Le procès pour "violences" et "abandon" des parents du petit Dylan, accusés d'avoir maltraité pendant des années leur fils jusqu'à ses 7 ans parce qu'ils le trouvaient "difficile", s'est ouvert vendredi devant le tribunal correctionnel de Rodez. Les interrogatoires de personnalité ont renvoyé Franck X, le père de Dylan, et Stéphanie, sa mère, à la misère sociale dans laquelle ils ont grandi, dans un milieu familial alcoolique. Franck X, qui a déjà eu cinq enfants de deux autre femmes avant le petit Dylan, ne se plaint pas du tout d'avoir été maltraité lui-même. Le parcours décrit par Stéphanie est celui d'une mal aimée frappée par sa mère et allant de foyer en foyer. Elle a même dû dormir dans des caves et a été "une fois mise à la porte" à 19 ans. La grand-mère maternelle, Marie-françois Vannier, poursuivie pour non-assistance, a du mal à décrire ce qu'est la maltraitance. Elle reconnaît avoir frappé "avec une laisse" sa fille "une enfant agressive, impossible à gérer". Elle déplore que sa fille la traite maintenant de "mégère".
Difficile de faire plus dissemblable en apparence que Franck et Stéphanie, ce couple séparé depuis la révélation des faits : elle, une femme de plus d'1,80 m, très forte, à la petite voix peu assurée; lui, un homme d'1,65 m, moustachu à la voix ferme, arborant un catogan. Tous deux sont jugés, ainsi que la grand-mère et un voisin de celui qui a été présenté comme l'enfant martyr de Millau, pour les mauvais traitements endurés par Dylan, jusqu'à ses 7 ans en 2009, parce qu'il aurait été un enfant agité. Dylan, absent au procès de ses parents, aurait été battu pendant des années par son père dans le pavillon familial de Millau (Aveyron), sans que sa mère ne lève le petit doigt. Il vivait dans une chambre sordide, verrouillée de l'extérieur, et n'avait pour tout meuble qu'un matelas imbibé d'urine. Il était privé de soins médicaux et n'était pas scolarisé.
Le couple comparaît libre après un an de détention préventive pour le père et plus de quatre mois pour la mère. Lui, un maçon de 43 ans, encourt jusqu'à 10 ans de prison. Elle risque jusqu'à cinq ans pour ne pas s'être opposée à ces violences, La grand-mère et le voisin sont jugés pour "non-assistance à personne en danger", des faits passibles de trois ans d'emprisonnement. Le jugement pourrait être rendu tard dans la soirée.









