Chistophe Regnard est président de l'USM © LCIDeux jours après la mort d'un policier de Dammarie-Lès-Lys, pris dans une fusillade provoquée par des membres présumés de l'ETA, Nicolas Sarkozy s'est rendu sur place, jeudi, pour rencontrer sa famille et ses collègues. A cette occasion, il a exprimé le souhait de voir les meurtriers de membres de forces de l'ordre être passibles de la réclusion criminelle à perpétuité "systématique" assortie d'une "peine incompressible de trente ans". La Chancellerie a aussitôt fait savoir qu'elle allait travailler sur la question. Pour Christophe Régnard, responsable de l'Union syndicale des magistrats, cette annonce à trois jours du deuxième tour des Régionales n'est que "pure démagogie politicienne".
Fusillade de Dammarie: 3 etarras mis en examen
Trois activistes présumés de l'organisation indépendantiste basque ETA, soupçonnés d'avoir participé à la fusillade de Dammarie-les-Lys le 16 mars, ont été mis en examen et placés en détention provisoire jeudi.
Publié le 23/07/2010
Policier : métier à risque, "mais de moins en moins meurtrier"
<b>Interview -</b> Alors que la sécurité domine les débats électoraux suite à la mort d'un policier à Dammarie-Lès-Lys, le sociologue Laurent Mucchielli dénonce, chiffres à l'appui, l'idée véhiculée selon laquelle ces métiers sont de plus en plus dangereux et mortels.
Publié le 19/03/2010
Sarkozy réclame 30 ans contre les assassins de policiers
Depuis Dammarie-Lès-Lys où il a rencontré les proches du policier tué mardi au cours d'une fusillade, le chef de l'Etat a une nouvelle accusé l'ETA de cet assassinat et annoncé la présence du chef du gouvernement espagnol aux obsèques mardi prochain.
Publié le 18/03/2010
Policier tué : Sarkozy sur place ce matin, l'émotion à Dammarie
La piste ETA est confirmée dans la fusillade de mardi à Dammarie-les-Lys. Plus de 300 policiers se sont recueillis mercredi soir devant le commissariat. Nicolas Sarkozy rencontrera jeudi la famille du policier tué.
Publié le 17/03/2010
Un policier tué lors d'une fusillade, la piste d'ETA ?
La fusillade s'est déroulée mardi à Dammarie-les-Lys avec des hommes armés qui s'exprimaient en basque. La piste etarra est sérieusement envisagée. Brice Hortefeux s'est rendu sur place.
Publié le 16/03/2010
TF1 News : Que pensez-vous de l'annonce de Nicolas Sarkozy ?
Christophe Régnard, président de l'USM : D'abord les peines automatiques ou systématiques n'existent pas en France et Nicolas Sarkozy le sait très bien. Il y a un principe constitutionnel, tiré de la Déclaration des droits de l'Homme de 1789, qui impose la personnalisation et l'individualisation des peines. Le chef de l'Etat nous avait déjà fait le coup avec les peines automatiques en cas de récidive lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Ces peines se sont transformées en peines plancher avec une dérogation possible pour le juge, parce qu'autrement ce n'était pas constitutionnel. La seule chose que peut faire le chef de l'Etat aujourd'hui, c'est de porter la peine de sûreté à 30 ans pour les assassinats ou meurtres de policiers.
TF1 News : Que prévoit la loi ?
C.R. : Pour l'instant, la peine de sûreté de 30 ans n'existe que pour les meurtriers de mineurs de moins de 15 ans quand ces derniers décèdent après avoir subi des viols ou qu'il existe des actes de tortures et de barbarie. Mais elle n'est ni automatique, ni systématique. Pour les meurtres de policiers ou de gendarmes, la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Même si cette période de sûreté est portée à 30 ans, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, rien ne pourra empêcher un jury populaire de ne pas prononcer la réclusion à perpétuité et de prononcer une peine de 25 ans par exemple.
| "C'est une politique purement démagogique, qui ne marche pas, même si elle se vend bien à l'opinion publique" |
TF1 News : Porter la peine à 30 ans serait-il dissuasif, comme le laisse penser le chef de l'Etat ?
C.R. : Cette mesure n'aura aucune efficacité réelle. Quand un terroriste décide de tirer mortellement sur un policier, comme cela a été le cas à Dammarie-Lès-Lys, est-ce que vous pensez vraiment qu'il se pose d'abord la question de savoir quelle peine de prison il encourt ? C'est toujours cette croyance un peu folle de Nicolas Sarkozy en l'effet dissuasif de la peine pour lutter contre la délinquance. On nous vend ce principe depuis 2002, or ça ne marche pas. Aux Etats-Unis, il y a la peine de mort qui non seulement est prononcée et est appliquée, et c'est le pays où il y a la violence la plus grave. En France, depuis 2002, on voit bien que les violences aux personnes n'ont cessé d'augmenter. Encore près de 14% l'année dernière. C'est une politique purement démagogique, qui ne marche pas, même si elle se vend bien à l'opinion publique.
TF1 News : Que faudrait-il faire alors ?
C.R. : Déjà, on n'a pas besoin de nouvelles lois en la matière. Pour lutter contre la délinquance et la récidive, on a surtout besoin de moyens pour la police et pour la justice. Mais quand on dit cela, on a l'impression de prêcher dans le désert. On a déjà eu 12 ou 15 lois sur la récidive et sur la grande criminalité. Et on est encore en train de nous parler d'une énième modification du code pénal à cause d'un fait divers. Cela n'a aucun sens. Un terroriste qui tue un policier, c'est dramatique, mais il n'y a pas de loi qui puisse interdire cela. C'est ça aussi qu'il faudrait dire à l'opinion publique.
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Fusillade de Dammarie: 3 etarras mis en examen
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