Karachi : Libé lie des commissions au financement de la campagne Balladur

Par TF1 News (D'après agence), le 26 avril 2010 à 06h49 , mis à jour le 19 novembre 2010 à 16h26

Dossier : Affaire Karachi : scandale d'Etat ?

Libération affirme lundi que le candidat aurait reçu 10 millions de francs pouvant provenir de commissions versées sur un contrat de vente de sous-marins au Pakistan.

Edouard Balladur (29 octobre 2007)Edouard Balladur (29 octobre 2007) © TF1/LCI

La campagne présidentielle d'Edouard Balladur de 1995 aurait reçu plusieurs millions de francs pouvant provenir de commissions versées sur un contrat de vente de sous-marins au Pakistan auquel s'intéresse un juge antiterroriste enquêtant sur l'attentat de Karachi en 2002, avance Libération lundi. L'enquête sur cet attentat qui fit 14 morts, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN) le 8 mai 2002 à Karachi, a longtemps privilégié la piste Al-Qaïda, mais le juge Marc Trévidic l'a réorientée vers l'hypothèse de représailles pakistanaises après l'arrêt des versements de commissions attachées à ce contrat -signé en 1994 et baptisé Agosta- décidé par Jacques Chirac après son élection en 1995.
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Selon plusieurs rapports et témoignages versés au dossier, ces commissions, à l'époque légales, pourraient avoir donné lieu à des rétro-commissions  illégales mais non prouvées à ce stade. Edouard Balladur a ces derniers mois jugé "parfaitement infondées" les allégations d'un financement occulte, son ancien directeur de campagne, Nicolas Sarkozy, trouvant pour sa part "grotesque" cette "fable". Lundi, Edouard Balladur a de nouveau démenti dans une tribune au Figaro.fr. "Depuis maintenant deux ans, ce drame a fourni à certains un prétexte pour me mettre en cause, au motif, prétendent-ils, qu'à la faveur de la vente de ces sous-marins en 1994, j'aurais autorisé le versement de commissions permettant ultérieurement le financement de ma campagne présidentielle de 1995", écrit-il. Par ailleurs, selon les informations du Point.fr, l'ancien Premier ministre  a demandé à être entendu à une date encore inconnue par la mission parlementaire sur le dossier présidé par le député UMP Yves Fromion.

Selon Libération, le 26 avril 1995, l'Association pour le financement de la campagne d'Edouard Balladur (Aficeb) aurait encaissé dans une agence du Crédit du Nord à Paris 10 millions de francs en espèces (1,5 million d'euros), soit près  de 20% de l'ensemble des recettes mentionnées dans le compte de campagne d'Edouard Balladur. "Sur le bordereau bancaire, il a été mentionné que l'argent provenait de collectes effectuées lors des meetings électoraux", relève le quotidien, s'étonnant que "la moitié de ces 10 millions a été apportée en grosses coupures de 500 francs". Ce versement serait intervenu alors qu'entre janvier et juin 1995, deux intermédiaires du contrat Agosta pour le versement de ces commissions ont perçu 184 millions de francs, affirme Libération qui s'est procuré le contrat Agosta  et l'accord entre DCN et Mercor Finance, société off-shore représentant les deux intermédiaires.
 
Pour un avocat, Sarkozy est "au cœur de la corruption"
 
Or, selon des témoignages d'anciens de la branche internationale de DCN  versés au dossier et que l'AFP a consulté, ces deux hommes -Ziad Takieddine et Abdulrahman El Assir- auraient été imposés en 1994 comme intermédiaires dans le contrat par "le pouvoir politique", en l'occurrence Renaud Donnedieu de Vabres. L'ancien ministre était à l'époque chargé de mission auprès du ministre de la Défense, François Léotard. Tous deux avaient pris parti pour Edouard Balladur face à Jacques Chirac pour la présidentielle.
 
Le parquet de Paris a ouvert début février une enquête préliminaire à la  suite d'une plainte des familles des victimes de l'attentat pour entrave à la justice et pour corruption, notamment contre le club politique présidé par Edouard Balladur. Les familles considèrent qu'elles ont "été trompées par l'Etat français et par plusieurs dirigeants politiques français et pakistanais de premier plan, que leurs proches ont été exposés et tués à la suite d'une sordide affaire de financement politique illicite", avait alors expliqué leur avocat Me Olivier Morice, pour qui Nicolas Sarkozy est "au cœur de la corruption". Les policiers avaient trouvé en 2007 à la DCN une note mentionnant l'aval pour la création d'une société off-shore -baptisée Heine et par laquelle  transitait les commissions du contrat Agosta- du directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon, Nicolas Bazire, et celui du ministre du Budget d'alors, Nicolas Sarkozy.

Le trésorier de la campagne "troublé"

Le trésorier de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, René Galy-Dejean, a affirmé qu'un versement en une fois de 10 millions de francs en espèces en faveur du candidat ne lui disait "rien" tout en avouant son "trouble", lundi dans une réaction à Médiapart, qui publie lundi les documents bancaires concernant ces versements qui, selon Libération, pourraient provenir de commissions versées sur un contrat de vente de sous-marins au Pakistan auquel s'intéresse un juge antiterroriste  enquêtant sur l'attentat contre des salariés de la DCN à Karachi en 2002. "Une telle somme, tout de même, je ne l'aurais pas oubliée", a confié à Médiapart René Galy-Dejean (ex UMP), ancien maire du XVe arrondissement de Paris. "Ce qui me trouble le plus, c'est qu'il s'agisse de grosses coupures, alors que je n'en voyais quasiment jamais passer", a ajouté René Galy-Dejean, indiquant que les collectes lors des meetings représentaient une "source de financement non négligeable". "Mais, c'est l'argent des militants et des sympathisants, donc presque toujours des petites coupures, comme des billets de 10, 20 voire 50 francs, et jamais des billets neufs. Non, vraiment, je ne comprends pas", a-t-il ajouté.

Par TF1 News (D'après agence) le 26 avril 2010 à 06:49
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14 Commentaires

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  • henri_bambelle, le 27/04/2010 à 01h45

    "... avait alors expliqué leur avocat Me Olivier Morice, pour qui Nicolas Sarkozy est "au c?ur de la corruption"." Espérons que cet avocat va apporter la preuve de ce qu'il affirme, sinon ses propos peuvent être considérés comme calomnieux.

  • nicapae, le 26/04/2010 à 16h30

    Apres le 11 septembre 2001 Daniel Pearl avait tenté d enqueter sur le sulfureux service de sécurité pakistanais , ce pays traine plus de casseroles que l irak et l iran reunis mais on nous dit que c est un allié

  • aileaime, le 26/04/2010 à 16h28

    De l'argent pour les retraites , il y en a , pratiquons de la même façon .

  • ticoco53, le 26/04/2010 à 16h23

    C'est une fausse affaire, apparu comme par magie lorsque Balladur décide de se présenter contre Chirac en 1995 !!! Et même si cela était vrai, faudrait être naïve de croire que les campagnes présidentielles soit financé uniquement par les partis ... en 2007 la campagne de Sarkozy à couté 20 millions celle de ségo 18 millions ... cela semble évident que de l'argent vient d'ailleur !!!! Mais cette histoire réapparait à 2 ans d'une présidentielle comme pour salir quelqu'un étrange ... Fin bon les anti-Sarkozyste seront comment s'ocuper avec cette affaire !!!!

  • papinou0_10, le 26/04/2010 à 15h52

    Aïe,aïe,aïe.....incorruptible Sarko,on aurait fait des entourloupes quand on était ministre du budget chez Balladur?

  • humanoide56, le 26/04/2010 à 11h15

    La guerre des gangs : là c'est l'arrière garde Chirac, Juppé, Debré, Pasqua, Borloo contre Balladur Sarko 1 er Léotard une grande partie du gouvernement. Par contre c'est Villepin qui compte les poin(g)ts. Fallait pas embêter Pasqua

  • humanoide56, le 26/04/2010 à 11h02

    Les victimes ???? Ils ne faisaient pas de l'humanitaire à ce que je sache, ni du tourisme

  • mcg35, le 26/04/2010 à 11h00

    Comment peut-on ensuite exiger du citoyen lambda d'être honnête?

  • william95260, le 26/04/2010 à 10h57

    @postagalen Le PS n'a surement rien à voir dans cette affaire, mais ils ont eux aussi leurs mauvaises histoires sur le financement des partis politiques. droite gauche, blanc bonnet et bonnet blanc.

  • translate, le 26/04/2010 à 10h47

    Les Francais doivent descendre completement de leur nuage pour atterrir dans la rue afin de clamer haut et fort cette politique vereuse

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