Réforme de la justice : MAM lâche du lest

Par TF1 News (Avec agence), le 20 avril 2010 à 08h00 , mis à jour le 20 avril 2010 à 08h03

Le délai de prescription des principaux délits financiers ne sera pas modifié, assure la ministre de la Justice. C'était l'un des gros points polémiques de la réforme de la procédure pénale, avec la disparition du juge d'instruction.

MAM Michèle Alliot-Marie JusticeImage d'archives © ABACA

La mesure était, avec la disparition annoncée du juge d'instruction, l'un des gros points de tension avec le monde judiciaire : la réforme de la procédure pénale prévoyait de réviser le délai de prescription des principaux délits financiers. Aujourd'hui, Michèle Alliot-Marie fait machine arrière. "Je vais revoir le texte pour proposer de consacrer dans la loi ce qui est aujourd'hui la jurisprudence, c'est-à-dire que la prescription commence à partir de la découverte des faits, et non de leur commission", assure-t-elle dans un entretien accordé au Figaro. Quant au reste de la réforme, il commencera à être appliqué, sans changement, dès la mi-2011, affirme la ministre de la Justice. Y compris, bien entendu, la suppression du juge d'instruction, remplacé par le procureur, sous la tutelle du ministère de la Justice.

  • Des procès menacés faute de pouvoir transporter les détenus

    <b> Interview - </b> Plusieurs procès pourraient être annulés dès la rentrée dans certains tribunaux de l'Est de la France, faute de personnels pénitentiaires pour assurer le transport des détenus de leur cellule au tribunal. Les explications de Christophe Regnard, secrétaire national de l'Union syndicale de la magistrature.

    Publié le 30/08/2011 Des procès menacés faute de pouvoir transporter les détenus
  • Un juge de l'instruction à la place du juge d'instruction ?

    Le secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel propose la création d'un poste de magistrat indépendant qui donnerait une "direction à l'enquête" assurée au quotidien par le parquet.

    Publié le 15/11/2009 Un juge de l'instruction à la place du juge d'instruction ?
  • Un pas de plus vers la fin du juge d'instruction

    Après la remise du pré-rapport proposant la suppression du juge d'instruction, Rachida Dati a reçu la commission Léger pour une "réunion de travail".

    Publié le 09/03/2009 Un pas de plus vers la fin du juge d'instruction
  • Juge d'instruction : chronique d'une mort annoncée ?

    <b> TALK -</b> Pour son premier numéro de PJ, Alexandra Guillet reçoit trois spécialistes pour débattre de l'opportunité de la réforme annoncée par Nicolas Sarkozy.

    Publié le 16/01/2009 Juge d'instruction : chronique d'une mort annoncée ?
  • Eva Joly au secours du juge d'instruction

    La suppression du juge d'instruction nuirait à l'indépendance de la justice et constituerait une régression, estime l'ex-magistrate, aujourd'hui candidate aux élections européennes.

    Publié le 10/01/2009 Eva Joly au secours du juge d'instruction
  • Fin du juge d'instruction : "une dérive dangereuse"

    Dans l'opposition comme dans le monde judiciaire, les réactions ont été vives à l'annonce du chef de l'Etat de supprimer la fonction du juge d'instruction. Florilège.

    Publié le 07/01/2009 Fin du juge d'instruction : "une dérive dangereuse"
  • Nicolas Sarkozy enterre le juge d'instruction

    Le chef de l'Etat a proposé mercredi la suppression du juge d'instruction, actuellement chargé de l'enquête pour les affaires judiciaires les plus graves. Il préconise son remplacement par un "juge de l'instruction" qui ne "dirigera plus les enquêtes".

    Publié le 07/01/2009 Nicolas Sarkozy enterre le juge d'instruction
  • "Avec la fin du juge d'instruction, on veut rayer le 3e pouvoir"

    <b>Interview -</b> Pour l'Union syndicale de la magistrature, la réforme de l'instruction envisagée représente "une atteinte grave aux libertés publiques". Le pouvoir politique veut "se payer le juge d'instruction" pour toutes les affaires qu'il a fait surgir dans les années 80-90.

    Publié le 07/01/2009 "Avec la fin du juge d'instruction, on veut rayer le 3e pouvoir"
  • Vers la suppression des juges d'instruction ?

    Nicolas Sarkozy pourrait en faire l'annonce dès mercredi lors de l'audience de rentrée solennelle de la Cour de cassation, croit savoir Le Monde.

    Publié le 06/01/2009 Vers la suppression des juges d'instruction ?
Plus d'infos

Le projet initial de la réforme de la procédure pénale, fortement contesté par le monde judiciaire, prévoyait que tout délit serait prescrit six ans après la date où l'infraction a été commise. Jusqu'à présent, en matière financière, par exemple pour les abus de biens sociaux, la prescription est de trois ans à partir de la découverte des faits.

"J'ai été convaincue"

Mais pourquoi Michèle Alliot-Marie revient-elle ainsi sur cette question de la prescription ? "J'ai été convaincue par certains arguments", explique la garde des Sceaux. "Ainsi, les associations de victimes, de l'amiante notamment, ont attiré mon attention sur la question des délais de prescription des délits dissimulés. Elles craignaient, avec le nouveau dispositif proposé, de ne plus pouvoir initier des procédures de santé publique. J'ai entendu ces inquiétudes".

La règle actuelle consacre le fait que les délits financiers ne sont découverts le plus souvent que de longues années après leur commission, par exemple à l'occasion d'un changement de majorité dans une municipalité, ou d'un audit de comptes publics ou privés par des spécialistes. Si la règle proposée avait été en vigueur, plusieurs grandes affaires de corruption n'auraient pu être mises au jour en France.

Cette marche arrière sur la réforme de la procédure pénale s'ajoute au fait que la dite réforme, après avoir été annoncée et réaffirmée malgré l'opposition vent debout du monde judiciaire, n'est plus aujourd'hui mentionnée par la majorité comme prioritaire et a fait l'objet d'une concertation boycottée par les syndicats de magistrats. Elle sera malgré tout adoptée dans le calendrier fixé, dit Michèle Alliot-Marie, qui envisage de scinder le projet en deux compte tenu de sa lourdeur - plus de 700 articles. Le texte sera examiné parallèlement à l'Assemblée nationale et au Sénat à la session d'automne, dit la ministre. "La deuxième lecture aura lieu dans la première moitié de 2011. La réforme commencera à être appliquée à la mi-2011", poursuit-elle. Et face à la fronde, notamment, des juges d'instruction, la ministre continue à argumenter : "C'est un texte fait pour les Français, pas pour les spécialistes".

Par TF1 News (Avec agence) le 20 avril 2010 à 08:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

6 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • anne342, le 22/04/2010 à 08h28

    Tout français doit être traité à égalité par la justice. Il est trop facile de trouver des circonstances, comment dit-on ? atténuantes. La justice doit faire son travail et tout son travail, là encore il n'y a que le pauvre français moyen qui est bien maltraité (exemple si vous faites un tout petit excès de vitesse : vous y avez droit). Pourquoi la justice a-t-elle peur devant les grands de ce monde, les délinquants, les étrangers dans le mauvais sens du termer ??? ... Madame le Ministre vous devez être intransigeante car notre France va mal ... Il est temps de réagir et tant pis si ça fait mal à ceux qu'il faut protéger car nous avons peur de leurs réactions. Vous savez, il va finir par ne pas être souhaitable d'être honnête ...

  • humanoide56, le 20/04/2010 à 23h18

    Bah c'est une brave dame qui s'inquiète pour son mari directeur de campagne de Chirac, mais bon il y a prescription maintenant.

  • roubene, le 20/04/2010 à 20h03

    La mesure contestée concernait le changement dans la règle du délai de prescription du délit financier. 6 ans après la date des faits, et non plus 3 ans à partir de la date de la connaissance du délit. La conséquence aurait été simple, les fiats auraient été couverts, et donc c'était la porte ouverte à la délinquance en col blanc...

  • baal_, le 20/04/2010 à 13h52

    Limiter les dépenses, les non sens et les complications inutiles, et assurer au mieux les droits de chaun sont d'excellentes raisons.

  • jgh67, le 20/04/2010 à 10h17

    La principale question reste, tout de même, de savoir si cette énième réforme de la justice permettra de faire baisser sensiblement la délinquence ou, du moins, de lutter plus efficacement contre elle. Si la réponse n'est pas franchement affirmative, il n'y a aucune raison de l'appliquer ....

  • humanoide56, le 20/04/2010 à 10h07

    Je suis pour un no-limite en ce qui concerne les élus quelqu'ils soient, ainsi que les hauts fonctionnaires. Ainsi que la classification du commerce extérieur en "secret défense", principale source de délit. Les contribuables élisent des politiques pour être représentés et tenté de respecter un programme. Ce n'est certainement pas pour jouer aux supers VRP commissionnés. Il est temps de séparer la politique du monde des entreprises et des échanges commerciaux.

Lire tous les commentaires

      logAudience