Le patron de France Télécom contre la théorie du complot

Par TF1 News (D'après agence), le 12 avril 2010 à 09h49 , mis à jour le 12 avril 2010 à 11h20

Stéphane Richard affirme qu'il n'y a eu "aucun complot à l'intérieur" de France Télécom pour provoquer la vague de suicides ayant conduit à l'ouverture, la semaine dernière, d'une information judiciaire contre X pour harcèlement moral.

Longtemps, la direction de France Télécom s'est réfugiée dans le déni, refusant de voir un signal d'alarme et un indice de souffrance au travail dans les suicides de certains de ses salariés. Aujourd'hui, une information judiciaire contre X pour "harcèlement moral" est ouverte, à la suite d'un rapport de l'inspection du travail mettant en cause la politique de gestion du personnel et d'une plainte du syndicat Sud-PTT. Ce rapport, commandé par l'ancien ministre du Travail Xavier Darcos, et transmis en février au parquet de Paris, dénonçait notamment la "mise en danger de la vie d'autrui", non retenue dans le champ de l'information judiciaire, et le "harcèlement moral" dont étaient victimes des salariés du fait des méthodes de management et de gestion du personnel. Dans son rapport, l'inspection avait souligné en particulier le "harcèlement managérial" dont étaient victimes certains, mis sur la touche, incités à changer de métier ou à quitter l'entreprise. Selon les avocats des syndicats, ces méthodes étaient dues au fait qu'une large proportion des 102.000 salariés ont le statut de fonctionnaire et ne pouvaient donc être licenciés. La direction a donc, selon eux, mis au point des techniques pour pousser ces personnes à partir.

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Cette polémique grandissante sur les suicides à France Télécom a déjà coûté son poste à l'ancien patron du groupe, Didier Lombard, qui a gardé la présidence non exécutive. Son successeur, Stéphane Richard, a présenté aussitôt un plan de prévention des suicides avec une promesse de dialogue social. Et aujourd'hui, face aux mises en cause du mode de gestion du personnel au sein de l'entreprise, il tente de contre-attaquer. "Il n'y a eu aucun complot à l'intérieur de France Télécom pour faire en sorte que les gens se suicident, ça c'est vraiment de l'amalgame", a déclaré sur Europe 1 le nouveau directeur général. "Je pense que cette interprétation procède de l'amalgame un peu calomnieux (...) de tous ceux qui propagent cette thèse", a-t-il déploré. Dénonçant un "acharnement" de ceux qui veulent "à toute force utiliser, récupérer ces drames individuels pour écrire le procès d'une entreprise", il a estimé que France Télécom "ne se résume pas" qu'aux suicides.

France Télécom "ne se résume pas" aux suicides

Un argument déjà développé par l'avocate du groupe, Me Chemarin : "France Télécom n'a pas de politique de harcèlement qui pourrait générer des suicides", avait-elle assuré peu après l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire. "Dire qu'une politique de réorganisation peut être à l'origine de suicides est un raccourci que fait SUD, mais c'est un peu léger". Le futur DRH du groupe Bruno Mettling avait pour sa part insisté sur "l'ampleur des chantiers engagés" par l'entreprise depuis plusieurs mois pour améliorer la situation.

En 2008 et 2009, 35 salariés de France Télécom se sont suicidés, selon direction et syndicats. L'Observatoire du stress en a comptabilisé 11 de plus depuis janvier. L'Inspection du travail a conclu dans son rapport transmis au parquet au "caractère pathogène de la politique de restructuration et de management" et a relevé que les alertes nombreuses des médecins du travail entre 2006 et 2009 ont été ignorées. Cette politique avait pour objectif de réduire les effectifs de 22.000 personnes, de provoquer un changement de métier pour 10.000 autres employés, d'en recruter 6000, d'augmenter la mobilité, de rajeunir la pyramide des âges. Si la responsabilité pour harcèlement moral de France Télécom comme personne morale devait être retenue, il s'agirait d'une première en France.

Par TF1 News (D'après agence) le 12 avril 2010 à 09:49
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3 Commentaires

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  • hc46, le 12/04/2010 à 14h22

    Il faut modifier laes regles de la fonction publique pour virer les fonctionnaires inutiles et ne voulant pas changer.S'il y avait des milliers de fonctionnaires rémouleurs on ne les garderait quand même pas???

  • froggyb, le 12/04/2010 à 11h03

    Il est donc grand temps que le statut "privilégié" de fonctionnaire disparaisse. Personne ne devrait etre a l'abri d'un licenciement, dans le public comme le privé. Cela eviterait d'essayer de "faire partir" les salariés de facon détournée (si c'est le cas ici). Vive(ment) la méritocratie!

  • alain-paris, le 12/04/2010 à 10h04

    Si la politique sociale était si bonne que ça, pourquoi avoir engagé toutes ces réformes ?

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