Pasqua devant la Cour de justice de la République

Par , le 19 avril 2010 à 06h00 , mis à jour le 19 avril 2010 à 09h38

Charles Pasqua comparait à partir de ce lundi devant la Cour de justice de la République pour des faits présumés de corruption remontant à l'époque où il était ministre de l'Intérieur, entre 1993 et 1995.

Charles PasquaImage d'archives © TF1/LCI

Ancienne figure emblématique de la droite, Charles Pasqua a de nouveau rendez-vous avec la justice. La Cour de justice de la République, seule compétente pour examiner des crimes et délits reprochés à un membre du gouvernement dans l'exercice de ses fonctions (lire article), va examiner à partir de ce lundi et pendant deux semaines l'éventuelle implication de l'ancien ministre de l'Intérieur dans trois dossiers de malversations financières ayant bénéficié à des proches, voire, selon l'accusation, au ministre lui-même. A 83 ans, il sera l'unique prévenu à ce procès.

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  • Charles Pasqua rejugé par la Cour de justice de la République ?

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  • Procès Pasqua : l'heure du verdict

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  • Prison ferme requise contre Pasqua

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  • Pasqua : "Si vous considérez que je suis un pourri, condamnez-moi"

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    Publié le 28/04/2010 Pasqua : "Si vous considérez que je suis un pourri, condamnez-moi"
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    Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête pour "intimidation" après qu'un témoin au procès Pasqua a dénoncé des pressions à l'issue de sa déposition lundi soir

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  • Le fils de Charles Pasqua clame son innocence

    Cité comme témoin à charge contre son père, Pierre-Philippe Pasqua s'est indigné mardi, devant la cour de justice de la République, des accusations qui les visent tous deux.

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  • Pasqua et la nébuleuse des commissions de la Sofremi

    Troisième dossier au menu ce jeudi de la Cour de justice de la République, qui juge Charles Pasqua : le versement de commissions occultes au préjudice de la Sofremi, société dépendant du ministère de l'Intérieur.

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  • L'affaire Alsthom, le deuxième "dossier Pasqua"

    Après l'affaire du casino d'Annemasse, la Cour de justice de la République aborde celle du pot-de-vin de 5,2 millions de francs versé par GEC-Alsthom en 1994, qui avait abouti sur un compte suisse au nom du fils de Charles Pasqua.

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  • Procès Pasqua : Guéant et de Villiers minimisent

    Dans l'affaire du casino d'Annemasse, l'ancien directeur adjoint du cabinet de Pasqua au ministère de l'Intérieur, a indiqué à la CJR qu'il avait agi sur "instruction" du ministre, soulignant que c'était une procédure normale. Sur le financement du RPF, de Villiers s'est montré très modéré.

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  • Au procès Pasqua, un témoin nommé Claude Guéant

    Le secrétaire général de l'Elysée témoigne ce mardi dans l'affaire du casino d'Annemasse. Il était alors proche collaborateur de Charles Pasqua. Dans quelles conditions l'autorisation d'exploitation du casino a-t-elle été accordée ?

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  • Pasqua : "je suis innocent"

    Le sénateur de 83 ans comparaît depuis lundi devant la Cour de justice de la République dans trois dossiers de malversations présumées remontant à l'époque où il était ministre de l'Intérieur.

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  • Le triple procès pour corruption de Pasqua a débuté

    Charles Pasqua est arrivé vers 14 heures, lundi, à la Cour de justice de la République où il doit être jugé pour des faits présumés de corruption dans trois dossiers datant de l'époque où il était ministre de l'Intérieur.

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  • Prison ferme pour Falcone, Gaydamak, Pasqua et Marchiani

    Jean-Christophe Mitterrand écope pour sa part de 2 ans de prison avec sursis mais d'une amende de 375 000 euros dans l'affaire de vente d'armes à l'Angola.

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  • Pasqua : "On m'a cherché, on va me trouver"

    Dans le JDD, Charles Pasqua, condamné pour trafic d'influence à trois ans de prison, revient sur le rôle joué selon lui par Dominique de Villepin et Jacques Chirac.

    Publié le 31/10/2009 Pasqua : "On m'a cherché, on va me trouver"
  • Pasqua contre-attaque sur le secret-défense

    Condamné, l'ancien ministre de l'Intérieur demande la levée du secret-défense sur les opérations de ventes d'armes à l'étranger effectuées par la France.

    Publié le 27/10/2009 Pasqua contre-attaque sur le secret-défense
  • Pasqua, Marchiani... Tous hors de cause

    Un non-lieu général a été rendu dans l'enquête sur des largesses présumées accordées dans le cadre de la libération des otages français au Liban en 1988.

    Publié le 21/10/2009 Pasqua, Marchiani... Tous hors de cause
  • Peine confirmée en appel pour Charles Pasqua

    En première instance, il avait déjà été condamné à 18 mois avec sursis dans l'affaire du casino d'Annemasse, ce qu'a confirmé la cour d'appel de Paris.

    Publié le 18/09/2009 Peine confirmée en appel pour Charles Pasqua
  • Pasqua en route vers la Cour de justice de la République

    Le procureur général de la Cour de cassation a requis mercredi le renvoi de l'ancien ministre de l'Intérieur devant la CJR dans trois affaires de pots-de-vin.

    Publié le 26/11/2008 Pasqua en route vers la Cour de justice de la République
  • 18 mois avec sursis pour Charles Pasqua

    Il a notamment été reconnu coupable de financement illégal lors de sa campagne des européennes de 1999.

    Publié le 12/03/2008 18 mois avec sursis pour Charles Pasqua
  • Charles Pasqua sort de son mutisme

    L'ancien ministre de l'Intérieur a justifié mardi l'argent perçu en 1999 pour financer sa liste aux élections européennes, parlant d'une "aide".

    Publié le 13/11/2007 Charles Pasqua sort de son mutisme
  • La Cour de Justice de la République juge son 6e ministre

    La Cour de justice de la République, créée pour juger les présomptions de crimes ou délits commis par des ministres dans l'exercice de leurs fonctions, s'est réunie quatre fois en 17 ans.

    Publié le 19/04/2010 La Cour de Justice de la République juge son 6e ministre
  • Quand Charles Pasqua fait son show

    Lors de sa conférence de presse du 12 novembre, Charles Pasqua a fait son show. LCI est @ vous a fouillé les archives du web pour mettre en parallèle la ressemblance entre l'acteur Fernandel et Charles Pasqua.

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  • Angolagate : le déballage de Charles Pasqua

    C'était l'heure de la contre-offensive pour Charles Pasqua après sa condamnation . Au final peu de révélations lors de sa conférence de presse, mais des accusations contre Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

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  • Pasqua : "On découvrira ceux qui ont menti"

    L'ex-ministre de l'Intérieur assure que Juppé, Balladur, Chirac et Mitterrand étaient au courant de ventes d'armes à l'Angola.

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Plus d'infos

 
Trois dossiers examinés en 15 jours
 
Affaire du casino d'Annemasse (Haute-Savoie). Charles Pasqua est accusé d'avoir, en 1994, accordé à des proches l'autorisation d'exploiter cet établissement de jeux, en échange d'un financement politique ultérieur. Cinq ans plus tard, il avait bénéficié pour sa campagne aux élections européennes de 1999, d'une contribution de 7,5 millions de francs (1,143  million d'euros) issue de la vente du casino. Il est renvoyé pour corruption passive. Charles Pasqua a déjà écopé de 18 mois de prison avec sursis dans le volet non ministériel de cette affaire, première peine définitive au casier de l'élu.
 
Affaire Alstom. En 1994, GEC-Alsthom, devenu Alstom, souhaitait déménager le siège de sa branche transport. Le groupe avait besoin du feu vert de la Datar, organisme sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, alors dirigé par Charles Pasqua. Pour débloquer le dossier, la société avait dû verser un pot de vin de quelque 5,2 millions de francs (790.000 euros). Après avoir transité sur plusieurs comptes, dont celui d'Etienne Leandri, les fonds extorqués avaient finalement atterri sur un compte suisse dont l'ayant-droit était Pierre Pasqua. Ce dernier a été définitivement condamné à un an de prison ferme dans cette affaire. La commission d'instruction de la CJR considère que Charles Pasqua a  "sciemment" oeuvré à cette opération mais ne dit pas s'il en a lui-même été bénéficiaire.
 
Affaire Sofremi. Aux yeux de la justice, d'importants détournements de fonds au préjudice de la Sofremi, organisme dépendant du ministère de l'Intérieur et vendant du matériel de police à l'étranger, sont intervenus alors que Charles Pasqua était place Beauvau. Des commissions injustifiées s'élevant à quelque 36 millions de francs (5,4 millions d'euros) ont été versées dans quatre marchés au Koweït, en Colombie, en Argentine et au Brésil. L'argent versé en échange des contrats transitait principalement par l'homme d'affaires Pierre Falcone ou encore Etienne Leandri, décédé en 1995, via des sociétés écrans dans des paradis fiscaux. Une part importante de cet argent a bénéficié à plusieurs proches de Charles Pasqua dont Pierre, son fils unique. Ce dernier, ainsi que Pierre Falcone, ont été condamnés à deux ans de prison dont un ferme, condamnation devenue définitive dix jours avant la comparution de Charles Pasqua devant la CJR du fait du rejet de leur pourvoi en cassation. Pour la commission d'instruction de la CJR, "l'ignorance dans laquelle Charles Pasqua affirme avoir été laissé de (ces) opérations financières semble peu vraisemblable".
 
"On veut faire de Pasqua un mafieux"
 
L'ancien ministre ne semble pas se faire d'illusion sur l'issue du procès devant la CJR : "(...) J'ai le sentiment que tout est réglé d'avance, comme une formalité", a-t-il confié au Point, estimant sa condamnation "inéluctable". Sa défense va soutenir que le sénateur est victime d'un règlement de comptes politique. "Ce que je sais, c'est que mes ennuis judiciaires ont commencé en  2000, quand j'ai laissé entendre que je serais peut-être candidat à la présidentielle de 2002. Dès lors, tout a été fait pour m'abattre (...)", a-t-il ajouté au Point. "On veut faire de Pasqua un mafieux, le juger en fonction d'une légende sulfureuse totalement fausse. Le procès permettra de dire qui il est vraiment", promet l'un de ses avocats Me Léon Lev Forster. "Les enquêteurs ont cherché partout, à aucun moment, ils n'ont pu prouver que Charles Pasqua avait bénéficié de quoi que ce soit. Il n'y a que des déclarations de certains témoins qui se basent sur des 'on dit'", dénonce l'avocat.
  
Au cours des deux semaines de procès, cinquante-sept témoins seront appelés à la barre, dont des figures du monde politique : le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, ancien directeur adjoint du cabinet du ministre, Philippe de Villiers qui s'était allié à Pasqua lors de la création du RPF, Jean-Marc Sauvé, vice président du Conseil d'Etat, sont attendus dès le deuxième jour. Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre Falcone, incarcéré dans l'affaire de l'Angolagate, et le fils de Charles Pasqua témoigneront la deuxième semaine. Les juges rendront leur décision le 30 avril. A 83 ans, Charles Pasqua encourt dix ans de prison, mais reste protégé par son immunité parlementaire et pourra encore engager un recours.

Par Alexandra Guillet le 19 avril 2010 à 06:00
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3 Commentaires

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  • alain-paris, le 19/04/2010 à 13h18

    Sur que s'ils sont sévères, ça finira par 3 mois avec sursis !

  • jeanx1, le 19/04/2010 à 10h33

    Hélas vous avez raison.

  • ieyasu, le 19/04/2010 à 09h31

    La seule phrase marquante et qu'il faudra retenir dans cet article est la dernière...

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