Christine Lagarde aux côtés d'une lettre qui lui est attribuée par Mediapart (montage photo) © Mediapart / TF1 /LCIPourquoi Christine Lagarde n'a-t-elle pas autorisé l'audition de fonctionnaires du ministère de l'Economie par la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, dans lequel 11 Français travaillant à la construction de sous-marins au Pakistan ont péri en 2002 ? Ce refus, rendu public par le site d'information Mediapart, alimente les soupçons d'obstruction gouvernementale, alors que la mission, qui a rendu son rapport mercredi, n'écarte pas un lien entre l'attentat et l'arrêt du versement de "commissions", alors légales, à des militaires pakistanais, scénario susceptible d'embarrasser Nicolas Sarkozy.
Karachi : Libé lie des commissions au financement de la campagne Balladur
Libération affirme lundi que le candidat aurait reçu 10 millions de francs pouvant provenir de commissions versées sur un contrat de vente de sous-marins au Pakistan.
Publié le 26/04/2010
Karachi : le lien entre l'attentat et l'arrêt des commissions n'est pas exclu
Le rapport de la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, dans lequel 11 Français ont été tué en 2002, a été adopté mercredi. Le lien entre l'attentat et l'arrêt de commissions sur la vente de sous-marins n'est pas exclu.
Publié le 12/05/2010
Karachi : les rétrocommissions illicites confirmées
L'un des juges chargés de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002 a confirmé l'existence de "rétrocommissions illicites" en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan, a indiqué vendredi un avocat de familles de victimes.
Publié le 18/06/2010
La Défense déclassifie des documents sur l'attentat de Karachi
Hervé Morin a signé lundi la déclassification d'une série de documents réclamée par les juges chargés du dossier de l'attentat de Karachi qui a tué 11 Français en 2002.
Publié le 21/06/2010
Karachi : il n'y aura pas d'enquête de corruption
Le parquet de Paris n'ouvrira pas d'information judiciaire pour corruption ou abus de biens sociaux dans le dossier concernant le paiement de commissions occultes en marge d'une vente de sous-marins français au Pakistan.
Publié le 14/09/2010
"J'accuse Jacques Chirac et Dominique de Villepin"
Ziad Takieddine, présenté par d'anciens responsables de la DCN comme un intermédiaire imposé par le cabinet de François Léotard avant la conclusion de la vente de sous-marins au Pakistan en 1994, contre-attaque dans le Journal du dimanche.
Publié le 30/05/2010
Attentat de Karachi : Balladur entendu par la mission parlementaire
Cette audition, réclamée par l'ancien Premier ministre après la parution d'articles le mettant en cause, a clos mercredi les travaux de la mission d'information de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale sur l'attentat de Karachi.
Publié le 28/04/2010
Karachi : un nouveau témoin conforte le mobile politico-financier
Un ex-policier affirme être intervenu pour empêcher le paiement de commissions au camp Balladur, dans le cadre de l'enquête sur les causes de l'attentat de Karachi qui a tué onze employés français de la DCN en 2002, révèle jeudi Le Point.
Publié le 18/02/2010
Karachi: l'avocat des familles accuse Sarkozy
Me Morice accuse le président d'être "au coeur de la corruption" dans ce dossier. "Diffamation", répond l'Elysée. Cet attentat a fait 14 morts, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales en 2002.
Publié le 17/12/2009
Attentat de Karachi : plainte pour corruption
Six familles de victimes de l'attentat, dans lequel 11 salariés de la DCN sont morts en 2002, ont déposé plainte contre le club politique d'Edouard Balladur, dénonçant un "financement politique illicite" à l'origine de l'attentat.
Publié le 16/12/2009
Le rapporteur de la mission, le député PS Bernard Cazeneuve, a déploré jusqu'à présent une "absence totale de coopération du gouvernement et de l'exécutif" tandis que le président de la mission, le député UMP Yves Fromion, a critiqué les méthodes de son collègue qu'il accuse de privilégier la thèse du scandale politico-financier. Christine Lagarde a par exemple refusé, comme le montre une lettre de la ministre à la mission d'information parlementaire en date du 26 mars et présente dans les annexes non publiques du rapport, que soient entendus des fonctionnaires de son ministère au fait des dessous financiers de la vente des sous-marins au Pakistan.
La piste du règlement de comptes
C'est cette lettre que Mediapart affirme avoir obtenue et rend désormais publique. Si Christine Lagarde y reconnaît que cette audition pourrait "éclairer" la commission qui est en droit de la demander, la ministre avance qu'elle pourrait "empiéter" sur l'instruction judiciaire, violant ainsi le principe de séparation des pouvoirs. De plus, le contrat de vente des sous-marins étant classifié, "aucun élément relatif à ce contrat ne saurait être divulgué à des personnes non habilitées, sous peine de commettre le délit de compromission", écrit la ministre de l'Economie.
Selon les deux journalistes de Mediapart, qui publient la semaine prochaine un livre sur les attentats de Karachi, ces arguments "sont pour le moins déconcertants". En effet, d'anciens hauts responsables du ministère de la Défense ayant eu à connaître le contrat ont été entendus par la mission et par le juge en charge de l'enquête, Marc Trévidic.
Des refus systématiques aux demandes de documents
La mission, et notamment son rapporteur, estime en tout cas avoir assez d'éléments pour envisager la piste du règlement de comptes aussi sérieusement que la piste islamiste. Dans ce scénario, les militaires pakistanais, mécontents de ne pas recevoir d'argent ou insatisfaits du partage, auraient commandité l'attentat en représailles. Si le paiement des commissions a été interrompu lorsque Jacques Chirac est arrivé au pouvoir en 1995, c'est, dit le rapport, parce qu'il soupçonnait qu'une partie de l'argent était revenue en France financer la campagne de son rival de droite Edouard Balladur, Premier ministre de 1993 à 1995. Le chef du gouvernement avait alors pour proche collaborateur Nicolas Sarkozy, ministre du Budget au moment de la signature du contrat.
Le rapport de la mission montre que le gouvernement a refusé la remise de presque tous les documents demandés, notamment le contrat Agosta. Dominique de Villepin, ancien secrétaire général de l'Elysée, et de nombreuses autres personnes, notamment d'ex-collaborateurs de Nicolas Sarkozy, n'ont pu être entendus. Elle n'a pas pu non plus consulter les comptes-rendus des réunions interministérielles tenues à ce sujet, ce qui aurait permis de connaître le rôle précis de Nicolas Sarkozy dans la validation des plans de financement du contrat. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a soumis mercredi, à la demande des juges d'instruction Marc Trévidic et Yves Jannier, la déclassification du contrat Agosta.
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