Longtemps, la direction de France Télécom s'est réfugiée dans le déni, refusant de voir un signal d'alarme et un indice de souffrance au travail dans les suicides de certains de ses salariés. Aujourd'hui, une information judiciaire contre X pour "harcèlement moral" est ouverte, à la suite d'un rapport de l'inspection du travail mettant en cause la politique de gestion du personnel et d'une plainte du syndicat Sud-PTT. Ce rapport, commandé par l'ancien ministre du Travail Xavier Darcos, et transmis en février au parquet de Paris, dénonçait notamment la "mise en danger de la vie d'autrui", non retenue dans le champ de l'information judiciaire, et le "harcèlement moral" dont étaient victimes des salariés du fait des méthodes de management et de gestion du personnel. Dans son rapport, l'inspection avait souligné en particulier le "harcèlement managérial" dont étaient victimes certains, mis sur la touche, incités à changer de métier ou à quitter l'entreprise. Selon les avocats des syndicats, ces méthodes étaient dues au fait qu'une large proportion des 102.000 salariés ont le statut de fonctionnaire et ne pouvaient donc être licenciés. La direction a donc, selon eux, mis au point des techniques pour pousser ces personnes à partir.
France Télécom: bras-de-fer autour d'un suicide emblématique
Le suicide d'un salarié, symptôme de la souffrance au travail à France Télécom pour les syndicats, n'a pas été reconnu comme accident de travail par une commission interne. Mais tout espoir n'est pas perdu pour les représentants syndicaux.
Publié le 10/07/2010
France Télécom : la crise dure encore
Le malaise au sein du groupe, marqué par une vague de suicides de salariés, est loin d'être réglé, selon le rapport du cabinet Technologia. Les syndicats pointent une nouvelle fois la responsabilité de la direction.
Publié le 22/05/2010
France Télécom: information judiciaire pour "harcèlement moral"
Le parquet de Paris a confirmé vendredi l'ouverture d'une information judiciaire pour "harcèlement moral" relative aux suicides de salariés de France Télécom, imputés à la politique de restructuration du groupe.
Publié le 08/04/2010
Suicide à France Télécom: enquête pour "homicide involontaire", une première
Cette décision intervient après un rapport de l'inspection du travail estimant que la mort volontaire d'un salarié en août 2009 était "en lien avec le travail".
Publié le 17/03/2010
Les syndicats de France Télécom font la grimace
Ils ne sont guère enthousiasmés par le plan dévoilé cette semaine par la direction et destiné à lutter contre le malaise social : Sud-PTT le juge peu "audacieux", FO déplore son "retard" et la CFDT reste inquiète pour l'emploi.
Publié le 27/03/2010
Ce rapport qui accable la direction de France Télécom
Derrière les suicides de salariés, c'est toute l'organisation du groupe, et son ancienne direction, qui se retrouvent mis en accusation par un rapport de l'inspection du travail.
Publié le 13/03/2010
France Télécom coupable d'homicide involontaire ?
Selon l'Inspection du travail, le suicide d'un salarié de France Télécom à Besançon en 2009 est "en lien avec le travail" car la direction connaissait "l'existence d'un risque grave".
Publié le 12/03/2010
Nouveau suicide d'un salarié de France Télécom à Lille
Ce salarié, de l'Unité d'assistance technique (UAT) de Lille, s'est suicidé dans la nuit de mercredi à jeudi, à son domicile. L'homme, âgé de 44 ans, était marié et père de trois enfants.
Publié le 11/03/2010
Suicide d'un salarié de France Télécom de Lens
Le salarié de 54 ans rencontrait des "déboires" d'ordre privé, a déclaré un délégué du syndicat Sud, qui a estimé qu'il était "trop tôt" pour savoir si son geste pouvait être lié ou non à ses conditions de travail.
Publié le 22/02/2010
France Télécom : deux nouveaux suicides
Deux salariés se sont donnés la mort cette semaine hors de leurs lieux de travail. "L'entreprise est sous le choc", déclare la direction qui ne privilégie aucune hypothèse pour le moment.
Publié le 12/02/2010
France Télécom, groupe en souffrance
Pourquoi le malaise perdure-t-il à France Télécom, malgré les moyens annoncés, au point que des médecins du travail démissionnent ? Retour sur la genèse d'une crise symptomatique.
Publié le 29/11/2009
Cette polémique grandissante sur les suicides à France Télécom a déjà coûté son poste à l'ancien patron du groupe, Didier Lombard, qui a gardé la présidence non exécutive. Son successeur, Stéphane Richard, a présenté aussitôt un plan de prévention des suicides avec une promesse de dialogue social. Et aujourd'hui, face aux mises en cause du mode de gestion du personnel au sein de l'entreprise, il tente de contre-attaquer. "Il n'y a eu aucun complot à l'intérieur de France Télécom pour faire en sorte que les gens se suicident, ça c'est vraiment de l'amalgame", a déclaré sur Europe 1 le nouveau directeur général. "Je pense que cette interprétation procède de l'amalgame un peu calomnieux (...) de tous ceux qui propagent cette thèse", a-t-il déploré. Dénonçant un "acharnement" de ceux qui veulent "à toute force utiliser, récupérer ces drames individuels pour écrire le procès d'une entreprise", il a estimé que France Télécom "ne se résume pas" qu'aux suicides.
France Télécom "ne se résume pas" aux suicides
Un argument déjà développé par l'avocate du groupe, Me Chemarin : "France Télécom n'a pas de politique de harcèlement qui pourrait générer des suicides", avait-elle assuré peu après l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire. "Dire qu'une politique de réorganisation peut être à l'origine de suicides est un raccourci que fait SUD, mais c'est un peu léger". Le futur DRH du groupe Bruno Mettling avait pour sa part insisté sur "l'ampleur des chantiers engagés" par l'entreprise depuis plusieurs mois pour améliorer la situation.
En 2008 et 2009, 35 salariés de France Télécom se sont suicidés, selon direction et syndicats. L'Observatoire du stress en a comptabilisé 11 de plus depuis janvier. L'Inspection du travail a conclu dans son rapport transmis au parquet au "caractère pathogène de la politique de restructuration et de management" et a relevé que les alertes nombreuses des médecins du travail entre 2006 et 2009 ont été ignorées. Cette politique avait pour objectif de réduire les effectifs de 22.000 personnes, de provoquer un changement de métier pour 10.000 autres employés, d'en recruter 6000, d'augmenter la mobilité, de rajeunir la pyramide des âges. Si la responsabilité pour harcèlement moral de France Télécom comme personne morale devait être retenue, il s'agirait d'une première en France.
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France Télécom: bras-de-fer autour d'un suicide emblématique
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