Nouveau rebondissement dans l'enquête sur les disparus de l'Isère. Entre 1983 et 1996, 10 enfants avaient disparu sans qu'on puisse résoudre les affaires. Mais aujourd'hui on vient de découvrir que 12 corps non identifiés à l'époque ont été détruits. © TF1/LCIAprès la polémique sur l'enquête des "disparus de l'Isère", la ministre de la Justice répond en lançant une enquête administrative interne. "Michèle Alliot-Marie a ordonné une inspection des services judiciaires, pour que toute la vérité soit faite sur le traitement de ces affaires", a fait savoir Guillaume Didier, porte-parole du ministère. Lequel a rappelé : "Il est fait état de destruction de corps humains, de disparition de dossier. Ce sont des faits qui, s'ils sont avérés, sont susceptibles de révéler de graves dysfonctionnements".
"Disparus de l'Isère": les dossiers retrouvés, l'enquête repart
Les dossiers égarés des neuf disparitions ou meurtres d'enfants irrésolus en Isère entre 1983 et 1996 ont été retrouvés, a annoncé lundi la Chancellerie, permettant de relancher les investigations.
Publié le 21/06/2010
Disparus de l'Isère : le scandale ?
Nouveau rebondissement dans l'enquête sur les disparus de l'Isère. Entre 1983 et 1996, 10 enfants avaient disparu sans qu'on puisse résoudre les affaires. Mais aujourd'hui on vient de découvrir que 12 corps non identifiés à l'époque ont été détruits.
Publié le 29/05/2010
Ces accusations avaient été lancées cette semaine par le Nouvel Observateur. Faisant un rapprochement avec l'un des neuf enfants disparus en Isère entre 1983 et 1996, il affirmait que le dossier d'instruction concernant un corps d'enfant retrouvé dans une grotte à Engins avait été perdu, et que le cadavre, ainsi que onze autres non identifiés, avaient été détruits en 1998. Ce rebondissement dans le dossier était survenu alors même que l'enquête sur ces meurtres ou disparitions irrésolus s'achevait.
En mai 2008, le parquet général avait été à l'origine du regroupement de ces dossiers, dont les investigations avaient été confiées à la cellule "Mineurs 38", composée au départ de 12 enquêteurs puis réduite à cinq depuis fin 2009. Ce regroupement de procédures éparpillées, dont cinq étaient prescrites et quatre en cours d'instruction et dont l'enquête se poursuit, était inédit pour la gendarmerie. Quelques similitudes entre les dossiers, "la recherche de la vérité" ainsi que "l'espoir d'utiliser les progrès de la criminologie" avaient motivé ce rapprochement, selon la procureure générale de Grenoble. Celle-ci avait convié les proches des victimes le 24 juin au palais de justice pour une réunion consacrée au "bilan des travaux réalisés par la gendarmerie".
"Les familles ont le droit de savoir"
Les investigations de la cellule "Mineurs 38" ont permis d'écarter l'hypothèse d'un tueur en série pour "l'ensemble" des meurtres ou disparitions de cinq filles et de quatre garçons, alors âgés de 5 à 16 ans, selon une source proche de l'enquête. Mais l'absence, la perte ou la destruction de scellés ont nui à la résolution de cette affaire. Pièce à conviction centrale sur laquelle les enquêteurs espéraient pouvoir faire des prélèvements d'ADN, des ossements d'enfants découverts dans le Vercors en 1985 et conservés au laboratoire de toxicologie médico-légale, avaient été détruits en 1996 sur ordre du parquet. Sur la liste de scellés à détruire transmise au parquet, ces ossements d'enfant étaient identifiés par la mention "X non identifié 23 mai 1985", sans précisions du lieu ni détails sur l'affaire. "Dans les années 90", l'ancienne direction devait "faire de la place car nos locaux étaient exigus", souligne Hélène Eysseric, la responsable du laboratoire de Grenoble où sont conservés les prélèvements biologiques.
Au parquet général de Grenoble, on confirme qu'en 1998, une liste "d'une centaine de prélèvements biologiques" avait été envoyée au procureur par le service de médecine légale du CHU de la ville pour demander l'autorisation de les détruire. Parmi ceux qui ont été détruits, "une douzaine" concernait des "procédures sous X, dont les victimes n'avaient pas été identifiées". Et parmi cette douzaine de prélèvements, "un seul concernait des fragments d'ossements" d'enfant retrouvés en 1985. "C'est vrai qu'aujourd'hui, on agirait sans doute différemment. Mais à l'époque il n'y avait pas de recherche de l'ADN", dit-on au parquet général. En revanche, réfutant l'article du Nouvel Obs, le parquet général assure que les autres scellés détruits "n'étaient absolument pas des corps" mais seulement des "prélèvements biologiques", comme de l'urine ou des cellules musculaires : "A l'époque, aucun rapprochement n'avait été fait avec les affaires en cours non élucidées".
Mais du côté du ministère, on joue la transparence : "Toutes ces familles ont été durement touchées par la disparition de leurs enfants, elles ont le droit de savoir ce qui s'est exactement passé dans le traitement de ces enquêtes", a fait valoir Guillaume Didier. "Les corps humains ne doivent pas être détruits", a-t-il affirmé. "Il ne s'agit pas de simples scellés. Même à l'état de squelette, après analyse, ils doivent faire l'objet d'une inhumation avec l'autorisation de la justice. Les corps identifiés sont remis aux familles, les corps non identifiés font l'objet d'un enterrement sous X".
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