de la condamnation : 2010..................pauvre de nous....

  • grimo57, le 30/03/2010 à 14h13

    Ca dépend, si vous chargez 30 000 tonnes de pétrole dans le taxi, à vous de vous assurer que le taxi saura tenir le cap. Trop facile de se reposer sur "il m'a dit qu'il pouvait le faire".

  • alain-paris, le 30/03/2010 à 13h51

    Sutout quand on a fait 10 milliards de bénéfices. C'est comme nous quand on se prend une prune à 10 euros pour avoir oublié de mettre des pièces dans la boite : Ca fait jamais plaisir de la payer, mais de là à en faire un fromage ...........

  • boubounico, le 30/03/2010 à 13h10

    Ca me semble encore léger comme amende. Aux Etats-Unis pour une telle affaire la société aurait été littéralement saignée par un recours collectif en justice. Total peut s'estimer heureux.

  • baal_, le 30/03/2010 à 13h08

    J'aimerais bien avoir les attendus parce que là c'est n'importe quoi. Ok pour qu'ils interviennent en garantie, mais établir un causalité directe sous prétexte que l'armateur qui est propriétaire du bateau ne l'entretien pas bien, c'est du grand n'importe quoi. Imaginez : vous prenez un taxi, le taxi a un accident parce qu'il est mal entretenu, et vous êtres condamné directement à payer ? Alors que c'est pas votre taxi, c'est pas vous qui conduisez, c'est pas vous qui l'entretenez, tout ce qu'on vous reproche c'est ... d'avoir pris le taxi et d'avoir assez d'argent pour indemniser les victimes. N'importe quoi ...

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