© TF1-LCILe sang d'Anne Cazals, présidente du tribunal correctionnel d'Epinal, n'a fait qu'un tour ce vendredi matin, quand elle a dû juger l'affaire de cet homme interpellé mardi à Thaon-les-Vosges dans une station-service parce qu'il conduisait sans permis, une infraction pour laquelle il encourait en théorie un maximum de deux ans de prison. Après la garde à vue, le juge des libertés et de la détention avait suivi les réquisitions du procureur et placé le mis en cause en détention provisoire pendant trois jours. Seulement voilà, cette mesure privative de liberté n'est possible que pour les infractions dont la peine encourue est supérieure à trois ans de prison. Et la juge d'Epinal ne s'est pas privée pour le rappeler et même donner un petit conseil au prévenu, tout en refusant de juger l'affaire sur le fond.
Dénonçant en pleine audience la détention provisoire "scandaleuse" du prévenu pour cette simple conduite sans permis, une mesure illégale donc pour de tels faits, Anne Cazals a lancé : "Vous avez été détenu de manière illégale, ce qui est un scandale : je vous encourage vivement à demander une indemnisation". "Ce placement en détention est abracadabrantesque : on fait de la statistique, on poursuit pour poursuivre", avait pour sa part dénoncé l'avocate de la défense, Me Aurélie Sampietro. "Le parquet fait de la détention le principe et le contrôle judiciaire l'exception : ça devrait être l'inverse", s'était-elle indignée. Constatant la nullité de la procédure du fait de cette anomalie, la juge a donc refusé de se prononcer sur le fond de l'affaire, demandant au parquet de procéder à nouveau à un renvoi devant le tribunal.
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