Marc Machin (à droite), Loïc Sécher (à gauche) © drL'un a été condamné à 18 ans de réclusion pour le meurtre d'une jeune femme, le second purge une peine de 16 ans pour le viol d'une adolescente. Marc Machin et Loïc Sécher clament depuis des années leur innocence. Ce mardi après-midi, ils ont été entendus : la Cour de révision a décidé d'annuler leur condamnation. Mais pour l'un comme pour l'autre, il ne s'agit pas de la fin de la procédure : la Cour a demandé dans chaque cas un nouveau procès, au regard des éléments nouveaux apportés par leurs avocats respectifs.
Marc Machin condamné à trois ans de prison
Il a été condamné à trois ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour trois agressions sexuelles, dont deux contre des mineures, commises en juin 2009, soit huit mois seulement après sa remise en liberté.
Publié le 18/05/2010
Le cas Marc Machin. Interpellé une dizaine de jours après le meurtre de Marie-Agnès Bedot sur le Pont de Neuilly, en décembre 2001, Marc Machin, 19 ans à l'époque, avait avoué les faits en garde à vue, parce que, avait-il expliqué plus tard, il en avait "marre des questions, des auditions et de la pression psychologique". Bien qu'il fût revenu sur ses aveux, il avait été condamné en 2005 à 18 ans de réclusion. Mais en mars 2008, un autre homme, David Sagno, s'est livré à la police en s'accusant du meurtre de la jeune femme, ainsi que de celui de Maria-Judith Araujo, également au Pont de Neuilly, le 22 mai 2002. Depuis, des analyses ont permis de retrouver l'ADN de David Sagno sur les corps des deux victimes, entraînant sa mise en examen pour "assassinat" et "viol". A l'audience du 2 mars, l'avocate générale Hélène Magliano a estimé que les aveux de David Sagno "justifiaient l'annulation" de la condamnation de Marc Machin. Toutefois, selon elle, un nouveau procès devant les assises est nécessaire, afin que soient rediscutées "les zones d'ombres". La Cour de révision a tranché en ce sens : la condamnation de Marc Machin a été annulée, mais un nouveau procès sera organisé devant la cour d'assises de Paris. Marc Machin ne va pas pour autant retrouver la liberté car il a été incarcéré en 2009 pour une série d'agressions sexuelles présumées.
Le cas Loïc Sécher. En novembre 2000, Emilie, 14 ans, avait affirmé que l'ouvrier agricole l'avait violée à plusieurs reprises. La nasse se referme alors sur le quadragénaire. En dépit de ses dénégations, il est condamné, en première instance puis en appel, à 16 ans de réclusion. Mais coup de théâtre, le 7 avril 2008, Emilie, fragile psychologiquement et coutumière des affabulations, envoie au parquet général de Rennes une lettre affirmant que Loïc Sécher est "innocent et qu'elle ne supporte plus de le savoir en prison". Loïc Sécher s'empresse alors de demander la révision de sa condamnation. Tout comme pour Marc Machin, il bénéficie du soutien du ministère public. A l'audience du 30 mars, l'avocat général Gilles Lucazeau a ainsi déclaré qu'il croyait "nécessaire d'aller à la révision", sans renvoi. La Cour de révision a là aussi tranché dans ce sens : condamnation annulée pour Loïc Sécher... et nouveau procès devant la cour d'assises de Paris. Contrairement à Marc Machin, Loïc Sécher retrouvera la liberté, mais elle sera assortie d'un contrôle judiciaire strict.
Depuis le début du XXe siècle, seuls six dossiers criminels ont été au bout de la procédure de révision et se sont soldés par l'acquittement de personnes condamnées à tort.
Retour MYTF1
Marc Machin condamné à trois ans de prison
Chargement en cours...




