A l'énoncé de la peine, l'accusé n'a pas manifesté d'émotion particulière. Le cadre de la Poste d'Arras, qui avait tué et décapité son épouse dont il voulait un enfant, a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle, assortie d'une peine de sûreté des deux tiers, par la cour d'assises du Pas-de-Calais, mardi à Saint-Omer.
Elle ne voulait pas d'enfant, son mari la décapite
Après 25 années pendant lesquelles sa femme lui a refusé tout acte sexuel susceptible de lui donner un enfant, Philippe Cousin, pris d'un coup de folie, lui a tranché la tête. Son procès s'est ouvert lundi aux assises de Saint-Omer.
Publié le 08/03/2010
Philippe Cousin, 53 ans aujourd'hui, n'a jamais su expliquer clairement, au cours des deux jours d'audience pourquoi il avait donné la mort puis coupé la tête de Nicole, le 16 avril 2007 à leur domicile d'Arras, avant de prévenir lui-même sa famille et sa belle-famille puis la police. Cette femme de 47 ans avait des rapports sexuels avec son mari - épousé plus de vingt ans plus tôt - mais a toujours refusé, selon lui, toute relation susceptible de lui donner un enfant. L'autopsie de son corps a montré qu'elle était encore vierge lors de sa mort. Elle craignait, selon Philippe Cousin, de transmettre à son enfant la sclérose en plaques dont avait été atteint son père qui s'était suicidé et lui aurait notamment refusé une nouvelle fois un enfant le matin de sa mort.
"Détruire l'autorité"
"Ces deux jours de procès ne nous ont pas permis de répondre" à la question de savoir pourquoi Philippe Cousin a tué sa femme, a regretté lors de son réquisitoire l'avocate générale. Les deux psychologues qui ont témoigné à la barre, mardi, ont toutefois ouvert quelques pistes aux jurés, évoquant un "raptus", soit un "envahissement total de l'être par une émotion qui le submerge". Philippe Cousin aurait "explosé" au bout de dizaines d'années de frustration, après "un ultime accrochage" avec son épouse, selon un psychologue.
Quant à la décapitation, elle a pu avoir une valeur symbolique inconsciente, celle de "détruire l'autorité". Si son épouse a souvent été présentée comme "autoritaire", voire "castratrice", Philippe Cousin n'a pas été ménagé mardi, parfois décrit comme "lymphatique", notamment par son père, un trait de caractère qui avait semble-t-il irrité sa femme. Celle-ci l'aurait menacé de divorce, quelques semaines avant le drame.
L'accusé, souvent très allusif, répondant à côté des questions, n'a en revanche jamais cessé de louer son épouse défunte, rendant très difficile la tâche de son défenseur. Pour l'avocat de Philippe Cousin, son client était en "souffrance". "Dans ce contexte de tension, il va y avoir la prise de conscience que son désir d'enfant ne sera jamais assouvi", a ajouté Me Robiquer. Cette explication a toutefois été mise à mal par le témoignage de la soeur de la victime, selon laquelle cette dernière n'avait jamais évoqué son refus d'avoir des enfants et avait même avancé l'éventualité d'une fécondation in vitro.
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